Le sexisme inconscient des enseignants détournent les filles des filières scientifiques : partie 1

Partie 1 : les mécanismes invisibles
Partie 2 : l’effet  Pygmalion et les dangers des stéréotypes et des préconçus

Dès le primaire, les filles sont plus performantes à l’école. Elles redoublent moins, leur taux de réussite au brevet et au baccalauréat (84,8 pour les garçons et 87,4 pour les filles  en 2009 pour l’ensemble des séries (1) ) est meilleur (2; 3).

Fille sérieuse

Les filles réussissent-elles à cause de leur sérieux ?…

A la fin du collège, les filles s’orientent plus vers l’enseignement général et technologique que vers l’enseignement professionnel. Cependant au sein de l’enseignement général et technologique, elles se détournent  des filières scientifiques et techniques. Après l’obtention du bac, au sein  des classes préparatoires aux grandes écoles, les femmes représentent 75 % des étudiants dans les filières littéraires et 30 % des élèves scientifiques. Au final, seulement 26 % des diplômes d’ingénieurs sont délivrés à des femmes.

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Sexisme dans la littérature enfantine

sexisme dans la littérature enfantine

Pas légèrement stéréotypée la collection P’tite Fille/P’tit Garçon de chez Fleurus ?!!

Bien que dénoncés en France depuis les années 1970 sous l’impulsion des féministes, les stéréotypes sexistes perdurent dans la littérature enfantine. D’après Anne Dafflon Novelle, il y aurait même eu une régression dans ce domaine au cours des dernières décennies (1). Comment se manifeste donc ce sexisme ?

Plus de personnages masculins

Dans la littérature enfantine, les personnages féminins sont sous représentés dans les rôles principaux (2; 3); ainsi très souvent, le titre établit un premier contact avec un seul personnage, qui se trouve être de sexe masculin dans 2/3 des cas selon une étude publiée en 2002 (3) . Lorsque deux personnages sont évoqués, il s’agit de deux filles dans seulement 4% des cas, contre deux garçons dans 30% des cas.

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L’inégalité des sexes à l’école

école

L’école… toujours égalitaire ?

Je suis tombée hier sur une vidéo intéressante sur le site Universcience-vod : L’école : garçon, filles à égalité ?

Il s’agit d’un entretien avec Annette Jarlégan, Maître de Conférences en sciences de l’éducation, Université Nancy 2 et qui a travaillé notamment sur le genre à l’école. Elle explique qu’elle s’intéresse à ce qui à l’école, peut générer des différences, notamment entre les sexes.

Pour ceux qui ont la flemme de regarder la vidéo, ou chez qui elle ne fonctionne pas, voici un résumé de l’entretien :

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Les femmes ne parlent pas plus que les hommes ! (au contraire…)

Probablement l’un des clichés les plus tenaces : les femmes parleraient plus que les hommes. C’est même le sujet du chapitre trois (Les hommes s’enferment dans leur caverne et les femmes bavardent) du livre de John Gray, « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus »…

Cela ne repose cependant sur rien de tangible, d’après les travaux de Campbell Leaper et de Melanie Ayres, publiés en 2007. Ces chercheurs ont effectué une méta-analyse sur 149 études portant  sur  l’utilisation du langage chez les deux sexes. Contrairement au préjugé, les hommes parleraient plus que les femmes. « C’est probablement du sexisme, insiste Campbell Leaper. C’est une façon de diminuer la contribution des femmes. Cela implique que si elles parlent, ce qu’elles disent a peu d’importance. »

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Sexisme hostile et sexisme bienveillant : le sexisme ambivalent

galanterie ou sexisme bienveillant

Le concept du “sexisme ambivalent” (Ambivalent sexism) est une théorie avancée par Glick et Fiske en 1996 (1). Le sexisme ambivalent comprend deux aspects distincts mais reliés : le sexisme hostile (hostile sexism) et le sexisme bienveillant (benevolent sexism).

Le sexisme hostile est le sexisme tel qu’on l’entend traditionnellement : une hostilité envers les femmes, des idées telles que « une femme est incapable de créer », « une femme n’est pas faite pour travailler ».

Le sexisme bienveillant est bien plus subtil : c’est plus l’idée qu’il faut être galant et protecteur envers les pauvres femmes. C’est aussi des idées comme « il faut traiter les femmes comme des princesses », ou «nous les hommes, nous aimons les femmes, on en a besoin ». Cette vision paternaliste est en concordance avec le concept de «complémentarité des genres», où les hommes sont décrits comme possédant des  caractéristiques dont les femmes seraient dépourvues, et vice-versa.

Les deux sortes de sexisme encouragent l’inégalité hommes-femmes et les rôles traditionnels des sexes, en sous-entendant que le sexe féminin est le sexe faible.

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Journée Internationale des Droits de la Femme

Quel meilleur jour que la « Journée internationale des femmes » pour commencer un blog féministe, allez vous me dire. C’est vrai que c’est l’occasion de faire le point sur les inégalités entre les hommes et les femmes.

Certains cependant s’agacent (comme Olympe ou Romy) – à juste titre – de voir cette journée tourner à la « Journée des Femmes » au lieu de la « Journée des droits de la femme », de se transformer en une espèce d’hybride entre la Saint Valentin et et la Fête des Mères… Si je suis d’accord avec eux, je pense que cette journée a quand même son utilité : de nombreux événements sont organisés dans les villes de France et les médias publient des statistiques et des articles sur ces problèmes.

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