Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. Les études interculturelles

Partie 1 : les études interculturelles

Partie 2 : le cas de la culture occidentale

Partie 3 : Alcool, fêtes & viol – les fraternités étudiantes aux États-Unis

Je vais commencer une petite série sur les cultures enclines au viol. Je débuterai par le résumé des études d’anthropologie, notamment celles qu’a menées Peggy Reeves Sanday, et qui l’ont conduit à penser qu’il existait des cultures sans viol et des cultures enclines au viol.

femmes Minangkabau

Femmes Minangkabau

L’anthropologue Peggy Reeves Sanday a étudié plusieurs sociétés préindustrielles afin d’établir leur vision du viol, mais aussi de la sexualité et des rapports entre les hommes et les femmes.

En 1982, elle a ainsi publié une première étude interculturelle où elle comparait 156 sociétés du monde entier1. Elle les a classées en trois catégories :

  • Culture sans viol : le viol est rare, voire absent (47% des sociétés étudiées)
  • Culture où le viol est présent, mais où il manque de données sur sa fréquence (35% des sociétés étudiées).
  • Culture encline au viol (18% des sociétés étudiées): culture où le viol est fréquent ; ou est utilisé comme un acte de cérémonie ; ou bien comme un acte pour punir ou menacer les femmes.

Dans une étude de 19932 portant sur 35 sociétés préindustrielles, Patricia Rozée a trouvé des chiffres bien différents. Elle nota la présence de viols dans toutes les sociétés étudiées et considéra ainsi qu’il n’existait pas de cultures sans viol. Cependant, Sanday ne prétendait pas que dans les cultures sans viols, le viol n’existait pas du tout, mais qu’il était socialement désapprouvé.

Rozée trouva des viols normatifs dans environ 97% de ces cultures (soit 34 cultures sur 35), et des viols non normatifs dans 63% d’entre elles. Ce que Rozée appelle « viols normatifs » sont des rapports sexuels non consentis, mais qui ne sont pas punis, car n’allant pas à l’encontre des normes culturelles établies. Elle classa ces viols normatifs  en six catégories : viol marital, viol d’échange (quand un homme « prête » sa femme à d’autres homme par geste de solidarité ou de conciliation), viol punitif, viol de guerre, viol cérémonial (rituel de défloration, test de virginité…) et enfin viol lié au statut (par exemple : viol d’une esclave par sin maître). Une septième catégories de viols normatifs peut être rajouté : le viol lors d’un rendez-vous amoureux3. A l’inverse, les viols non normatifs s’opposent aux normes sociales et sont donc punis. Ainsi le viol peut prendre de multiples forces, en fonction du contexte sociétal.

Parmi toutes les sociétés étudiées par Rozée, il y en avait donc une qui ne semblait pas offrir de structure sociale permettant de violer les femmes en toute impunité. On peut donc supposer que cette culture est une culture sans viol, selon la définition qu’en donne Sanday. Par ailleurs, les données de Rozée, tout comme celles de Sanday, montrent que la prévalence du viol varie significativement en fonction de l’organisation sociétale.

Reprenant les concepts de Sanday, je vais à présent vous décrire le profil des cultures enclines au viol et des cultures sans viol.

Les cultures enclines au viol

 Une société prônant le viol présente plusieurs caractéristiques :

  • Le viol des femmes est largement autorisé, ou du moins, sa gravité est banalisée1. Des structures sociales permettent de le normaliser4
  • Le groupe des hommes est perçu comme opposé à celui des femmes. L’entrée dans l’âge adulte est marquée par des rituels violents, qui incluent parfois le viol de femmes1.
  • L’épouse d’un homme est perçue comme sa propriété1,4. Ainsi, quand une femme est violée, c’est le mari qui est dédommagé.
  • Domination masculine1,4
  • Séparation des sexes1
  • Violence interpersonnelle1,4
  • Inégalité économique4

Sanday, dans son étude interculturelle de 19821 décrit, de manière assez détaillée le viol et la sexualité dans plusieurs de ces sociétés. Je vous les résume ci-dessous :

Une sexualité violente

gusii

Femmes Gusii

Chez les Gusii, une société du sud du Kenya décrite en 1959, le taux de viol, estimé à partir de dossiers judiciaires, monte à 47,2 pour 100 000 personnes, par an. C’est un taux extrêmement élevé, et qui, de plus, sans doute sous-estimé. Les rapports sexuels hétérosexuels normaux sont décrits chez les Gusii comme un acte pendant lequel l’homme brave la résistance de la femme, et lui fait mal. Quand une jeune épouse ne peut plus marcher le lendemain de la nuit de noce, du fait de la douleur provoquée par l’acte sexuel, son mari est félicité par ses amis et est alors considèré comme « un vrai homme ». Il peut se vanter de ses exploits, notamment s’il a réussi à faire pleurer son épouse. Si l’époux n’a pas réussi à faire mal à sa femme, il est raillé par les femmes plus âgées, qui lui disent qu’il n’est pas viril et qu’il a un petit pénis. Ainsi, chez les Gusii, même un rapport sexuel légitime et consentant est considéré comme un acte agressif et douloureux pour la femme, impliquant un comportement contraignant et humiliant.

Disponibilité des femmes

Dans les îles Marshall (Pacifique), on dit que « chaque femme est comme un passage », c’est-à-dire que l’on considère que les hommes ont le droit d’avoir des rapports sexuels avec n’importe quelle femme.

Le viol comme menace et punition

Dans certaines sociétés enclines au viol, la menace de viol sert à contrôler les femmes. Ainsi, dans les forêts tropicales d’Amérique du

mundurucu

Portrait de deux amérindiens Mundurucu, par le peintre Hercules Florence.

Sud ou dans la Chaîne Centrale en Nouvelle Guinée, il est assez fréquent que la menace de viol soit utilisée comme un moyen de garder les femmes éloignées des maisons des hommes ou de les empêcher de voir les objets sacrés. Dans une société bien connue des anthropologues, les Mundurucu (Brésil), une légende raconte qu’autrefois les femmes dominaient les hommes, et les agressaient sexuellement. Les hommes leur étaient soumis, et effectuaient le travail des femmes, et les femmes ceux des hommes, à l’exception de la chasse. A cette époque, les femmes contrôlaient les maisons des hommes, et les « trompettes sacrées », qui contiennent les esprits des ancêtres. Or ces esprits demandaient régulièrement une offrande rituelle de viande, que les femmes ne pouvaient pas leur fournir, car elles ne chassaient pas. La légende raconte que les hommes ont alors pu voler ces trompettes et ainsi établir la domination masculine. Les Mundurucu gardent ces trompettes dans les maisons des hommes et interdisent aux femmes de les voir, sous peine de subir des viols collectifs. Ces punitions seraient prétendument nécessaires, afin d’empêcher les femmes de reprendre le pouvoir qu’elles avaient par leur passé. Dans cette société, le viol sert aussi à punir les femmes « dévergondées ».

Chez certains Amérindiens chasseurs de bisons, il n’était pas rare que le viol serve à punir une femme adultère. Chez les Cheyenne des grandes plaines, le mari outragé invitait tous les hommes célibataires à violer son épouse.

Le viol en temps de guerre

Une autre forme de viol est le viol en temps de guerre. Les Yanomamo, vivant dans les forêts d’Amérique du Sud ont pour tradition de brutaliser et de violer collectivement les femmes ennemies qui ont été capturées et qu’ils prennent comme épouses. Le manque de femmes, du aux infanticides des bébés de sexe féminin, est  par ailleurs la principale cause de guerre dans cette société.

Les cultures sans viol

Les cultures que Sanday appelle « cultures sans viol » sont des cultures où le viol est rare. Le viol n’y est pas totalement absent, mais il est socialement très désapprouvé et il est puni sévèrement.

iroquois2

La société iroquoise est matrilinéaire

Chez les Touaregs du Sahara, quand une femme dit non à un homme, celui-ci n’insiste pas et ne va pas se montrer jaloux d’un camaradeplus chanceux. Les Pygmées Mbuti de la forêt Ituri, les Jivaro d’Amérique du Sud ou encore les Nkundo Mungo d’Afrique, sont également des cultures où le viol semble quasi-inconnu1. Beaucoup de sociétés matrilinéaires sont des cultures sans viol5. Ainsi, la plus grande société matrilinéaire du monde, celles des Minangkabau d’Indonésie, est une culture sans viol6. C’est aussi le cas des Iroquois5.

Dans ces cultures, les femmes n’ont pas peur du viol quand elles sortent seules. L’anthropologue Maria-Barbara Watson-Franke raconte que, quand elle avoua à une guide Guajiro (Amérique du Sud)  qu’elle avait peur de se promener la nuit dans le désert, cette dernière lui dit qu’elle ressentait la même chose. Mais lorsqu’elle lui narra comment un homme l’avait une fois attaquée en Europe, la femme Guajiro la regarda étonnée : « Tu as peur des gens ? Oh non, il n’y a pas de quoi. Moi je pensai aux serpents ! » 5.

En réalité, les interactions entre hommes et femmes sont très différentes chez les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. Dans les cultures sans viol, les femmes sont traitées avec beaucoup de respect, et les rôles reproducteurs et producteurs des femmes sont prestigieux1. Bien qu’il puisse y avoir une certaine division sexuelle dans les rôles et les privilèges, les deux sexes y sont considérés comme équitablement importants1. Les hommes de ces cultures reconnaissent l’autonomie et l’autorité des femmes5. Chez les Minangkabau, les hommes se comportant de manière trop virils sont peu désirables socialement, et ne sont pas considérées comme des bons partis pour le mariage6.

Fille zuni

Fille zuni

Une grande importance est accordée aux rôles des femmes, notamment dans la continuité sociale1. Cette continuité sociale assurée par les femmes s’exprime, dans les sociétés matrilinéaires, par le fait que la mère nomme son enfant – lui assurant un statut de membre du groupe – et pourvoit à ses besoins5. Ainsi, chez les Minangkabau, la transmission de l’héritage s’effectue du côté maternel : les enfants n’héritent pas des terres et des biens de leur père6. Cette vision est opposée à celle, occidentale, selon laquelle la continuité sociale est assurée par un père autoritaire.  Cette importance de la contribution maternelle n’entraîne cependant pas une essentialisation de la maternité, telle qu’elle existe en Occident5. Dans ces sociétés, les mères jouent un rôle important dans la sociabilisation des enfants des deux sexes, et on ne considère pas, que les hommes devraient rompre le lien privilégié qu’ils entretiennent avec leur mère5. Ainsi, chez la culture Zuni (Nouveau-Mexique et Arizona), atteindre l’âge adulte signifie réorganiser les liens mère-enfant, et non pas les rejeter5. A l’inverse, en Occident, on considère qu’un garçon devient un homme en se séparant de sa mère et en créant des liens avec d’autres hommes. Cela peut passer par l’humiliation et la violence des femmes5.

Un des facteurs qui puissent expliquer que les sociétés matrilinéaires soient souvent des cultures sans viol est le fait que les hommes y jouent deux rôles bien distincts dans la continuité sociale : celui de père et celui d’oncle maternel5. Les pères doivent subvenir aux besoins de leurs enfants, et doivent s’en occuper, mais n’ont aucun contrôle sur eux. Chez les Minangkabau, les pères jouent ainsi un rôle très important dans la vie de leurs enfants ; la relation père-enfant est avant tout émotionnelle6. A l’inverse, ce sont les oncles maternels qui exercent l’autorité sur les enfants. Ainsi, les enfants d’une société matrilinéaire ont fréquemment un père, affectueux, et un oncle, autoritaire. La sexualité masculine et l’autorité sont donc dissociées en deux personnes, le père d’une part, l’oncle d’autre part. L’enfant apprend que l’homme qui est le partenaire sexuel de sa mère ne représente pas l’autorité. Ainsi, l’interaction hétérosexuelle n’est pas associée avec la dominance, comme en Occident5.

Femme mosuo

Chez les Mosuo, la violence interpersonnelle est rare.

La violence interpersonnelle est par très ailleurs faible dans les cultures sans viol1 . Chez les Mosuo de Chine ou chez les habitantsde Bougainville, non seulement le viol est très peu fréquent, mais le meurtre est lui aussi très rare5.

Enfin, chez ces cultures, l’environnement naturel est souvent regardé avec révérence, jamais exploité1.

Les pygmées Mbuti représentent typiquement une culture sans viol1. Ils respectent fortement la forêt, l’appelant « mère », « père », « amoureuse », « amie ». Les relations entre les sexes sont similaires à celles qu’ils entretiennent avec leur environnement : pacifiques. La division du travail est peu marquée, les femmes participant souvent à la chasse. Il n’est pas honteux pour un  homme de ramasser des champignons et des noix, ou de laver un bébé. Les femmes participent autant que les hommes aux prises de décision. Par ailleurs, il n’y a pas chez les pygmées Mbuti de volonté de dominer les autres et l’environnement.

mbuti

Femme Mbuti

Conclusion

De ces études anthropologiques, on peut en déduire que le viol ne ferait pas partie de la « nature masculine », mais serait plutôt une conséquence sociétale. Les hommes ne seraient pas des « prédateurs sexuels » par nature.

Sanday apporte une hypothèse sur les causes qui font qu’une culture évolue vers une tolérance au viol, ou non1. Elle suggère que dans de nombreuses sociétés, les femmes sont associées à la fertilité, et les hommes à la destruction. En temps normal, la fertilité et la destruction sont appréciées pareillement, mais en période de disette, la destruction et la guerre sont perçues comme les valeurs suprêmes. Le rôle social des hommes acquiert alors un peu plus grand prestige, et le viol leur permet de rappeler leur supériorité1.

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Références

1. Sanday PR. The Socio‐Cultural Context of Rape: A Cross‐Cultural Study. Journal of Social Issues. 1981;37(4):5‑27.

2. Rozée P. Forbidden or Forgiven? Psychology of Women Quarterly. 1993;17(4):499–514.

3. Koss MP, Goodman L, Fitzgerald L, et al. No Safe Haven: Male Violence Against Women at Home, at Work, and in the Community. American Psychological Association; 1994.

4. McKenzie M, Rozee P. Rape : A Global Perpective. In: Feminism and Women’s Rights Worldwide.; 2009.

5. Watson-Franke M-B. A world in which women move freely without fear of men: An anthropological perspective on rape. Women’s Studies International Forum. 2002;25(6):599‑606.

6. Sanday PR. Rape-free versus rape-prone: How culture makes a difference. In: Evolution, gender, and rape.; 2003.

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53 réflexions sur “Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. Les études interculturelles

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  3. A reblogué ceci sur Femmophobie and commented:
    « Dans ces cultures, les femmes n’ont pas peur du viol quand elles sortent seules. L’anthropologue Maria-Barbara Watson-Franke raconte que, quand elle avoua à une guide Guajiro (Amérique du Sud) qu’elle avait peur de se promener la nuit dans le désert, cette dernière lui dit qu’elle ressentait la même chose. Mais lorsqu’elle lui narra comment un homme l’avait une fois attaquée en Europe, la femme Guajiro la regarda étonnée : " Tu as peur des gens ? Oh non, il n’y a pas de quoi. Moi je pensai aux serpents ! " »

  4. Quand Sanday parles de "cultures sans viol", est-ce que ça inclut aussi les viols d’hommes (par des femmes, ou par des hommes) ? Parce que bon, dans le cardre des cultures matrilinéaires (ou même, si cela existe, d’une domination féminine), en soi, le faible taux de viol des femmes est un résultat à l’intérêt réduit.

    Tu parles aussi, à un moment, de "volonté de dominer"…les dominants ont-ils vraiment, en soi, une "volonté" de dominer, ou trouvent-ils ça normal ? Je trouve cette variable étrange…

    • Non, Sanday s’est centrée sur le viol des femmes.

      le faible taux de viol des femmes est un résultat à l’intérêt réduit.

      Pardon ???!! O__o

      Les dominants ont-ils la volonté de dominer ? Vu comme la majorité s’accroche à leurs privilèges, je dirais que oui.

      • Doh, formulation très maladroite. Par "résultat" je n’entends pas le fait, j’entends bien l’observation de corrélation.
        Et par réduit, je n’entends pas faible : j’entends moindre. Moindre de ce que pourrait être un résultat qui prenne en compte une définition du viol moins centrée sur les problèmes de genre de notre société, et questionne sa présence sans différencier les sexes (ou les classes d’âges, car je ne songeais même pas qu’on puisse ne pas compter comme un viol "de femme" le viol d’une gamine pré-pubère). Tout ce que je voulais savoir, c’est si l’auteure attestait de culture "sans viol", ou "sans viol à l’occidentale"
        Maintenant, tu as le droit de me tapper dessus si ce que je dis est offensant.

        Pour ce qui est de la volonté de "dominer", les dominants ne sont pas le seuls à défendre ce qui est ; et une grande partie des privilèges est inconsciemment exercée. Je crois donc que les choses sont un peu plus compliquées. Mai c’est mon opinion.

        • Au cas ou c’est pas clair, culture matrilinéaire ne veut pas dire culture matriarcale. Il existe même beaucoup de cultures matrilinéaires avec une dominance (même si moindre qu’en occident par exemple) masculine. Sur ce sujet, il y a le receuil d’études coordonné par Nicole Claude Mathieu, une maison sans filles est une maison morte.
          Sur les privilèges exercés de manière soi-disant inconsciente, il y a le bouquin de Léo Thiers Vidal "De l’ennemi principal aux principaux ennemis" qui montre très bien comment au contraire, en occident, les privilèges masculins sont exercés de manière tout à fait consciente, et comment cet argument de l’inconscience des privilèges est une énième excuse des hommes (puisque c’est la domination hommes-femmes qu’il étudie) pour minimiser leurs responsabilités et leur domination effective et se trouver des excuses pour ne rien faire contre (puisque si c’est inconscient, ce n’est pas contrôlable).

          • Merci pour le livre de Vidal. Il a l’air intéressant (j’en ai lu le résumé, dans critiques, analyses et avis), et lire directement des ouvrages de féminisme me fera le plus grand bien (il serait grand temps, en fait).
            Néanmoins, sur le peu qu’il y avait sur le sujet, je sens déjà que nous n’avons sans doute pas les mêmes idées de ce que "conscient" signifie :
            - « il me semble qu’une réelle considération du féminisme matérialiste implique, pour les hommes, non pas de critiquer les analyses féministes radicales, mais en premier lieu d’essayer de les comprendre réellement, sans biais androcentrique, et d’effectuer un travail théorique spécifique -suggéré par Nicole-Claude Mathieu -, celui du dévoilement et de l’analyse des moyens de l’oppression masculine. »
            - Dans le cadre de la typologie des dominants : « Dans ce modèle, les hommes ont adopté une éthique – un système de valeurs – explicitement masculiniste, et ont l’intime conviction que leurs pratiques sont moralement justes, autrement dit que l’usage masculiniste des femmes n’est pas moralement répréhensible ».
            Cette dernière peinture d’hommes "conscients" est tout à fait incompatible avec ce que les végétariens appellent parfois la "prise de conscience", et qui est pour moi associée à l’implication subite et inattendue d’actions quotidiennes normales, banales, inintéressantes comme la pluie, dans un système éthique, et dans un travail de réflexion. Comme les milles riens de la domination masculine, que je n’aurais jamais pensés comme "domination" tout seul, et encore moins comme domination "de classe", ou tout simplement, structurée par une variable.

            Pour le fait que matrilinéaire n’équivaut pas à domination féminine, je reconnais qu’une confusion a joué le rôle de trigger ; mais comme j’ai tourné la langue trois fois et demi dans ma bouche, j’ai réfléchi juste assez loin pour ne pas les confondre en postant (c’est pour ça que j’ai parlé d’intérêt, et non d’étonnement, comme j’avais d’abord pensé). Néanmoins, la question du viol masculin me semblait devoir être posée, et pas comme un simple "why u no think of men ?" (tiens, ce serait pas un trollface superutile ?) – en tout cas, j’espère – puisqu’il ne s’agit pas nécessairement des mêmes "hommes" et "femmes" que nous.
            Je crains que ma remarque ait été perçue comme ça.

            Mes commentaires sont trop nombeux, et ils sont de plus en plus longs, et j’y utilise trop la première personne. Je ne spammerai pas davantage.

            • En fait, je ne suis pas sûre que l’utilisation de "conscience" pour ces deux phénomènes soit totalement contradictoire. Pour donner une comparaison, la conscience de Vidal, c’est plutôt toutes les excuses que trouvent les gens pour ne pas devenir végés. Lorsque l’on mange, on est conscient. On a un certain pouvoir de choisir les produits que l’on achète, par exemple. Ce que l’on mange ne tombe pas directement dans le gosier pendant que l’on dort (ou m’aurait-on caché la véritable signification de "qui dort dine"? ). Il existe des actions que nous aussi effectuons avant l’ingestion.
              Quand à la prise de conscience végétarienne ou féministe, c’est juste un autre truc, peut-être l’étape d’après(?).
              Ou alors, autre hypothèse, plus sombre, la prise de conscience à la VGs, c’est le récit "héroïque", et fantasmé, peut-être, tandis que la conscience des privilèges, et le fait de s’y accrocher, c’est juste la réalité ultra-majoritaire.
              Sur Thiers-Vidal, il y a une note de lecture ici assez représentative:
              http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/indispensable/
              Quand à ta réflexion sur le viol masculin, si je crois comprendre ton hypothèse, c’est que avec une dominance des hommes sur les femmes moindre, il y aurait plus de chances que les femmes violent des hommes?

  5. Fréquemment en certaines langues, le mot viol n’existe pas. Cela ne signifie nullement qu’il n’est pas perpétré ; bien au contraire, cela signifie seulement que ce n’est pas vu en tant que tel. Quant à l’absence de viol féminicide que vous avancez en lignage matrilinéaire, aucune étude de terrain ethnographique constatant et vérifiant n’atteste d’absence de viol féminicide- De plus, la matrilinéarité est fondé sur le pouvoir des hommes du groupe de la mère, sans plus.

  6. Ping : sexisme | Pearltrees

  7. Merci pour cet article, l’auteure semble certes idéaliste mais on voudrait bien y croire…
    Et l’anecdote du désert à elle seule fait notre journée !
    A propos de qui viole qui, la remarque ci-dessus me semble de peu d’intérêt par rapport à la suivante : qu’en est-il de la violence sexuelle et des viols envers les enfants ?
    La logique voudrait qu’ils soient réprouvés puisque les uns dans la continuation des "normes" de violence mis en place par les autres. Mais au cas où le livre en parle.

    • Merci Sandrine de ton commentaire.

      Malheureusement je n’ai rien lu de spécifique sur la violence envers les enfants…

      Mais j’imagine, que comme la violence interpersonnelle est rare, la violence envers les enfants l’est aussi.

      Il me semble que Margaret Mead décrivait une société de Nouvelle-Guinée (les Arapesh) où les parents étaient très doux avec leurs enfants, et que c’était une société très égalitaire au niveau des relations femmes-hommes.

  8. Le passage sur les oncles maternels ne me semble pas très convainquant, car de mémoire G Tillion évoque dans son bouquin sur les Aurès une société où l’oncle maternel a ce rôle, et où on ne peut pas vraiment dire qu’il ne s’agisse pas d’une société ultra-machiste.

    Elle fait le lien avec d’autres structures.

    • Là il y a des preuves que : si il n’y a pas viol c’est BIEN certe !.. mais preuve que ELLES sont jamais ou rarement sans hommes, " frére, pére, oncle etc… c’est comme dans les civilisation " du SUD !.. " une femme sans homme ça ne doit pas exister et là je dis raz le bol.! le débat dérappe. où est la part féministe dans ce genre de rapport??

      • De toutes façons l’article mentionne bien qu’il n’y a pas de cultures ( avec hommes présents ) sans viol…simplement que certaines le condamnent, et cela suffit a les considérer comme "sans viol" , comparé aux autres plus violentes…LA BARRE EST DONC BASSE A CE POINT!!

        Et bien sur, pas question d’être totalement indépendante des hommes….le "pouvoir" de ces femmes s’inscrit dans une logique totalement classique hétéro fondant le respect des femmes sur la maternité, leur faculté de "produire" entre autres des enfants… et donc aussi des fils ..donc rapport avec les hommes( physiques, sexuels , économiques, émotionnels; …) TOUJOURS REQUIS POUR LES FEMMES QUOI QU’IL ADVIENNE.

        J’ai hate de voir une étude mondiale sur l’acceptation du célibat et du lesbianisme, de femmes refusant d’avoir des enfants dans diverses cultures mondiales , y comprit les soi disants "moins violentes, moins patriarcales", mais je sens que ça n’arrivera pas de sitôt.

        Autre chose, sur le " s’il y a des sociétés ou il y a moins de violences , c’est la preuve que les hommes ne sont pas naturellement violents…" ça c’est une jolie extrapolation , mais ça n’est que ça. Donc il y a des société ou les femmes ont plus de pouvoirs économique et de pouvoir de décision, et les hommes là bas se tiennent mieux? ON se demande pourquoi…ce doit être parce que les hommes respectent naturellement les femmes bien sur!!!!…. Rien a voir avec le fait que plus de pouvoir pour les femmes veut dire pas d’impunité pour les crimes, et risque de rétaliation ça non! ( pas comme dans nos cher sociétés ou les victimes ne sont jamais crues et ou les lois patriarcales faites par et pour les hommes laissent constamment les violeurs libres.)

        Nous n’avons pas le temps de nous complaire dans des utopies, des femmes et des fille de tout ages sont violées constamment dans le monde ,à toutes heures, il y a urgence.
        Le séparatisme est la seule solution, il faut créer des places fortes pour les femmes , ou nous retrouver et retrouver notre histoire, nous ressourcer loin de tout le fatras ultratoxique hetéro-patriarcal habituel avant de reprendre le combat…Ces articles sur des société toujours mixtes, toujours emplie du début à la fin de présence masculine mais supposées idéales car le viol arriverait "moins souvent" ( c’est donc le mieux que nous puissions espérer???) ne sont utiles que pour rassurer ceux qui ont peur d’ouvrir vraiment les yeux.

        • SUPER
          cette façon d’espérer, un jour , enfin ne pas etre OBLIGER de supporter sans arret une présence masculine est un vrai débat, Car nombreuses sont celles qui : disent :si il n’y a pas d’homme bah qu’el misére, mauvais plan etc… Et de fait, nous nous perdons sans arret
          On est bien parfois !! sans eux.. que de moment calme, riant… et tout et tout.
          ILS le font bien eux !! et vous MME vous les applaudissez; et ditent mais c’est normal. Alors normal pour nous aussi..!

          • Pourquoi s’énerver avec des points d’exclamation et des majuscules ? Il me semble que cet article (au demeurant très intéressant), ne pose aucun modèle de société en exemple idéal, mais expose un constat et en tire des conclusions sur ce qu’il convient de considérer comme acquis culturellement, et sur ce qui serait inné (le viol n’est pas inné, c’est une bonne nouvelle tout de même). Pas de jugement moral, pas de modèle érigé en idéal.

            J’aimerais aussi rappeler encore une fois que si on ouvre un dictionnaire on se rend compte que le féminisme, c’est une "Doctrine favorable à l’égalité des sexes." Pas la haine de l’homme. Souhaiter se libérer de la "présence masculine" est aussi stupide que les pratiques d’infanticide sur les petites filles dans les sociétés ou avoir une fille est un fardeau comme en Albanie ou en Inde, conduisant à un manque absurde de femmes ce qui entraine les violences que l’on sait. Bref, tout cela pour dire qu’être féministe n’implique pas de tomber dans les pièges que l’on souhaiterait éviter pour soi. Jouer sur l’émotion et l’affect est aussi une mauvaise idée (les "!!!" et les majuscules). Seule la raison et la discussion sereine peuvent conduire à un résultat sain. Si le monde était moins bouffé par l’affect, il y aurait sans doute moins de guerres et de désolation.

            Ceci dit, personne ne vous empêche de vous regrouper avec d’autres femmes, personnellement je l’ai fait pendant deux ans à l’occasion de cercles de femmes, et c’était une très belle expérience. Cela existe de longue date, nul besoin de s’énerver, il suffit d’en trouver un (recherche google, il y en a dans toutes les grandes villes et s’il en manque, créez-le, rien de plus simple) et d’y aller. J’ajouterai une dernière chose : on peut être lesbienne et s’entendre très bien avec des hommes, on fréquente les personnes avec qui on a des affinités, tous sexes confondus. Je trouve ma foi que vous entretenez la guerre des sexes, alors qu’on pourrait tous si bien s’entendre selon les atomes crochus que l’on a pour d’autres que nous.

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  13. Merci pour cette article très informatif :) Comme ça avec tes autres articles sur le viol, plus personne ne peut dire que c’est "la sexualité masculine qui est comme ça"…Ce qui donne espoir pour un jour une société "sans viol" (bien que ça ne soit pas pour tout de suite) .
    Même si comme dit plus haut, il existe des sociétés matrilinéaires machistes, le passage suivant est tout de même intéressant :
    "L’enfant apprend que l’homme qui est le partenaire sexuel de sa mère ne représente pas l’autorité. Ainsi, l’interaction hétérosexuelle n’est pas associée avec la dominance, comme en Occident."
    Je n’y avais jamais pensé comme ça, mais ça fonctionne bien!
    Mais est-ce du coup c’est pas les rapports entre oncle et mère qui deviennent éventuellement dominants-dominés?…

    • Merci Carmilla pour ton commentaire :)

      Mais est-ce du coup c’est pas les rapports entre oncle et mère qui deviennent éventuellement dominants-dominés?…

      Je pense que c’est tout à fait possible (les sociétés matrilinéaires ne sont pas forcément égalitaires), mais au moins cette domination n’est pas associée à la sexualité.

      • Chez les Mosuo de Chine, il y a une séparation particulièrement marquée entre les oncles et les nièces, pour éviter l’inceste dont le poids moral porterait plutôt sur les filles. En gros à elles de ne pas être dans les pièces où leurs oncles souhaitent être. Par contre, j’ignore si ces derniers ont l’autorité familiale même si l’organisation de la maison familiale le suggère.

  14. Ping : Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol | Livres, mais pas que. | Scoop.it

  15. Ping : Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol | Féminisme, Genre, LGBT | Scoop.it

  16. Un article absolument passionnant à lire, tout comme la découverte de ce blog où j’ai commencé à survoler un bon nombre de notes tout aussi passionnantes. Je laisse la fenêtre ouverte, il faut du temps, je reviendrai… Merci.

  17. "Sanday apporte une hypothèse sur les causes qui font qu’une culture évolue vers une tolérance au viol, ou non1. Elle suggère que dans de nombreuses sociétés, les femmes sont associées à la fertilité, et les hommes à la destruction. En temps normal, la fertilité et la destruction sont appréciées pareillement, mais en période de disette, la destruction et la guerre sont perçues comme les valeurs suprêmes. Le rôle social des hommes acquiert alors un peu plus grand prestige, et le viol leur permet de rappeler leur supériorité1."

    Les sociétés où la destruction et la guerre ne sont pas perçues comme les valeurs suprêmes qui existent encore à ce jour sont des sociétés très isolées environnementalement, si elles ont survécut jusqu’à ce jour c’est qu’elles vivent dans des environnements isolées et peu hospitaliers que personne ne vient leur disputer. On peut donc effectivement supposer que dans un contexte de tension démographique et donc de pression sur les ressources, ce sont les sociétés à culture guerrière qui éradiquent les autres sociétés et qui ont donc besoin de beaucoup de soldats et donc de femmes.

    On peut peut-être trouver aussi une corrélation entre la culture du viol (notamment qui commence avec le viol conjugal) avec l’inégalité sociale de la richesse. Quand une société s’agrandit et se complexifie, une "hiérarchie" où certains possèdent plus de biens apparaient le plus souvent. Le mariage de raison – et donc des relations sexuelles à but reproductif et non de plaisir – dans sa "caste" devient la norme. La violence sexuelle intrinsèque que cela suppose est donc relativisée et niée. Je pense que c’est d’ailleurs pour ça que beaucoup d’hommes notamment élevés dans les catégories sociologiques supérieurs où le mariage dans son milieu est plutôt la norme et donc plus ou moins arrangé relativisent énormément la souffrance du viol (genre "c’est juste un troussage de domestique") ayant grandi dans des contextes où leurs mères et épouses subissaient le devoir conjugal ("et ont bien survécu sans paraitre traumatisé") sans compter que notre société vit encore sous le cliché des femmes qui n’aiment pas trop le sexe et qui s’obligent pour faire plaisir à leurs partenaires et que donc c’est pas si terrible que ça d’être un peu forçée (ça ne serait donc pas une question de désir physique pour les femmes, puisque ça leur ferait toujours mal quelque part de toute façon ). Finalement, on catégorise moins le viol par la souffrance de la femme que par la plus ou moins légitimité de l’agresseur (ça serait moins pire d’être violé par le mari, pire par un membre de la famille, puis plus pire par un membre d’une catégorie sociale supérieure, puis plus pire par un membre d’une catégorie inférieure, puis plus par un inconnu, ect)

    • Je trouve tes arguments très intéressants, car on critique souvent (et à raison bien sûr) la culture du viol, mais je pense que pour la combattre il faut connaître la raison pour laquelle elle est défendue.

      Certes la première idée qui nous vient est la mise en avant d’une société patriarcale, où la femme est dominée au profit de l’homme, mais pourquoi défendre ce type de société ?

      Parce qu’il est très efficace dans un principe de pouvoir et de domination. La Grèce antique est réellement le précurseur de la domination masculine. En effet les hommes sont formés à la chasse, puis à la guerre, la femme a peu de pouvoir politique et son rôle est limité par les juridictions. Pourquoi ? Parce que cela crée une société guerrière efficace où les femmes dominées enfantent de futurs guerriers enrôlés par les dirigeants, les femmes assurant elle-même une partie de cette éducation.

      Le contrôle des naissances est la raison première de l’asservissement de la femme, dans un but politique de développer une puissance militaire et économique hiérarchisée, stable, et ce sur des grandes étendues géographiques. Il n’est pas anodin que les peuples soucieux de traiter la femme comme l’égal de l’homme soit souvent confinés à de petits territoires, avec un nombre restreints d’habitants. L’extension d’un pays, voir d’un empire, exige un contrôle sévère, drastique, ne serait-ce que de sa population en vue d’assurer sa pérennité et sa domination sur les terres envahies. Les femmes au sein de l’empire romain notamment avait leur rôle définit d’après leur mari, le maintien de l’armée romaine était évidemment primordial dans le but de préserver la "pax romana" (la fameuse "paix" multi-séculaire de l’Europe antique…). Plus un pays est développé économiquement, géographiquement, militairement, plus sa structure se rigidifie, plus la hiérarchie se développe et crée des inégalités. Je m’avance un peu mais au vue du statut de la femme dans les "pays développés" je pense que la culture du viol obéit à des principes nettement vicieux et complexes.

  18. Rah, j’adore cette étude ! Merci de nous la résumer.
    Par contre, j’aime un peu moins les commentaires "quoi ?!? Mais c’est pas une étude féministe puisque les femmes sont toujours avec les hommes"
    ça me mettra toujours mal à l’aise ce genre de définition du féminisme.

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  21. à la lecture de certains courriels, il en revient à dire que :
    si les femmes veulent la paix, etre tranquille il faut qu’elles en passe par la où ils veulent.
    c’est comme ça que vous voyez la vie??!! moi non.

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