#EnquêteEpilation : analyse multivariée de nos résultats

Je continue de m’investir dans le collectif « Liberté, Pilosité, Sororité » et dans l’analyse des données de l’enquête. Voici des nouveaux résultats à découvrir.

Liberté, Pilosité, Sororité

Afin de mieux comprendre la structure de nos données, nous avons mené une analyse multivariée. Plus précisément, nous avons décidé de réaliser une Analyse Factorielle des Données Mixtes (AFDM), qui peut être utilisée sur un jeu de données comportant des données quantitatives (scores, âges, etc.) et des données qualitatives (catégorie socio-professionnelle, région de résidence, etc.). C’est une méthode qui permet de résumer les données et d’identifier des corrélations entre variables.

Cette analyse a permis de montrer que nos données s’organisent autour de plusieurs axes. Trois en particulier nous ont intéressées :

  • La souffrance liée à la norme du glabre, représentée par l’axe 1 de l’AFMD (8,61% de la variance). Les femmes ayant une coordonnée élevée sur cet axe souffrent davantage de la norme du glabre, à différents niveaux. Elles évitent davantage de situations sociales à cause de leur pilosité, sont sujettes à davantage d’effets secondaires et éprouvent une plus grande…

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#EnquêteEpilation : les premiers résultats de notre grande enquête sur la norme du glabre

Bonjour,

Ça fait longtemps que je n’ai pas mis à jour ce blog. Je suis pas mal investie dans le collectif féministe « Liberté Pilosité Sororité » qui lutte contre la norme du glabre (et plus largement, l’objectification sexuelle et les normes de beauté oppressantes). Nous mêlons réflexion et action. L’automne dernier nous avons lancé une grande enquête sur l’impact concret de la norme du glabre sur la vie quotidienne des femmes. J’ai participé à l’analyse des résultats et je suis très heureuse de les partager avec vous aujourd’hui ! Ce travail militant est en continuité avec ce que j’écris sur ce blog.

En juin, nous lançons également des sorties en non-mixité pour les femmes ayant arrêté l’épilation ou se questionnant à ce sujet.Pour l’instant, de tels événements auront lieu à Paris, Bordeaux, Dijon et Marseille.

J’en profite également pour vous dire que je serai à la Fête du Travailleur Catalan pour parler de mon livre « En finir avec la culture du viol ».

Liberté, Pilosité, Sororité

Partie 1 : Effets psychologiques et physiques de la norme du glabre

L’automne dernier, nous avons lancé une grande enquête en ligne concernant les effets de la norme du glabre sur la vie quotidienne des femmes. Au final, plus de 6 000 femmes y ont répondu. Nous sommes aujourd’hui fières de vous présenter les premiers résultats, qui portent plus particulièrement sur les thématiques suivantes :

  • Les pratiques de l’épilation, notamment les méthodes utilisées.
  • Les effets physiques de la norme du glabre : la douleur liée à la pratique de l’épilation ou du rasage et les effets secondaires
  • Les effets psychologiques de la norme du glabre
    • les émotions que les femmes ressentent vis-à-vis de leur pilosité
    • la façon dont elles ressentent l’intensité de la norme du glabre

Les autres thématiques (évitement de situations sociales, réactions d’autrui, première fois que les femmes ont retiré leur pilosité, etc.) seront abordées ultérieurement.

Vous pouvez télécharger notre rapport…

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Trois rencontres publiques en février autour de mon livre ou du féminisme

Je vous annonce trois événements publics pour ce mois de février 2019 !

⭐ 2 février 2019 à 15h à la bibliothèque d’Herblay-sur-Seine : Conversation autour de l’égalité femmes-hommes avec Titiou Lecoq.
L’entrée est libre, mais sur réservation. Vous pouvez en savoir plus ici et contacter la bibliothèque d’Herblay à cette adresse bibliotheque[at]herblay.fr

⭐ 5 février 2019 à 20h30 à l’IUT Nancy-Charlemagne : Conférence sur le thème « Les Femmes, toujours objets en 2019 ? ».
Durée : 1h30
Plus d’information ici. L’entrée est libre et le parking gratuit. Pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, une diffusion en direct sera disponible sur la chaîne YouTube IUT Nancy-Charlemagne.
Vous pouvez vous inscrire à l’événement Facebook ici.

⭐ 23 février 2019 à 13h45 au salon Primevère à Lyon : Conférence sur le thème « En finir avec la culture du viol ».
Durée : 1h30.
Lien vers le site du salon Primevère : http://salonprimevere.org/

J’ai très hâte de vous y retrouver !

EDIT : Voici la vidéo de ma conférence à Nancy

Rencontre le 6 avril à Strasbourg à la librairie Kléber

Noémie Renard Raphaël Liogier

Après la réussite de la rencontre du 8 mars à la Violette and co (Paris), une nouvelle rencontre, à Strasbourg cette fois-ci à la librairie Kléber, en compagnie de Raphaël Liogier, le 6 avril à 17h, autour de nos deux ouvrages respectifs : En finir avec la culture du viol et Descente au cœur du mâle.

Adresse de la librairie : 1 rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg.

En espérant vous y voir très nombreuses et nombreux !

Rencontre autour de mon livre à la librairie Violette and Co (Paris) le 8 mars à 19h !

Violette and Co

Venez me rencontrer à la librairie Violette and Co à Paris (11ème arrondissement) le 8 mars à 19h autour de mon livre En finir avec la Culture du Viol aux éditions Les Petits Matins.

Lien vers l’événement Facebook : https://www.facebook.com/events/411823502608916/

Résumé de mon livre

En France, chaque année, entre 60 000 et 100 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. Environ 16 % des Françaises ont subi une telle agression au cours de leur vie. Et les viols ne représentent que la partie émergée d’un iceberg : celui des violences sexuelles. Chaque jour, que ce soit à la maison, au travail ou dans la rue, des femmes et des enfants sont agressés sexuellement ou harcelés. Ces violences ont des conséquences graves : elles minent la confiance et limitent la liberté par la peur qu’elles instaurent. Elles constituent une atteinte aux droits et à la dignité des personnes et consolident la domination masculine.

Ces violences sexuelles n’apparaissent pas spontanément. Elles ne font pas non plus partie de la « nature humaine » ou de la « nature masculine ». Elles ont des causes sociales – impunité des agresseurs, idées reçues sur la sexualité – et ne sont donc pas une fatalité. C’est pourquoi il est important d’identifier les éléments culturels qui servent de justifications et de terreau à ces actes, afin de proposer des pistes qui permettront d’y mettre fin.

Préface de Michelle Perrot. « Ce livre paraît au bon moment. D’une actualité brûlante, il propose une réflexion fondamentale pour nourrir les débats qui parcourent notre société. »

En finir avec la culture du viol : le 8 mars !

C’est avec une très grande joie que je vous annonce la sortie de mon livre, consacré à la culture du viol, le 8 mars, aux éditions Les Petits Matins. Après la vague #metoo, j’espère qu’il contribuera à approfondir le débat sur les violences sexuelles. Le livre peut d’ores et déjà être pré-commandé sur le site de la maison d’édition, sur plusieurs sites de vente en ligne (Fnac…) ou tout simplement dans votre librairie locale.

Michelle Perrot (source ; licence CC BY-SA 2.0)

Michelle Perrot, très grande historienne, spécialiste reconnue de l’Histoire des femmes (pionnière dans le domaine) et de l’Histoire ouvrière, m’a fait l’honneur de le préfacer. Parmi ses ouvrages traitant de l’Histoire des femmes, on peut citer les cinq tomes de L’Histoire des Femmes en Occident (qu’elle a dirigé avec Georges Duby) et Les femmes ou les silences de l’histoire. Elle est, à l’heure actuelle, en train de finir un livre sur George Sand.

Un extrait de sa préface :

Comment comprendre la « culture du viol », expression née aux États-Unis dans les années 1970 ? Il faut déchiffrer cette étrange inversion qui fait des victimes les quasi-coupables, acculées à se défendre, à dissimuler, à se taire, et soupçonnées, quand elles osent parler, de vouloir attenter à la stature et à l’honneur de l’homme, maître du jeu – ou, pire, de dissiper les représentations idylliques de rapports sexuels dont la violence réelle dissout le rêve amoureux. Porter plainte suppose du courage. Tenter de comprendre ces mécanismes doit en donner.

En attendant la sortie du livre, je vous propose son sommaire et une vidéo de présentation (réalisée par Clémentine Vagne : merci à elle !) :

Sommaire

  • Préface de Michelle Perrot
  • Introduction
  • Partie 1 : état des lieux
    • Quelques cliches a déconstruire sur les violences sexuelles
    • Que dit la loi sur les violences sexuelles ?
    • Les violences sexuelles, un phénomène massif
    • Des violences aux conséquences graves sur la sante et trop souvent impunies
  • Partie 2 : les mécanismes de l’impunité des violeurs
    • Des violences minimisées par la justice et la société
    • Des mythes et stéréotypes lourds de conséquences
    • L’emprise de l’agresseur et la loi du silence
    • L’impact des mythes sur le processus judiciaire
    • Les conséquences de l’impunité
  • Partie 3 : le viol, une histoire de pouvoiret de domination
    • Ses axes de domination
    • Un contrôle disciplinaire
  • Partie 4 : de l’hétérosexualité « normale » au viol
    • L’hétérosexualité pour les femmes : entre contraintes et inégalités
    • La coercition économique
    • La coercition graduelle au cours des interactions sexuelles
    • Une dualité femmes-hommes au service de la domination masculine
    • Quelle liberté sexuelle et quel consentement pour les femmes ?
  • Partie 5 : mettre fin à la culture du viol
    • Sensibiliser et éduquer les jeunes (et les moins jeunes)
    • Améliorer la prise en charge des victimes de violences sexuelles
    • Former les professionnels
    • Faire progresser la loi pour une meilleure condamnation des violences sexuelles
    • Se donner les moyens de lutter contre les violences sexuelles
    • Lutter contre toutes les formes d’inégalité

Vidéo de présentation

Comment l’agriculture a t-elle aggravé les inégalités femmes-hommes ?

American Gothic de Grant Wood

American Gothic de Grant Wood

Les inégalités entre femmes et hommes pourraient s’être vues renforcées avec l’apparition de l’agriculture et l’abandon des sociétés de chasseurs-cueilleurs. Plusieurs travaux scientifiques affirment que la division sexuée du travail, source d’inégalités, était moins présente avant l’apparition de l’agriculture.

Partout dans le monde, les femmes sont défavorisées par rapport aux hommes : elles ont de plus faibles revenus, accomplissent un travail domestique gratuit en faveur des hommes  et sont victimes de nombreuses discriminations et violences (physiques, sexuelles et psychologiques).

Dans son article Les mains, les outils et les armes, l’anthropologue Paola Tabet suggère que la division sexuée du travail chez les sociétés de chasseurs-cueilleurs n’est pas égalitaire. En effet, presque systématiquement, les femmes se chargent de la cueillette, et les hommes, de la chasse ou de toute autre activité nécessitant des outils qui peuvent tuer. Ainsi, dans ces sociétés, cette division sexuée du travail correspond en réalité à une confiscation des armes par les hommes.

Néanmoins, il semblerait que l’apparition de l’agriculture ait pu encore davantage aggraver les inégalités entre les femmes et les hommes.

Lire la suite sur Graines de Mane

NB : en complément, il y a aussi cet article de Science paru en 2013 : Sex equality can explain the unique social structure of hunter-gatherer bands