Les femmes de droite, par Andrea Dworkin

Les femmes de droite, par Andrea Dworkin

les femmes de droite

Les femmes de droite est un ouvrage écrit par Andrea Dworkin, féministe radicale, en 1983.  Cette dernière nous propose une

andrea dworkin

Andrea Dworkin

explication à l’allégeance de certaines femmes  à la droite  américaine dure. Comment expliquer que ces femmes adhèrent à des idées opposées à leurs intérêts ? Comment des femmes peuvent-elles être anti-avortement, anti-contraception ou encore rêver d’être femmes au foyer ? Andrea Dworkin nous donne une réponse convaincante dans cette œuvre.

Ce livre a été traduit en français par  Martin Dufresne et Michele Briand. Il est préfacé par Christine Delphy. Martin Dufresne m’a très gentiment envoyé le manuscrit quasi-finalisé. Je vous propose un compte-rendu de ma lecture fort passionnante.

Le livre arrivera en France au mois de mars. Il sera diffusé par la Librairie du Québec, à Paris, à qui les libraires et les individus pourront le commander directement.
Leurs coordonnées sont : 30 Rue Gay-Lussac 75005 Paris, France +33 1 43 54 49 02

Chapitre 1 : la promesse de l’extrême droite

Les femmes vivent dans un milieu dangereux (viol, violence conjugale, etc.) et cherchent avant tout à survivre. Elles obéissent donc aux règles des hommes et pensent qu’elles seront ainsi protégées contre la violence masculine. La droite propose aux femmes une certaine sécurité si elles acceptent d’obéir aux règles. Cela explique pourquoi elles ont tendance à être conservatrices.
Dworkin estime que c’est un suicide.

De la maison du père à la maison du mari et jusqu’à la tombe qui risque encore de ne pas être la sienne, une femme acquiesce à l’autorité masculine, dans l’espoir d’une certaine protection contre la violence masculine. Elle se conforme, pour se mettre à l’abri dans la mesure du possible. C’est parfois une conformité léthargique, en quel cas les exigences masculines la circonviennent progressivement, comme une enterrée vive dans un conte d’Edgar Allan Poe. Et c’est parfois une conformité militante. Elle sauvera sa peau en se démontrant loyale, obéissante, utile et même fanatique au service des hommes qui l’entourent. […]. Quelles que soient les valeurs ambiantes, elle les incarnera avec une fidélité sans faille.
Les hommes respectent rarement leur part du marché tel qu’elle l’entend : la protéger contre la violence masculine.

Chapitre 2 : la politique de l’intelligence

L’intelligence est refusée aux femmes. L’intelligence est une forme d’énergie qui modifie le monde, et qui a besoin de le connaître pour se développer : le récurage des WC ne permet pas le développement de son intelligence. Deux tiers des analphabètes sont des femmes. L’intelligence qui influence le monde – l’intelligence créatrice-, constitue l’inverse de la féminité. Même chez les femmes des classes supérieures, instruites, l’intelligence sert avant tout à décorer.
Cela ne signifie pas que les femmes ne sont pas intelligentes, mais que l’on nie leur intelligence, et que celle-ci doit rester confinée à une fonction décorative, au lieu de servir à modifier le monde.

Dworkin parle également d’une intelligence sexuelle, consistant à réussir à respecter son intégrité, à pouvoir posséder son propre corps et à n’avoir des rapports que s’ils sont désirés. L’intelligence sexuelle ne se mesure pas en nombre d’orgasmes ou de partenaires, ou d’enfants portés. Ce n’est pas montrer des fesses, mais poser des questions et proposer des théories.

Par ailleurs, les femmes sont sous-payées, et dépendent donc économiquement des hommes. Elles doivent donc exercer un labeur sexuel pour de l’argent, que ce soit dans la prostitution ou le mariage.

Les femmes de droite se disent qu’il veut mieux être une épouse qu’une prostituée : on appartient à un seul hommes. De plus, elles se disent que celles qui ont un emploi sont dupées : en plus d’un travail sous-payé, elles doivent au final quand même exercer le labeur sexuel.

Les femmes de droite ont examiné le monde ; elles trouvent que c’est un endroit dangereux. Elles voient que le travail les expose à davantage de danger de la part de plus d’hommes ; il accroît le risque d’exploitation sexuelle.[…] Elles voient que le mariage traditionnel signifie se vendre à un homme, plutôt qu’à des centaines : c’est le marché le plus avantageux. […]. Elles savent également que la gauche n’a rien de mieux à offrir : les hommes de gauche veulent eux aussi des épouses et des putains ; les hommes de gauche estiment trop les putains et pas assez les épouses. Les femmes de droite n’ont pas tort. Elles craignent que la gauche, qui élève le sexe impersonnel et la promiscuité au rang de valeurs, les rendra plus vulnérables à l’agression sexuelle masculine, et qu’elles seront méprisées de ne pas aimer ça. Elles n’ont pas tort. Les femmes de droite voient que, dans le système où elles vivent, si elles ne peuvent s’approprier leur corps, elles peu-vent consentir à devenir une propriété masculine privatisée : s’en tenir à un contre un, en quelque sorte.

Chapitre 3 : l’avortement

foetus

Les hommes s’identifient au fœtus, selon Dworkin

Les femmes qui ont avorté à l’époque où c’était encore un crime, étaient très souvent mariées et bonnes mères de famille ; elles ont gardé le silence pour éviter le honte. On leur a appris que toute vie a plus de valeur que la leur. Les hommes refusent l’avortement car ils s’identifient au fœtus. Ils pensent que ce fœtus, ça aurait pu être eux.
La loi, par le mariage, remet une femme à un homme pour qu’il puisse la baiser à volonté (à l’époque où Dworkin écrit son livre, le viol conjugal est encore très souvent non condamné par la loi aux USA, et même quand il l’est, il est en réalité très peu puni). La grossesse est une conséquence de ce coït. Les femmes ne contrôlent pas la venue de la grossesse, car elle ne contrôle pas quand a lieu le coït.

Les femmes sont tenues de se soumettre au coït, et elles peuvent ensuite être tenues de se soumettre à la grossesse.Les femmes sont tenues de se soumettre à l’homme, et elles peuvent ensuite être tenues de se soumettre au fœtus.

Le sexe forcé maintient le coït comme élément central dans la sexualité. Dworkin note que la force masculine est considérée comme « sexy » et sert de mesure au désir masculin. Plus il y a de force dans l’acte sexuel, plus celui-ci semble sexuel.
Sans la force, les hommes ne pourraient amener les femmes à la « baise ». Elle énumère plusieurs types de forces :

Le premier type de force est la violence physique : omniprésente dans le viol, la violence conjugale, l’agression.
Le deuxième type de force est la différence de pouvoir entre les hommes et les femmes, qui fait d’emblée de tout acte sexuel un acte de force – par exemple, l’agression sexuelle des filles dans la famille.
Le troisième type de force est économique : le fait de maintenir les femmes dans la pauvreté pour les garder sexuellement accessibles et sexuellement soumises.
Le quatrième type de force est culturel, sur une grande échelle : une propagande misogyne qui transforme les femmes en cibles sexuelles légitimes et désirables

Elle précise que les femmes sont exploitées en tant que classe de sexe, et que donc on ne peut se référer à leur sexualité sans tenir compte du contexte de sexe forcé. Chaque femme vit dans ce régime de sexe forcé. Il y a des croyances comme quoi les hommes utilisent la force car ils sont hommes, et que les femmes aiment la force.

Or le coït transgresse les limites du corps. Ni la procréation ni le plaisir n’exige d’en faire l’acte sexuel central. Mais le coït est le symbole de la condition subordonnée des femmes et c’est pour cette raison qu’il est si répandu.

Ensuite, Dworkin évoque le mouvement hippie des années 1960. Les hommes avaient les cheveux longs et des chemises colorés. Ils ressemblaient à des filles, et les filles ont donc cru qu’ils pouvaient être des alliés, car ils n’avaient pas peur d’être considérés comme efféminés. Ils leur ont promis pleins de choses, notamment l’égalité hommes-femmes.
En réalité, ils ont surtout mis en place des harems : les femmes ont été échangées, jetées, partagées. Si elles refusaient, elles étaient considérées comme coincées.

Les filles des années soixante vivaient ce que les marxistes appellent – mais ne reconnaissent pas dans ce cas-ci – une « contradiction ». C’est précisément en tentant d’éroder les frontières du genre par une pratique apparemment neutre de libération sexuelle que les filles investirent de plus en plus l’acte le plus réificateur du genre : la baise.
[…]
En termes empiriques, la libération sexuelle fut pratiquée à une vaste échelle par les femmes durant les années soixante, et elle échoua : c’est-à-dire qu’elle ne les libéra pas. Son but –découvrit-on – était de libérer les hommes afin qu’ils puissent utiliser les femmes hors des contraintes bourgeoises, et en cela elle a réussi. Une de ses conséquences pour les femmes fut d’intensifier l’expérience d’être sexuellement typées comme femmes – précisément le contraire de ce que ces filles idéalistes avaient envisagé comme avenir.

La grossesse était un frein à la baise pour ces hommes de gauche. Une femme enceinte pouvait plus facilement la refuser. Par

Hippies

La libération sexuelle des hommes de gauche… un prétexte aux violences sexuelles ?

ailleurs une femme avec un enfant, ça réduit aussi la baise : elle doit s’en occuper et ne peut pas être toujours disponible. Donc les hommes de gauche s’investirent dans la lutte pour l’IVG et la contraception.

Entre temps, les femmes de gauche se rendirent compte qu’elles avaient été baisées. Elle quittèrent les mouvements des hommes, la contre-culture et firent un mouvement bien à elles : le mouvement féministe.
Elles se rendirent compte qu’elles avaient vécu de nombreuses violences sexuelles sous prétexte de « libération sexuelle ». Elle considérèrent donc que la liberté sexuelle pour une femme passe d’abord par la maîtrise de son corps dans le champs de la sexualité et de la reproduction.

Les hommes de gauche n’apprécièrent pas cela :

mais pour les hommes, [le féminisme] fut une impasse – la plupart d’entre eux ne virent jamais le féminisme autrement que sous l’angle de leur privation sexuelle ; les féministes leur enlevaient la baise facile.

Soudain, les hommes de gauche délaissèrent le combat de l’IVG : si c’était pour baiser, ils étaient d’accord, mais ils s’y opposèrent si le but était que les femmes contrôlent leur fertilité. Ils laissent ce combat de côté en espérant que le droit à l’IVG soit banni. Ainsi, les femmes reviendront à eux, bien à leur place, les jambes écartées, pour les supplier de faire quelque chose. Ainsi, les femmes auront l’IVG, mais aux conditions des hommes.

Les femmes de droite pensent que l’avortement est lié à l’avilissement sexuel des femmes. Elles croient que l’explosion de la pornographie est une conséquence de la légalisation de l’IVG. Elles savent que le contrôle de son corps est juste un prétexte pour l’IVG : ce que veulent vraiment les hommes, c’est de la baise.
Elles savent que la droite et la gauche réduisent les femmes à la baise. Mais elle trouve que la droite est un peu plus généreuse : on ne se fait baisée que par un homme dans le cadre du mariage. Un homme a moins de « force » que dix.

Elle savent que la grossesse permet de responsabiliser un peu les hommes sur les conséquences du coït. Par ailleurs, la grossesse est aussi une bonne excuse pour refuser le coït.

Si elles doivent avorter, elles avorteront illégalement, dans le silence, en priant et en espérant échapper à la mort. S’opposer à l’avortement est une folie, selon Dworkin. Car légaliser l’avortement est le seul moyen d’éviter la boucherie.

Chapitre 4 : Juifs et homosexuels

La droite chrétienne étatsunienne est très hostile aux homosexuels et aux juifs.

Dworkin évoque le racisme et précise que les hommes du groupe racial méprisé sont sujets à deux stéréotypes sexuels. Ils sont décrits :

  • soit comme des violeurs, à la virilité intense et au membre énorme.
  • soit comme des castrés, des efféminés, ou des homosexuels.

La droite joue de ces stéréotypes pour justifier et maquiller l’exercice du pouvoir contre les êtres humains des catégories dominées.

Exemples :

  • les hommes allemands ont été dévirilisés par l’issue de la 1ère guerre mondiale. Ils ont alors avili un groupe d’hommes perçus comme plus masculins (les juifs), comme pour retrouver une virilité perdue..
  • Aux USA, les hommes noirs ont été perçus comme des violeurs seulement après l’ère esclavagiste. Avant, ils étaient considérés comme efféminés, semblables à des bêtes de somme, propriétés de leur maître. Après l’abolition de l’esclavage, les hommes blancs se sont sentis castrés. Ils créèrent alors l’image du violeur comme image-mirroir de ce qu’ils avaient perdu : le droit au viol systématique des femmes de l’autre race.

L’Ancien Testament est beaucoup moins hostile aux homosexuels que le Nouveau Testament. Les règles du Lévitique avaient pour objectif d’assurer la domination masculine, et donc d’éviter les conflits entre hommes, que peut générer l’homosexualité masculine. Il était en fait considéré comme répugnant d’utiliser les hommes comme des femmes, comme des objets sexuels bons à être baiser, car cela risquait de fragiliser le patriarcat. Dworkin évoque à ce sujet la légende de Lot, qui montre le viol des femmes comme acceptable, alors que celui d’un homme est odieux.

lot sodome

Un soir, deux anges sont accueillis par Lot dans sa maison à Sodome. Le peuple de Sodome frappe à la porte pour violer les nouveaux venus. Sur le seuil, Lot les supplie de ne pas manquer à l’hospitalité, et leur propose ses deux filles vierges à la place.

C’est Saint Paul qui a introduit la haine des homosexuels, une haine que continue à ressentir la droite fondamentaliste américaine. Saint Paul a par ailleurs associé homosexualité et judaïsme. Pour les juifs, l’image de la faiblesse associée à l’homosexualité est toujours une menace, dans un monde qui les a presque exterminés. Ceci explique pourquoi Israël est un état militariste : on ne pourra plus accuser les juifs d’être des mous.

Dworkin explique alors pourquoi les femmes de droite rejettent tellement l’homosexualité. Les femmes sont jetables et interchangeables en tant qu’objets sexuels ; elles le sont un peu moins en tant que mères. Elles savent que les hommes n’ont qu’une raison de garder les femmes en vie : elles peuvent porter les enfant.

Seul le fait d’avoir des enfants modère l’utilisation sexuelle que les hommes font des femmes : les user jusqu’à la corde et les jeter, les baiser à mort, les tuer à petit feu. Si l’on n’a pas besoin de femmes pour gouverner le pays ou écrire les livres ou faire de la musique ou cultiver la terre ou bâtir des ponts ou extraire le charbon ou réparer la plomberie ou guérir les malades ou jouer au basketball, pour quoi a-t-on besoin d’elles ? Si l’absence des femmes de tous ces domaines, de tous les domaines, n’est pas perçue comme une perte, un vide, un appauvrissement, à quoi servent les femmes ?

Les femmes de droite ont affronté la réponse. Les femmes servent à la baise et à faire des enfants. La baise mène à la mort, à moins d’avoir aussi des enfants. L’homosexualité – sa visibilité grandissante, les tentatives de la légitimer ou de la protéger, l’impression qu’il y a là une option attrayante et dynamique, qui gagne non seulement des appuis mais des adeptes – a pour effet de rendre les femmes jetables : la seule chose que peut faire une femme pour être valorisée perdra sa valeur, elle ne pourra plus servir d’assise à la valeur des femmes.

C’est aussi vrai pour l’homosexualité masculine que pour le lesbianisme en ce que l’un et l’autre nient la valeur reproductive des femmes aux yeux des hommes ; mais l’homosexualité masculine est d’autant plus terrifiante qu’elle laisse entrevoir un monde sans femmes – un monde où elles sont vouées à l’extinction

Dworkin dit que les femmes de droite se rendent compte que l’humanité des femmes n’est réduite qu’à leur rôle maternel. Or l’homosexualité les menace d’être privée même de cela. Certaines femmes ont mis au monde des enfants car c’était pour elles la seule façon d’avoir un peu une vie de valeur. Elles n’ont compté que là-dessus, et ne veulent pas perdre cela.

Cependant, l’homophobie est un suicide pour les femmes, car elle encourage la haine de tout ce qui est perçu comme féminin.

Chapitre 5 : le gynocide annoncé

Lorsque les enfants cessent d’être entièrement désirables, les femmes cessent d’être entièrement nécessaires.

C’est sur cette phrase, énoncé par un journaliste du début du XXième siècle et qui avait déjà attiré l’intention de Virigina Woolf, que Dworkin va bâtir son argumentaire.

La valeur des femmes ne réside que dans leur valeur reproductive. Si leurs enfants sont indésirables, les femmes sont considérées comme inutiles ; si leurs enfants sont désirables, les femmes ont alors plus de valeurs. Ainsi :

  • les femmes pauvres et non blanches, dont les enfants sont indésirables, sont stérilisées ou soumises à des programmes de contrôle des naissances.
  • les femmes blanches sont poussées à se reproduire (médailles, etc.)

C’est les deux faces de la même médaille.

Le statut social des personnes âgées s’est fortement dégradé au cours du XXième siècle. Personne ne fait le lien avec le fait qu’avant les vieux étaient surtout des hommes, alors que maintenant les vieux sont surtout des vieilles. Les femmes âgées n’ont aucune valeur, car incapables de se reproduire. Ces dernières – majoritairement blanches, car les noires meurent avant – sont reléguées dans des hospices, une fois devenues inutiles. Là elles connaissent la crasse, l’avilissement et le sadisme. Les jeunes femmes blanches sont empêchées de savoir ce qui les attend, du fait justement que ces personnes âgées soient tenues à l’écart.

médicaments

Les femmes sont droguées collectivement.

Dworkin évoque ensuite la surmédicamentation des femmes (tranquillisant, somnifères, amphétamine…). Les femmes sont perçues comme irrationnelles et émotives. Si elles vont mal, ce n’est pas à cause des conditions objectives de leur existence, mais parce que ce sont des femmes. Les médicaments permettent de les maintenir dans leur rôle social, dans la passivité et le silence. Ce dopage massif montre aussi le peu d’importance qu’on accorde à l’intelligence et à la personnalité des femmes.

Passons aux programmes d’aide sociale. Dworkin évoque la règle de la « mère apte au travail » : on impose un travail aux femmes assistées, si on considère qu’il s’agit pour elles d’un « travail convenable ». Si ces femmes refusent ce « travail convenable », elles sont exclues du régime d’aide sociale. Souvent ces femmes sont incitées à se prostituer. Au Nevada, où la prostitution est légale, la prostitution a déjà été proposée comme « travail convenable ».
Les assistées sociales n’ont pas droit à une vie sexuelle privée, car l’Etat fouille dedans pour savoir avec qui elles couchent. Il est donc logique de les orienter vers la prostitution.
Au final, la mission de l’aide sociale est de punir les femmes d’avoir eu des rapports sexuels et des enfants hors mariage. La souffrance des assistées sociales n’est que ce qu’elles méritent. L’aide sociale a au final deux grands rôles :

  • elle crée et maintient un bassin de main d’œuvre disponible à faible prix.
  • elle incite aussi les femmes pauvres à ne pas avoir d’enfants.
    En bref elle permet un contrôle des femmes et endigue la reproduction des superflues (femmes noires et hispaniques)

La question que pose ensuite Dowrkin est : qu’arrivera-t-il aux femmes quand les hommes pourront contrôler la reproduction, non seulement socialement, mais aussi biologiquement ? Qu’arrivera t-il aux femmes qui ne sont plus vraiment nécessaires, soit parce qu’elles ne peuvent plus se reproduire (femmes âgées), soit parce que leurs enfants sont indésirables (pauvres et minorités ethniques) ?

Dworkin dit ensuite qu’il existe deux modèles qui décrivent la façon dont les femmes sont socialement contrôlées et sexuellement utilisées : le modèle du bordel et le modèle de la ferme.

Le modèle du bordel est lié à la prostitution, au sens strict ; des femmes rassemblées aux fins d’être utilisées pour le sexe par des hommes ; des femmes dont la fonction est explicitement non reproductive, presque antireproductive ; des animaux sexuels en rut ou qui feignent de l’être, s’affichant pour le sexe, qui se pavanent et posent pour le sexe.

Le modèle de la ferme est lié à la maternité, aux femmes en tant que classe ensemencées par le mâle et moissonnées ; des femmes utilisées pour les fruits qu’elles portent, comme des arbres ; des femmes allant de la vache primée à la chienne pelée, de la jument pur-sang à la triste bête de somme.

Ces deux pôles semblent opposés, mais ils ne le sont qu’en apparence. Une femme peut connaître dans sa vie ces deux conditions.
Le modèle du bordel est accepté seulement parce qu’il s’agit de femmes. Il s’agit d’une sorte de prison où les femmes sont exhibées comme des animaux sexuels dans un enclos. C’est un endroit où les hommes aiment avoir des femmes à disposition, parquées, parmi lesquelles ils peuvent avoir du choix. La prostitution du rue suit aussi ce modèle.
Dworkin dit que la prostitution n’est pas un choix : c’est l’Etat qui crée les conditions qui font que les femmes tombent dans la prostitution. En général, personne ne s’intéresse à la volonté des femmes, sauf dans ces débat, où l’on met en avant le prétendu choix des femmes à se prostituer. Il en va de même pour les débats sur la maternité de substitution.
Alors que, traditionnellement, la reproduction entre dans le cadre du modèle de la ferme, la maternité par substitution la placerait dans le modèle du bordel.

Le prohibitionnisme de la prostitution n’est pas compatible avec la vision féministe. Les prohibitionnistes considèrent que les prostituées sont responsables de leur situation ; les féministes pensent que c’est l’Etat qui crée la conjecture sociale et économique dans laquelle la vente de sa sexualité et de sa capacité reproductive devienne l’un des rares moyens de subsidence pour les femmes.

mere-porteuse

La GPA va t-elle permettre de placer la reproduction dans le modèle du bordel ?

Dworkin fait ensuite une comparaison entre le modèle de la ferme et le modèle du bordel.
Selon elle, le modèle de la ferme, qui sert au sexe et à la reproduction, est peu efficace. Il implique une relation particulière entre le fermier et sa terre. Le fermier peut ressentir certains sentiments, une certaine tendresse et compassion pour sa terre, même s’il l’exploite. De plus, il y a une certaine valorisation de la maternité.
A l’inverse, le modèle du bordel, qui sert seulement au sexe, est très efficace. Le joug est trop lourd. Les femmes n’arrivent pas à se rebeller collectivement.
Le modèle de la ferme a connu quelques rebellions. Le fait qu’il y ait eu les luttes féministes, formées par des femmes issues de ce modèle, démontrent son inefficacité.

Dworkin pense que les technologies reproductives vont permettre l’application du modèle du bordel à la reproduction. La reproduction va devenir une marchandise comme l’est déjà le sexe.

Ces nouveaux moyens permettront – enfin – aux hommes de vraiment posséder des femmes pour le sexe et des femmes pour la reproduction, toutes contrôlées avec la même précision sadique par des hommes.
Et se produira un nouveau genre d’Holocauste, aussi inimaginable aujourd’hui que ne l’était la version nazie avant son avènement ; une chose dont personne ne croit « l’humanité » capable. La technologie reproductive déjà ou bientôt disponible, liée à des programmes racistes de stérilisation imposée, offrira enfin aux hommes les moyens de créer et de contrôler le genre de femmes qu’ils veulent : le genre de femmes qu’ils ont toujours voulu. Pour paraphraser la Ninotchka d’Ernst Lubitsch justifiant les purges de Staline, il y aura moins de femmes, mais des femmes meilleures. Il y aura des domestiques, des prostituées sexuelles et des prostituées reproductives.

Les femmes ne veulent pas mourir et qu’elles ont trouvé deux solutions très différentes pour survivre dans ce monde d’hommes :

  • la solution des femmes de droite est de se plier aux impératifs sexuels et reproductifs des hommes, afin d’obtenir des miettes de dignité.
  • l’autre solution, celle des féministes, est de voir en chaque femme un être humain.

Avec le développement des technologies de reproduction, il sera de plus en plus dur pour les femmes de s’affirmer en tant que personnes de valeur. De plus en plus de femmes croiront être protégées par les valeurs religieuses qui vénèrent la maternité. Les femmes utiliseront les valeurs religieuses face aux scientifiques mâles. En réalité les hommes scientifiques et les hommes religieux s’allieront.

Chapitre 6 : l’antiféminisme

Le féminise est détesté car les femmes sont haïes. L’antiféminisme est l’expression de la misogynie, c’est son argumentaire politique.
L’antiféminisme soutient la conviction que l’avilissement massif des femmes n’est pas une violation de leur nature. L’utilisation des femmes par les hommes est conforme à leurs natures respectives d’homme et de femme.
Bloquer les efforts des femmes pour avancer vers la liberté est l’indépendance est une démonstration de haine envers les femmes.

L’antiféminisme se développe selon trois modèle

  • le modèle séparés-mais-égaux
  • le modèle de la supériorité féminine
  • le modèle de la domination masculine

Le modèle séparés-mais-égaux a été appliqué à la race dans le cadre de l’apartheid aux Etats-Unis. La séparation est bien réelle, mais l’égalité est une chimère. Ce modèle se fonde sur des prétendus critères biologiques. Selon cette idéologie, les femmes ne sont inférieures que parce qu’elles ont intégré une sphère qui n’est pas la leur : la sphère masculine, où elles n’ont pas leur place. Il y a promesse d’égalité dans le fait de présenter deux sphères séparées et d’affirmer qu’elles sont égales.

Le modèle de la supériorité féminine affirme que les femmes sont supérieures moralement et qu’elles n’ont pas désir sexuel. Derrière son aspect apparemment sympathique pour les femmes, ce modèle sert en réalité à les rabaisser car il considère que leur nature morale ne devrait pas être contaminés par les vulgaires activités et responsabilités des hommes. Parce qu’elles sont bonnes, les femmes ne peuvent pas être des sujets à part entière. Il existe une version pornographique de ce modèle qui prétend que les femmes détiennent le pouvoir car elle provoque du désir sexuel chez les hommes. C’est un pouvoir que Dworkin compare à celui du cadavre qui attire les vautours.

Enfin, le modèle de la domination masculine s’appuie sur la biologie ou la religion et prétend que les hommes sont supérieurs aux femmes, car c’est comme ça. Ce modèle fonctionne en faisant passer l’hostilité pour de l’amour. C’est un modèle qui soutient aussi que ce sont les hommes qui doivent gouverner et dominer l’économie, la politique ou la culture.

Ces trois modèles ne sont pas antagonistes qu’en apparence : ils se combinent à merveilles pour subordonner les femmes.  En effet, les argumentaires antiféministes puisent dans ces trois modèles simultanément, sans égard à aucune logique.

L’antiféminisme propose deux normes en ce qui concerne les droits et les responsabilités, deux normes déterminées par le sexe. Le féminisme au contraire soutient qu’il existe un seul critère unique de liberté humaine et un seul critère de dignité humaine. S’il refuse de se fonder sur un principe de dignité universel, le féminisme se transforme en son pire ennemi : l’antiféminisme

La libération des femmes ne se fera qu’en démantelant le système de classe de sexe. Pour cela il faut prendre acte de ce système et ne pas faire comme s’il n’existait pas. Les femmes doivent avoir conscience de leur situation pour pouvoir la changer. Les antiféministes considèrent femmes et hommes comme ayant déjà atteint l’égalité, et prétendent que l’on doit éviter toute analyse sexuée des phénomènes sociaux dans l’état actuel des choses. Ils prétendent qu’on victimise les femmes quand on analyse le système de classe de femmes, et qu’on les dégrade.

Deux éléments structurent ainsi le féminisme :

  • affronter le système de classes de sexe
  • l’exigence d’un critère unique de dignité humaine

Les femmes constituent une classe et partagent une condition commune. Cela signifie que le sort de chaque femme est lié au sort de l’ensemble des femmes. Cette condition commune est celle d’être subordonnée aux hommes.

Quatre crimes balisent cette condition :

  • le viol
  • la violence conjugale
  • l’exploitation économique
  • l’exploitation reproductive

Le cercle de ces crime définit la condition des femmes.

mur de la prostitution

Dworkin compare la prostitution à un mur qui enferme les femmes dans leur condition…

Au cœur de la condition des femmes se trouve la pornographie, l’idéologie qui définit ce que sont les femmes. C’est la justification des crimes. La prostitution est le mur de cette condition, qui les enferme dans leur classe de sexe. La pornographie et la prostitution servent à signifier que les femmes méritent les crimes qui définissent leur condition et qu’elles subissent.

Dworkin en déduit :

Pour les féministes, le sens de cette description de la subordination des femmes, de la façon dont elles y sont maintenues et dont elle leur est appliquée systématiquement, est très simple : nous devons briser ce cercle, abattre ce mur, annihiler le cœur de ce système. Pour les antiféministes, le message est également simple : tout ce qui renforce ou nourrit n’importe quel aspect de ce modèle est d’une grande utilité pratique pour maintenir les femmes en état de subordination.

L’antiféminisme sévit également lorsqu’il propose de sacrifier un groupe particulier de femmes (généralement pauvres, noires,

coeur

…et la pornographie, au cœur de cette condition.

etc.). C’est une promesse politique qui est faite – et tenue : certaines femmes s’acquitteront des pires tâches et les autres n’auront pas à le faire. C’est une stratégie qui séduit certaines femmes prêtes à sacrifier d’autres femmes aux bordels et aux fermes, pour se protéger. Dworkin rappelle qu’il n’existe qu’une seule protection pour n’importe quelle femme : la liberté de toutes les femmes.

Les femmes de droite croient que le monde actuel ne peut pas être changé. Leur point de vue est alors assez logique. Elles pensent que :

  • le mariage va les protéger du viol et de la violence conjugale
  • le statut de femme au foyer va les protéger de l’exploitation économique
  • le reproduction va leur apporter de la valeur – même si cela les rend plus vulnérables à l’exploitation reproductive

Mais leur raisonnement est faux, car il y a quelque chose qu’elles ignorent : le foyer est l’endroit le plus dangereux pour les femmes.  Une information qu’elles n’ont pas, à cause du silence des mères – et de la société – sur la violence des conjoints et des pères.

Par ailleurs, les femmes de droites voient les féministes comme des femmes, c’est-à-dire des êtres pornographiés et captifs. Elles ressentent de la répulsion et préfèrent miser sur des personnes de pouvoir. De plus les féministes peuvent leur être nuisibles car elles ruinent les marchés qu’elles cherchent à conclure avec le pouvoir masculin.

Une fois que l’on a compris l’ampleur du pouvoir masculin, il y a deux stratégies :

  • tenter de le détruire, comme le proposent les féministes
  • s’y plier, comme le proposent les femmes de droite

Y a t-il un moyen de détruire ce système ? Dworkin finit son livre sur ces réflexions :

Faudra-t-il cent poings, mille poings, un million de poings lancés contre le cercle de crimes sexuels pour le détruire, ou les femmes de droite ont-elles essentiellement raison de le croire indestructible ? Le mur de la prostitution peut-il être escaladé ? Peut-on faire obstacle à ce qui constitue le cœur de l’oppression de sexe : l’utilisation des femmes comme pornographie, la pornographie comme étant ce que les femmes sont ? Si l’antiféminisme triomphe du mouvement de libération des femmes – maintenant, encore, toujours –, il faut admettre que quiconque possède le pouvoir politique ou représente l’ordre social ou impose son autorité tient les femmes pour de bon – quel que soit le nom que l’on ou qu’il donne à sa ligne politique ; la droite, au sens large, tient les femmes pour de bon. Le statisme et la cruauté auront triomphé de la liberté. La liberté des femmes face à l’oppression de sexe a de l’importance ou elle n’en a pas ; soit elle est essentielle, soit elle ne l’est pas. Décidez une fois de plus.

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67 réflexions sur “Les femmes de droite, par Andrea Dworkin

  1. Pingback: Revue de presse d’indispensables « A dire d'elles

  2. J’espère que ce sont les thèses de Dworkin et non les vôtres.. parce qu’il y a un certain nombre d’affirmations qui me semblent sujettes à caution. J’aimerais vraiment avoir le détail de ce qu’il appelle la « dégradation de l’image des personnes âgées par ex. sachant que, en France, le revenu moyen des retraités est désormais supérieur à celui des actifs… (c’est une moyenne, avec les précautions habituelles). Et que le XXème siècle est principalement marqué par la façon dont on a tiré les vieux hors de la misère.
    De la même façon, sur l’IVG, je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu parler d’une opposition à la loi Veil de la part du PS à l’époque.

    A moins bien sûr que tout ceci ne soit applicable qu’aux USA, dont je ne connais pas l’histoire politique autant qu’il le faudrait.

    • Je pense que vous seriez très étonnés de savoir comment on traite les vieux (et donc surtout les vieilles, plus nombreuses) aujourd’hui dans les maisons de retraite. Du moins dans celles où se concentrent les vieux les plus pauvres et/ou celles où les investisseurs font le plus de profit.

      Parmi les pratiques ordinaires, mettre les vieux nus ou quasi-nus en file dans les couloirs pour la douche (ça va plus vite que d’aller les chercher un à un dans leurs chambres).

      Mixer tous les aliments ensemble et leur faire avaler cette bouillie immonde (pour ceux qui ne peuvent pas mâcher).

      Les laisser couchés toute la journée, parce qu’il n’y a pas assez d’aide-soignantes pour les mettre dans leurs fauteuils.

      Les bousculer, pousser, invectiver pour qu’ils aillent plus vite.

      Les infantiliser totalement en les faisant participer à des « activités culturelles » pour maternelles.

      Leur donner plus de médicaments que nécessaire. C’est bon pour les labos, et la famille ne se rend pas toujours compte.

      Leur prendre tous leurs sous (leur retraite, le fruit de la vente de leur maison, le salaire du conjoint…) pour soi-disant bien s’occuper d’eux dans ces mouroirs.

      Il vous en faut plus ?

  3. Je crois que je suis une femme de droite telle que la décrit Drowkin 😄

    Sérieusement, des fois je me reprends moi-même « Non, ne pas sortir le soir ne te protégera pas des violences sexuelles » (j’en suis encore là parfois, à opiner du bonnet devant un argumentaire sexiste avant de me dire « attend un peu, c’est agréable à entendre parce que c’est simpliste et que ça te sécurise, mais c’est faux »)

    Ce texte est méga méga déprimant. Et en plus j’arrive pas à être contre ses arguments. Tu viens de me flinguer ma soirée…

    PS : L’épisode des anges m’a toujours fait gerber. Lot était pas sensé être un pourri et sa proposition est simplement abjecte… Et j’aime pas gerber quand je lis la bible. C’est complètement hors sujet, mais je suis mormone et il y a quelques passages (très rares dans l’ancien testament) qui ont été réécrits, c’est souvent sur des pinaillages du genre ce n’est pas Dieu qui tente Pharaon quand il résiste à la demande de Moïse tel que le suggère telle phrase… Et ce passage là est réécrit, j’étais tellement tellement contente de le lire (parce que ça me pourrissait qu’un type qu’on nous présente comme bien fasse un truc aussi répugnant). Ça ne change rien au fait que les visiteurs demandent à violer les deux anges. Par contre la réponse de Lot est carrément moins trash. Il invoque la virginité de ses filles pour les supplier de ne pas les violer autant qu’il veut éviter qu’on ne viole ses deux hôtes. C’était un total hors sujet, mais comme c’est la première fois que j’entends qqun d’autre que moi évoquer cette histoire bizarre, j’avais envie de raconter mon expérience 🙂 Par contre même dans la version normale Dworkin se trompe en évoquant cette histoire pour défendre une tolérance de l’homosexualité : C’est en punition que les hommes de Sodome demandent à coucher avec les anges, leur attitude est hostile (toute la ville encercle la maison… un beau viol collectif, c’est magnifique) et les anges les rendent aveugles pour cela. Et le lendemain la ville est cramée. Donc oui, c’était normal à Sodome, par contre, c’est pas vraiment dit comme étant normal par le narrateur… C’est même une condamnation : regardez ces pourris qui étaient même prêt à violer des envoyés de Dieu, bien mal leur en a pris.

    En revanche il y a une très belle lecture à faire dans le nouveau testament qui montrerait que Jésus (lui-même, on peut pas faire mieux) aurait dit que l’homosexualité est une chose acquise dès avant la naissance. D’ailleurs c’est très marrant parce que c’est au détour d’une phrase qui a pas le moindre intérêt dans la doctrine, genre vérité générale (si tu as envie de chercher, c’est le passage qui parle des eunuques dès le ventre de leur mère… C’est mentionné dans l’article wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/Eunuque)

    • Coucou 🙂

      Ahah le but n’était pas de te faire déprimer ^^ Mais c’est vrai que le bouquin décrit un tableau assez sombre de la situation (espérons qu’elle se trompe à propos du gynocide !)

      Sérieusement, des fois je me reprends moi-même « Non, ne pas sortir le soir ne te protégera pas des violences sexuelles » (j’en suis encore là parfois, à opiner du bonnet devant un argumentaire sexiste avant de me dire « attend un peu, c’est agréable à entendre parce que c’est simpliste et que ça te sécurise, mais c’est faux »)

      Dans ce cas, on est toutes des femmes de droite, car on a quasiment toute peur la nuit (peur souvent irrationnelle)… On a tendance à oublier que le plus grand risque se trouve à l’intérieur, pas à l’extérieur.

      Pour l’histoire de Lot, je ne pense pas que Dworkin estime que ce qui est arrivé aux deux anges est normal et acceptable. En fait elle donne cet exemple pour montrer que dans l’Ancien Testament ce n’est pas l’homosexualité en soi qui est condamné, mais les violences sexuelles envers les hommes.

      Par contre je ne connaissais pas cette histoire de Jésus et des eunuques dans le ventre de leur mère –> je vais lire ça !

    • Sorcièredulogis écrit: « Par contre la réponse de Lot est carrément moins trash. Il invoque la virginité de ses filles pour les supplier de ne pas les violer autant qu’il veut éviter qu’on ne viole ses deux hôtes. » Je crois qu’au contraire, il offre ses deux filles àa la populace qui veut agresser les anges en vantant leur virginité pour attester de leur valeur. Voici la citation exacte de la Bible, reprise par Dworkin: « Voici, j’ai deux filles, qui n’ont pas connu d’homme ; laissez-moi, je vous prie, vous les amener, et vous leur ferez ce qui est bon à vos yeux ; seulement ne faites rien à ces hommes, car c’est pourquoi ils sont venus à l’ombre de mon toit. (Genèse 19:4-8) »

      • Oui, la version originale, c’est celle que tu cites, celle dont je parle, c’est une traduction alternative mormone qui est bien différente (et enlève rien à Dworkin, elle a aucune raison de citer la version mormone XD, c’est juste que c’était une histoire qui m’avait marquée et que dans ma religion on en a une lecture différente)

  4. Javi: « …J’aimerais vraiment avoir le détail de ce qu’il appelle la « dégradation de l’image des personnes âgées… »
    D’abord, c’est *elle* et pas « il ». Ensuite, c’est non de l' »image des personnes âgées » ou du « revenu moyen des retraités » qu’il s’agit dans ce chapitre, mais du « statut social des femmes àgées » aux États-Unis, le pays de l’auteure. Et ce au moment où ce livre a été écrit, soit le début des années 1980.
    La situation économique des femmes âgées en France est-elle bien meilleure aujourd’hui, surtout depuis l’effondrement des taux d’intérêt?

    • Comme dit dans mon commentaire, la réponse est plutôt « oui »: en France, les retraités sont plutôt plus riches que les actifs -avec toutes les restrictions que peut apporter le fait d’avoir des moyennes-.

      Les taux d’intérêts faibles donnent un avantage aux gens qui ont du capital, contre ceux qui n’en ont pas, car ils génèrent de l’inflation sur, typiquement, le logement. or les personnes âgées sont plus souvent propriétaires de leur logement que les actifs (pour des raisons évidentes: on naît rarement avec une maison attachée au bout du cordon ombilical)

      On peut reprendre l’analyse avec le partage travail/capital: il avantage en ce moment les actionnaires (contre les salariés); or on est plutôt salarié en début de carrière (donc jeune) et on a plus de chance d’avoir des actions (ie une assurance vie ou un plan d’épargne complémentaire quand on est âgé.

      Je suis donc surpris si ce diagnostic s’applique à la France. Vous me dites qu’il s’agit des USA, j’en prend acte, et pense qu’il s’agit d’un élément très important de l’analyse qui pourrait conduire à des généralisations abusives.

      • Votre catégorie des retraitÉs fait disparaître la condition des femmes, défavorisées en regard de leurs homologes masculins, plus souvent pourvus qu’elles d’actifs mobiliers et immobiliers et de pensions liées à un emploi salarié. Reparlons-en quand vous aurez des données désagrégeant les femmes des hommes, vouez-vous?

  5. J’ai souvent remarqué des femmes de « droite » mais je comprends leur réticence. Accepter le féminisme c’est le risque qu’on puisse remettre en cause leur statut (être mère et au foyer ne suffirait plus), c’est porter le poids psychologique des obligations « masculines » en plus des obligations « féminines » sans avoir accès encore aux droits « masculins ». La transition est difficile, on doit faire plus d’efforts alors que nos efforts ne sont pas récompensés, je comprends celles qui lâchent. On subit une pression plus grande au boulot, on est moins bien payé, les carrières ne seront pas les mêmes, alors certaines se disent « merde si je joue la carte « traditionnelle » au moins je paraitrai « légitime », je n’aurai pas à justifier ma place constamment, je n’aurai pas à être extraordinaire ».

    • C’ets ce que leur promet la droite. Mais Dworkin a étudié assez attentivement la situation de toutes les femmes pour nous permettre de dépasser une lecture purement idéologique qui les « comprendrait », sans plus. Elle démontre que céder aux pressions, abdiquer face à la misogynie ambiante ne leur sauve pas la vie: la famille nucléaire ou le bordel où elles se laissent enfermées ne les protège que de l’espoir de renverser le smurs de ces prisons: c’est, dit-elle « un suicide ». Celle de leur intelligence, étouffée par le patriarcat.

  6. Pingback: Les femmes de droite, par Andrea Dworkin | Liberté de genre, égalité des sexes et solidarité pour tous | Scoop.it

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  8. Il me semble qu’une difficulté du féminisme aujourd’hui c’est de ne pas arriver à proposer un développement économique de la société qui conviennent aux femmes. D’être toujours sur la défensive (défense du droit à l’ivg, à la contraception, etc.), jamais sur l’offensive. Quels sont les nouveaux droits que nous revendiquons ?

    Oui, il vaut mieux être indépendantes que dépendantes. Mais à quoi bon se faire employer et exploiter sur le marché du travail pour ensuite engraisser les vendeurs de plats surgelés, les fabricants de voiture, etc. ? Seront-nous vraiment plus indépendantes ? La solution serait alors de monter dans la société, et on nous présentes des cheffes d’entreprise qui ont « réussi ». Où est la réussite quant il s’agit d’exploiter à son tour d’autres gens (sans cesser d’ailleurs d’être soi-même exploitée) ?

    Deux propositions, principalement formulées par des hommes, trouvent mon approbation, notamment parce qu’elles donneraient plus de droits aux femmes, sur les plans politiques et économiques.

    Le tirage au sort en politique, surtout dans le processus constituant (défendu par Étienne Chouard). Le tirage au sort garantit la représentativité des femmes – et des femmes pauvres ! – bien mieux que la parité. Entre autre on ne pourra pas dire « oui, mais elle ne doit sa place qu’à son sexe ».

    Le salaire à vie, de Bernard Friot. Il s’agit d’instituer pour tous une qualification donnant droit à un salaire. Les femmes n’auront plus à se soumettre à leur mari ou à leur patron pour pouvoir vivre. Mieux, elles pourront assumer leurs propres projets au travail, sans attendre la validation des hommes.

    Je suis consciente que ces deux mesures ne mettront pas fin au patriarcat. Mais elles devraient nous donner le pouvoir d’avancer, pas seulement de ne pas reculer.

    • Merci Lucie de ton commentaire.

      Je ne suis pas sûre que les féministes ne proposent aucun développement économique de la société (mais j’admets, pour mon cas, que l’économie n’est pas forcément ma tasse de thé). Je pense que l’immense majorité refuse le capitalisme, et pas mal d’entre elles sont anarchistes ou communistes. Beaucoup sont pour l’abolition du salariat.

      J’en connais aussi pas mal qui sont pour le salaire minimum pour tou-te-s (dont moi !)

      • Je crois que l’impression dont témoigne Lucie est créée par les médias qui ignorent les propositions constructives du mouvement des femmes pour ne parler que des sujets à saveur sensationnaliste, ceux qui ont rapport à la violence sexiste entre autres – et ça c’est quand ils daignent représenter les enjeux féministes, ce qu’ils font toujours à travers leurs propres filtres et préjugés.
        Pourtant, qu’il s’agisse de réformer les processus politiques pour y assurer une meilleure représentation des femmes, mieux aménager la ville pour y garantir des services de proximité et une sécurité accrue, ou créer un revenu décent accessible à tous et à toutes au-delà des heurts et horreurs du capitalisme, des femmes n’ont jamais cessé de formuler des propositions. Par exemple, celle-ci d’un revenu acceptable garanti, par un collectif de féministes canadiennes actives contre les agressions sexuelles: http://www.casac.ca/content/la-d%C3%A9claration-de-pictou
        Inutile de préciser que les médias n’y ont fait aucun écho…

  9. A croire que vous même vous avez un den contre la femme. même l’auteur d’ailleurs. a croire qu’elle a été battu toute son enfance par sa mère, y’a qu’a voir son phisyque pour comprendre a croire que ça lui a laisser des séquelles ou une faille quelque part .auqu’un respect pour la femme sens elle tu ne serais pas et sens son fameux sexe que vous avez tant souillées a torre et à travers vous ne serriez pas la entérinant de la critiqué

    • Dworkin a eu une enfance heureuse. Elle a connu des violences de la part de partenaires masculins – comme bien des femmes – mais ses écrits témoignent surtout de ce qu’ont écrit beaucoup d’autres femmes sur leur vie – une des richesses de « Les femmes de droite » est la diversité des auteures dont elle cite des textes et des anecdotes de vie. Elle parle surtout beaucoup des pouvoirs, des institutions auxquelles se heurtent les femmes quand elles tentent de faire valoir leurs ressources – et ces témoignages m’ont semblé fondés. N’auriez-vous pas un peu tendance à tirer sur la pianiste, à vous en prendre à la porteuse de mauvaises nouvelles au sujet de la façon dont tant de femmes sont traitées?

    • Si je partage l’avis concernant le côté acharnement, que j’ai bien perçu aussi, je trouve que les ad hominem, c’est très bas. Et si, simplette, tu tentais de construire une réelle critique ? Le texte ne manque pas d’angles d’attaques, notamment par exemple sur la responsabilisation de l’État concernant la situation économique des femmes (point qui n’a aucun sens économiquement parlant, et qui est absurde sur le plan historique), de manière plus générale dès qu’il est question d’économie d’ailleurs… Ou sur le gynocide : sauf argumentaire capilotracté, où est la moindre piste, le moindre indice que cela va réellement se passer ? Cela me rappelle des arguments taillés exactement sur le même modèle, mais dans une optique de discrimination, que diffuse le Front National… Mais là, j’ai le « tort » de rapprocher deux cultures bien différentes. Comme si indirectement l’un des buts de l’auteure était, comme nos frontistes, d’entretenir la peur, à vue, comme nos frontistes, de manipulation politique.

      • Le gynocide existe bel et bien ! Dans de nombreux pays, en particulier en Inde ou en Chine, les avortements sélectifs de fœtus féminins, sans parler des infanticides de bébés filles, sont tellement courants que la proportion hommes/femmes en Inde atteint aujourd’hui 120/100 alors que la proportion naturelle est proche de 100/100. Oui, le gynocide est en marche, ce n’est malheureusement pas une vision de l’esprit !
        On pourrait naïvement se dire que si les femmes deviennent rares, elles devraient alors avoir plus de valeur et être d’avantage respectées. C’est en réalité tout le contraire qui se produit : les femmes n’ont jamais été aussi sauvagement traitées en Inde qu’aujourd’hui (les viols en réunion sont extrêmement courants, forcément, les « pauvres » hommes n’ont plus que ce moyen pour baiser). Alors, oui, les femmes ont raison d’avoir peur ce ce système patriarcal qui les mène à leur mort.

  10. Cela fait vraiment peur dans le fond, parce que si ses prédictions sont correctes, ça risque d’être grandement difficile de s’en sortir… en particulier si les violences sont banalisées…

    • Les violences sont effectivement banalisées et personne ne nie que ce soit difficile d’en sortir. Par contre, ce sera carrément impossible si l’on ne comprend pas le pourquoi de ces violences machistes. En décrivant sans ambages l’ancrage de la misogynie dans notre culture, Dworkin nous donne les moyens de réagir… si nous le voulons suffisamment, au-delà des promesses lénifiantes de la droite.

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  12. A propos de gynocide annoncé, je nuancerai sur deux axes….
    – Peut-être vaut-il mieux plutôt « féminicide », etymologiquement mieux vaut le tout-latin que l’inélégant mix grecolatin – et d’autant que la résonnance d’impunité que lui donne Marcela Lagard m’agrée tout à fait
    – Mais aussi bien plus qu’annoncé, constant, récurrent et polymorphe

    Plutôt donc je proposerais à Andréa, « Féminicide fécond », n’ayons peur, ni de la subversion, ni de la dérision… ;o)
    ou « De la constance du féminicide », ou « Fidèle féminicide », ou « Féminicide inébranlable » ?
    http://susaufeminicides.blogspot.fr/2012/01/definitions-feminicides.html

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  14. Pingback: Dworkin et sexualité : d’où vient le malaise ? | A dire d'elles

  15. Excellent article qui me permet d’en apprendre plus sur A Dworkin dont je n’ai entendu parlé que depuis quelques semaines. Ses idées m’ont d’abord un peu « déprimées » au départ et encore je n’avais pas encore lu un résumé aussi complet que celui-ci ! J’avais de toute façon déjà une culture féministe, et j’ai bien peur que le caractère radicale mais nécessaire de sa pensée nécessite quand même a minima une large ouverture d’esprit, ou sinon de solides connaissances en matière de luttes féministes.
    Bref, après cette première lecture sur ce livre, j’ai eu envie de creuser le sujet, de connaitre différentes critiques et point de vue sur son œuvre, en attendant d’avoir le temps de la lire. J’ai eu l’occasion d’y repenser de nombreuses fois et je trouve son argumentaire imparable sur bien des points, notamment le modèle de la ferme et celui du bordel dont les illustrations sont très nombreuses. Je pense notamment à la répudiation du modèle âgée/usagée de la femme-mère pour un modèle plus jeune et à la prolifération de la prostitution ces dernières années, sur fond d’une large tolérance des services publics (pour ma part, je suis abolitionniste.) Je ne connais pas le traitement réservé aux femmes âgées aux USA, mais celui réservées aux vieilles femmes en France n’est guère reluisant (j’ai travaillé pendant 7 ans en maison de retraite et force est de reconnaître que c’est une lutte quotidienne pour maintenir une prise en charge de qualité sous la pression constante de la rentabilité.) Prendre soin de façon respectueuse des femmes âgées n’est guère une priorité de santé publique en France et leur sentiment d’inutilité sociale est très fort et largement répandu dans cette population.
    Nous vivons dans un modèle de société où les violences faites aux femmes sont banalisées. A titre d’exemple, rappelons nous la diffusion de viols collectifs perpétrés sur des jeunes femmes en Amérique du Nord, via internet et les réseaux sociaux. Pire encore que l’humiliation des victimes, le traitement qui leur a été réservé par leurs camarades de Lycée et Collège (harcèlement, dénigrement permanent, insultes…) est particulièrement odieux et significatifs d’une culture du viol dans nos sociétés.
    Même si la perspective d’un fémicide ou gynécide peut paraitre pour certain(e)s tirés par les cheveux, j’estime que c’est une possibilité assez crédible au regard des viols et meurtres en Inde, de la diminution du nombre femmes dans cette même région, de la banalisation du viol dans nos sociétés dites modernes, du développement constant de la gestation pour autrui et j’en passe.
    La lucidité de Dworkin nous rappelle que les luttes féministes sont plus que jamais une urgence. Le féminisme doit passer à l’offensive et j’estime que le développement des sources d’informations alternatives dont notamment ce vivier qu’est la blogosphère, mais aussi certaines parutions (« Causette », « les nouvelles news »…) sont des encouragements à continuer la lutte. On ne peut évidemment s’appuyer en France sur les médias traditionnels pour accéder à des informations de qualité car leur conformisme crève les yeux

    • Merci Celinou de ton commentaire et de tes analyses !

      Oui, je pense aussi qu’il ne faut pas compter sur les médias traditionnels… Internet est un peu notre seul moyen d’information !

  16. Merci pour cette très bonne recension !

    pour répondre à une des inquiétudes dans les commentaires, et un des espoirs : « Espérons que ce qu’elle dit du gynocide n’aura pas lieu » …
    A.D. :
    « Et se produira un nouveau genre d’Holocauste, aussi inimaginable aujourd’hui que ne l’était la version nazie avant son avènement ; une chose dont personne ne croit « l’humanité » capable. La technologie reproductive déjà ou bientôt disponible, liée à des programmes racistes de stérilisation imposée, offrira enfin aux hommes les moyens de créer et de contrôler le genre de femmes qu’ils veulent : le genre de femmes qu’ils ont toujours voulu. Pour paraphraser la Ninotchka d’Ernst Lubitsch justifiant les purges de Staline, il y aura moins de femmes, mais des femmes meilleures. Il y aura des domestiques, des prostituées sexuelles et des prostituées reproductives. »

    C’est déjà ce qui se passe dans des pays d’Asie, où le génocide des femmes a « moissonnés » des dizaines de millions de femmes, et réduit les survivantes aux « femmes meilleures » pour la prédation virile (réduite en esclavage domestique ou en prostitution par des rapts et une pression masculine énorme).
    http://www.feministes-radicales.org/are-women-human/crime-contre-lhumanite-ou-transition-demographique-acceleree/

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  24. J’ai adoré cet article! Il m’a beaucoup fait réfléchir, sans affirmer que je suis d’accord avec tout (il me faudrait plusieurs autres lectures), je le trouve très explicite et agréable à lire! Merci car j’ai du mal à me mettre à la lecture et que vous m’avez donné envie! Je me sens concernée

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  31. Bonsoir,
    Merci pour ce petit résumé de ce livre j’attend avec impatience de le recevoir . Je ne sais pas comment faire pour vous envoyer une photo fichier ici c’était une discussion entre deux personne l’homme a comme pseudo myso-gine il a dit dans son commentaire sur facebook « vivement l’utérus artificiel et l’ectogenèse les hommes n’auront plus besoin d’ère soumise aux femme pour faire des enfants  » wow ça glace le sang

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  34.  » il y aura moins de femmes, mais des femmes meilleures.  »

    ça me fait penser aux stérilisations forcées des femmes des minorité ethnique et culturelles…

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  37. Il y a un certain nombre d’affirmations particulièrement biaisées dans cet article :
    Par exemple : « mais pour les hommes, [le féminisme] fut une impasse – la plupart d’entre eux ne virent jamais le féminisme autrement que sous l’angle de leur privation sexuelle ; les féministes leur enlevaient la baise facile. »

    C’est plutôt le contraire qui s’est produit. La fameuse « libération sexuelle » permet de trouver une femme pour baiser sans avoir la corde au coup.

    Une des grosses conséquences du féminisme est que les femmes passent du CDI au CDD, nettement plus avantageux pour « l’empployeur »

    Prétendre que la « baise » était plus difficile avant la « libération sexuelle » est tellement ridicule que ça enlève toute crédibilité à l’auteur.

  38. De plus, je ne sais rien de l’âge de « Lebon » mais je peux l’assurer que l’accès sexuel aux femmes était plus difficile avant la pseudo-libération des années 60.
    Mais je ne perdrai pas de temps à discuter avec un imprécateur anonyme.

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  40. Pingback: Edwige a « l’esprit ouvert ». (Faut-il pardonner aux femmes misogynes?) – Gorgones philogynes

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