Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. … en vidéo !

Mon amie, Clémentine, a bien voulu réaliser une petite vidéo sur la culture du viol. J’ai écrit le scénario qui est une synthèse de deux articles de mon blog sur les les cultures enclines au viol et les cultures sans viol : les études interculturelles et le cas de la culture occidentale.

J’espère que c’est plus accessible, plus ludique, bref plus sympa que les articles, notamment pour les personnes peu touchées par ce sujet. Mais les articles permettent d’approfondir pour les curieu-x-ses.

Je remercie chaleureusement Clémentine ! Et je vous propose de partager cette vidéo si elle vous a plu !

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12 réflexions sur “Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. … en vidéo !

  1. Clair, précis et, je l’espère, à même de faire réfléchir certains (et aussi certaines) sur une plaie importante de notre société. La culture du viol est d’autant plus présente qu’elle a été totalement intégrée par notre système de consommation au point d’être banalisée et « recevable ». Des publicitaires jusqu’aux politiques (cf l’affaire DSK et les réactions et commentaires de l’entourage politique de ce dernier avant même de connaître les faits reprochés à l’ancien Ministre). J’espère que cette vidéo intelligente fera réfléchir. Merci à vous et bravo à Clémentine qui a su illustrer ce constat avec talent et finesse.

  2. J’ai trouvé l’idée de cette vidéo géniale et je suis admirative du travail que tu as accompli. Ne sachant pas faire de vidéos, je suis consciente de ne pas trop avoir à ouvrir mon clapet. Critiquer les gens qui ont bossé dur pour faire un truc alors qu’on n’a pas accompli le même travail, ça peut être mal pris et d’avance toutes mes excuses pour ce que je vais dire.

    Mais j’ai regardé la vidéo… Et je n’ai rien compris. Je l’ai montrée à des copines, elles n’ont rien compris. Plein de mots compliqués. Société matrilinéaire. Règles patriarcales. Etc.

    Tu détiens un savoir précieux. Tu as les mots, les clés de compréhension, tu sais analyser les mécaniques à l’oeuvre, les systèmes d’oppression… S’il te plaît, mets ce savoir dont nous avons un besoin vital au niveau des gens qui ne l’ont pas. Explique vraiment, s’il te plaît, vulgarise pour nous, permets-nous de comprendre ce qu’est la culture du viol.

    Parfois on écrit pour sa communauté, son groupe de gens qui manient les mêmes concepts, avec la même aisance. Là, on jargonne, c’est un peu logique 🙂 Mais si on veut s’adresser à tout le monde, c’est plus compliqué parce qu’on doit désapprendre ça. Renoncer à certains mots compliqués pour en utiliser d’autres, accessibles à toutes et tous.

    • Merci pour le commentaire.

      C’est des critiques, mais elles sont constructives. Et je pense que je n’ai pas réalisé que certains mots étaient compliqués… :/

      J’ai prévu d’autres vidéos de vulgarisation… Je ferai attention à éviter d’utiliser un jargon.

  3. Merci pour ce vidéo! C’est limpide et accessible, alors je partage autour de moi. 😉
    J’ai déjà sensibiliser mon conjoint à cette cause, et lui-même a déjà fait comprendre à un de ses collègues de travail que non, il n’y a pas de femmes qui aiment se faire violer…
    J’espère que ce genre de vidéo sensibilisera plus de gens. 😉

  4. La vidéo est sympa (en tant que contenant, le thème n’est pas sympa lui, bref…), mais trop courte (ou trop technique, au choix). Du coup, j’ai un peu de mal avec le concept du viol « socialement accepté » dans notre culture. En y réfléchissant, je ne vois pas un cas où j’aurais entendu quelqu’un glorifier ou excuser le viol d’une manière ou d’une autre. Je ne nie pas que cela doit se trouver, ne serait-ce que par les violeurs eux-mêmes, mais de la là à dire que c’est accepté par la société, il y a quand même de la marge.
    Je suppose qu’un élément doit m’échapper, mais je ne vois pas quoi (normal, il m’échappe ^^). Si quelqu’un pouvait éclairer ma lanterne.

    • Bonjour Bob et merci du commentaire !

      Vous avez raison, je n’ai peut-être pas été assez claire je n’ai pas assez détaillé.
      En effet, a priori, on pourrait penser que le viol n’est pas toléré dans notre société. En réalité, ce n’est pas tellement le cas. L’image « classique » du viol est celui d’un inconnu qui agresse une femme dans un parking, la nuit et avec une arme. Dans la réalité, la plupart des viols ont lieu sans arme et sans violence physique (la victime est souvent sidérée par la peur, s’immobilise et ne se débat pas) et l’agresseur est connu de la victime : il s’agit souvent de son compagnon ou d’un ami à elle. Ces viols qui sortent du schéma nuit-couteau-parking-inconnu sont souvent perçus comme des non viols : beaucoup de gens ne conçoivent pas par exemple qu’il puisse exister des viols entre conjoint-e-s, ou bien qu’on puisse avoir été violée si on ne s’est pas débattue. Du coup, beaucoup de viols ne sont pas perçus comme tels et sont donc « excusés ».

      Un des principaux facteurs pour excuser les viols sont les mythes sur le viol. J’ai écrit plusieurs articles à ce sujet et j’ai l’intention de proposer une vidéo là-dessus également. Des mythes sur le viol, c’est « un homme ça a des besoins, il n’a pas pu résister », « elle ne s’est pas débattue, ça ne peut pas être un viol », « beaucoup de femmes mentent après un coup d’un soir qu’elles ont regrettées », « si elle est venu chez lui, c’est qu’elle était consentante », etc. Ces mythes permettent de deresponsabiliser les violeurs. Ce n’est jamais de la faute de ces derniers : soit, il n’a pas pu se contrôler, le pauvre, soit ce n’est pas un viol, la femme ment. Et pour le coup, je trouve qu’on en lit/entend vraiment beaucoup. Je vous conseille de lire par exemple les articles de presse consacrés aux violences sexuelles : c’est édifiant, quand on fait attention.

      Enfin, une autre preuve que les viols sont minimisés ou banalisés : c’est les peines de prison auxquels sont condamnés les violeurs. Je ne suis pas particulièrement pro-prison (au contraire), mais les faibles peines dont écopent les violeurs témoignent du fait qu’un viol, c’est considéré comme pas très grave par notre société. Déjà, la plupart des viols sont correctionnalisés, c’est-à-dire que quand une victime vient porter plainte pour viol, dans la majorité des cas, les faits sont requalifiés en « simple » agression sexuelle (pas de pénétration). Alors que le viol est un crime, l’agression sexuelle est un délit. La plupart des viols sont donc jugés en correctionnelle, et non aux assises comme il le faudrait : les peines de prison qui en résultent sont beaucoup plus faibles. Notons que très peu de violeurs sont condamnés quand ils sont jugés (je n’ai plus de chiffres en tête) (et très peu de victimes portent plainte, et très peu de plainte aboutissent à un jugement…). Je vous conseille vraiment de lire régulièrement la presse à ce sujet : les rares violeurs condamnés le sont à des peines ridicules : du sursis ou 6 mois-1 an de prison. Même les condamnations pour viols sur mineurs sont de cet acabit, c’est impressionnant.

      J’espère avoir répondu à votre question !

      • Merci de votre réponse complète, ça me semble déjà plus clair. Si je tente de résumer au maximum (corrigez-moi si je me trompe), c’est que la société, en tant qu’entité indivisible, minimise la portée du viol ainsi que sa punition et de ce fait l’accepte / le tolère (au contraire des individus qui, majoritairement, le rejettent).

        Pour le coup, j’ai lu vos articles sur les mythes autour du viol et je trouve les chiffres un peu délirants (sans les remettre en cause, « délirants » dans le sens où ils me paraissent énormes). Je n’aurais jamais imaginé que grosso-modo un tiers des gens puissent penser que les « pulsions » ou la longueur de la jupe puissent être des excuses recevables.

        • Si je tente de résumer au maximum (corrigez-moi si je me trompe), c’est que la société, en tant qu’entité indivisible, minimise la portée du viol ainsi que sa punition et de ce fait l’accepte / le tolère (au contraire des individus qui, majoritairement, le rejettent).

          Arf, non ce n’est pas vraiment ce que j’ai voulu dire 😉

          Je pense que la société minimise les violences sexuelles mais… les individus aussi. La société n’est pas une entité abstraite : elle est constituée de personnes. Peut-être que vous ne vous rendez pas compte de à quel point les gens minimisent les violences sexuelles, mais je vous invite alors à en discuter avec vos ami-e-s ou vos collègues… ou à lire les articles de presse sur internet. Un tiers, c’est beaucoup, mais personnellement ça ne me surprend pas. Récemment encore, une personne pourtant intelligente m’a sorti : « Ouais, enfin bon, elle n’avait qu’à pas faire d’auto-stop ». Même si elle n’excuse pas explicitement le violeur, elle le fait en blâmant la victime. C’est quelque chose de « classique » dans une culture du viol : on va s’attarder sur le comportement de la victime, sur ce qu’elle aurait dû faire ou ne pas faire pour ne pas être violée. On s’attarde beaucoup moins sur le comportement des agresseurs… ou alors pour l’excuser, en évoquant des pulsions incontrôlables.

          Si j’ai insisté sur les termes de société et de culture, c’est pour indiquer que la prégnance des viols n’est pas dû à un fait biologique (mais culturel) et que c’est un fait de grande échelle… Ce n’était pas pour déresponsabiliser les individus, qui sont le support de cette culture du viol (en véhiculant et en adhérant à ces idées).

  5. Pour ma part, je trouve la vidéo bien trop courte et simpliste.
    J’ai beau avoir vu la vidéo plusieurs fois, on ne comprend pas le message, brouillé par un mélange d’infos contradictoires.
    La vidéo tend à nous dire qu’il y a deux types de sociétés, celles qui ont la culture du viol et les autres. Et les exemples d’en rajouter une couche en montrant que ce genre de culture existe dans des sociétés tribales, bien loin du modèle de société moderne.
    Le dernier exemple (la fille qui traite l’autre) pris en tant que tel est extrême et méritait un traitement plus subtil. Présenté ainsi, ça donne l’impression de facilité en prenant un exemple cliché.

    Je suis tout à fait d’accord pour faire des vidéos accessibles mais cela ne signifie pas qu’elles doivent simplistes et clichées (infantilisantes). Le lecteur a quand même un minimum de cervelle.

    • Vous n’expliquez pas en quoi les informations sont contradictoires. Et non, ce n’est pas un cliché : un certain nombre de gens pensent et disent qu’une femme qui porte une jupe courte risque d’être violée.

  6. Pingback: Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol… | Midi-Pyrénées

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