Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. L’expression de la colère

Partie 1 : l’occupation de l’espace
Partie 2 : le temps de parole et le choix des sujets de conversation
Partie 3 : l’expression de la colère

colère

Vajrapani, un bodhisattva

Nous avons vu que prendre de la place dans l’espace, et contrôler la conversation, étaient deux façons d’affirmer son statut social. Or, ces comportements sont considérés comme inappropriés pour les femmes. Nous allons maintenant voir comment une autre marque de la domination – l’expression de la colère – est déniée aux femmes.

Colère et pouvoir

La colère est une émotion, fortement inconfortable, qui répond à la perception d’une offense ou d’une négligence1. Elle permet de mobiliser des ressources afin de rétablir son intégrité physique et psychique. C’est une émotion sociale, car elle est le plus fréquemment dirigée vers autrui. Elle va de l’irritation à la rage.

Afficher sa colère semblerait être lié à la notion de pouvoir. En effet, pour que l’expression de la colère soit perçue comme légitime, encore faut-il que celui ou celle qui l’exprime, ait le pouvoir de régler la situation génératrice de colère2. Le lien entre colère et statut social a été confirmé par plusieurs études. Dans l’une, datant de 1997, la colère exprimée par des individus de statuts sociaux élevés a été jugée comme plus appropriée1.

Don Draper en colère

Ceux qui expriment de la colère sont perçues comme des dominants

Par ailleurs, Larissa Tiedens a également mené une série d’expérimentations à ce sujet3. L’une d’elle  a consisté à faire visionner à 76 participants une vidéo d’un politicien tenant le même discours, mais exprimant soit de la colère, soit de la tristesse, et à leur faire remplir un questionnaire. Les personnes qui avaient vu le politicien en colère avaient tendance à le considérer comme un meilleur leader politique. Une autre de ces expériences a eu lieu dans une entreprise et a montré que les personnes qui exprimaient le plus souvent de la colère étaient aussi celles qui avaient le meilleur statut social (meilleur salaire, plus de promotion et mieux estimé-e-s par le manager). Enfin, la dernière expérimentation était sur le mode de l’entretien d’embauche : des étudiants en école de commerce ont visualisé des vidéos, où un candidat disait s’être soit senti triste, soit en colère, suite à une erreur d’un des ses collègues de son ancienne entreprise. Les participants ont jugé que le candidat « colérique » méritait un salaire et une position hiérarchique plus élevés que le candidat « triste ».

D’autres expériences, basées sur des photographies de visages, ont confirmé que les personnes qui expriment de la colère sont perçues comme plus dominantes que celles qui expriment de la tristesse ou de la peur4,5.

Expression de la colère : une question de sexe ou de genre ?

Il semblerait qu’il n’y ait que peu de différences, en termes de fréquences ou d’intensité, dans le ressenti de la colère chez les hommes et les femmes6. Que l’on soit homme ou femme, on ressentirait de la colère à une fréquence de 1 à 2 fois par semaine7. Une étude de 1996 portant sur 2031 adultes indique même que les femmes ressentiraient plus fréquemment de la colère, en particulier si elles ont des enfants8. Les femmes signalent également des colères plus intenses et plus persistantes dans le temps9.

La différence principale résiderait dans l’expression de cette colère, mais les résultats des études sont plutôt contradictoires à ce sujet.

Certaines études suggèrent que les filles et les femmes expriment moins leur colère que les personnes de sexe masculin. Ainsi,  selon une enquête de 1992, les femmes avaient plus tendance à affirmer, que quand elles étaient en colère,  elles le « gardaient pour soi »10. Une étude de 2000 portant sur des enfants indique que les filles ont plus souvent tendance à ne pas exprimer leur colère11. Un autre, de 2004, portant également sur des enfants indiquent que c’est autour de l’âge de 4-5 ans, que les filles commencent à consciemment inhiber l’expression de leur colère6. Cependant,  Sharkin et Gelo n’ont pas réussi à montrer, en 1991, sur un échantillon de 150 étudiants, que les femmes étaient plus mal à l’aise avec leur colère12.

Des études montrent des différences dans la façon d’exprimer la colère. En effet,les femmes exprimeraient leur colère de

femme fâchée

Les femmes – ou du moins les personnes féminines – ont tendance à exprimer leur colère moins ouvertement

façon moins agressive que les hommes : elles parlent9,13, pleurent6, prient9, cherchent la réconciliation14 ou retournent l’agressivité contre elles-mêmes14 tandis, que les hommes ont plus tendance à utiliser des stratégies plus directes, plus extériorisés et plus violentes14, comme jeter des objets6 ou frapper14. Cette différence dans la  propension à l’agressivité physique apparaitrait à l’âge de 1 ou 2 ans, et se maintiendrait jusqu’à l’âge adulte6. Une étude de 1993 confirme que les hommes manifestent plus d’agressivité quand ils sont colère, alors que la colère des femmes s’exprime par de l’hostilité indirecte et de l’irritabilité15.

Enfin, dans certaines études, les différences entre hommes et femmes dans l’expression de la colère sont faibles, voire non significatives,  mais des différences apparaissent beaucoup plus clairement si on tient compte du genre, à savoir le « sexe sociale ». Une étude de 1992 portant uniquement sur des femmes, a montré que face à une provocation, les femmes fortement masculines étaient plus agressives que les femmes peu masculines16. Une étude de 1991 n’a détecté aucun effet significatif du sexe sur le type d’expression de la colère, alors que le lien entre identité de genre et expression de la colère était net. En effet, les personnes masculines avaient plus tendance à se mettre en colère et à l’exprimer, alors que les personnes féminines cherchaient à la contrôler et à ne pas l’exprimer17. Une autre étude de 1993 par les mêmes auteurs, et portant plus spécifiquement sur les personnalités de type A, renouvelle ces résultats15.

Ces mêmes auteurs ont approfondi le lien entre colère et genre dans une étude de 199618. Ils ont estimé à l’aide de tests 17 mesures de la colère, de l’hostilité et de l’agressivité. Pour la colère, en particulier, ils ont estimé trois tendances :

  • Colère extériorisée : la tendance à exprimer la colère envers des personnes ou des objets de l’environnement
  • Colère intériorisée : la tendance à ressentir la colère mais à ne pas l’exprimer
  • Colère contrôlée : la tendance à contrôler le ressenti et l’expression de la colère

Les auteurs ont effectué une ACP à partir de ces 17 variables. Ils ont alors pu synthétiser tous ces comportements en trois types :

  • Comportement 1 : colère extériorisée et agressive, qui inclut de l’agressivité physique.
  • Comportement 2 : forte tendance à la colère, et une colère peu contrôlée et exprimée verbalement ou indirectement.
  • Comportement 3 : colère non exprimée, suivie de ressentiment, de suspicion, d’irritabilité et d’agressivité passive.
homme en colère

Les hommes – et les personnes masculines en général – exprimeraient leur colère de façon plus ouverte et plus agressive

Les analyses statistiques indiquent que les hommes ont plus tendance à adopter le comportement 1. A part cela, le sexe biologique n’était corrélé à aucun autre comportement colérique.

Par contre, le genre était clairement une variable explicative du type de comportement. Par genre, il faut entendre « masculinité » et « féminité ». A noter que « féminité » et « masculinité » ne sont pas exclusives : une même personne peut être masculine et féminine.

Les personnes masculines adoptaient plus fréquemment le comportement de type 1 et le comportement de type 2. A l’inverse, les personnes féminines adoptaient peu les comportements de type 1, de type 2, et de manière surprenante, de type 3.

Certains de ces résultats sont confirmés par une étude de 2001 portant sur un échantillon australien7 : elle a montré que les personnes masculines privilégient les formes de colère extériorisées, et peu contrôlées. Ce sont aussi des personnes qui estiment que la colère fait partie intégrante de leur personnalité. Les personnes féminines, quant à elles, ont plutôt tendance à exercer un fort contrôle de leur colère, et à ne pas l’exprimer.

Enfin,  dans une étude de 200919, des hommes devaient lire un scénario décrivant une humiliation. On leur demandait de se mettre à la place de la personne humiliée. Ils devaient ensuite remplir un questionnaire sur leurs émotions. Une semaine plus tard, on leur en envoyait un second, auquel ils devaient aussi répondre. Les résultats montrèrent que les participants masculins et féminins ressentirent avec la même intensité de la colère juste après avoir lu le scénario. Cependant les personnes masculines indiquaient plus souvent des attentions agressives et ruminaient plus : une semaine après, ils disaient être toujours en colère et  maintenaient leurs intentions agressives.

Sociabilisation

bébé qui pleure

Les pleurs d’un bébé ne seront pas interprétés de la même manière selon qu’il soit un garçon ou une fille.

Même chez les nourrissons, les attentes en matière d’émotion ne sont pas les mêmes de la part de l’entourage. Dans une expérience très connu, datant de 197620, deux groupes de participants visionnaient  une vidéo d’un bébé en train de pleurer. L’expérimentateur disait à un groupe que le bébé était une fille, et à l’autre, un garçon. Les participants devaient ensuite se prononcer sur le pourquoi des pleurs du bébé sur la vidéo. Le groupe qui pensait qu’il s’agissait d’une fille évoquait le plus souvent la peur pour expliquer les pleurs, alors qu’à l’inverse, le groupe qui pensait qu’il s’agissait d’un garçon évoquait la colère. Cette expérience a été renouvelée en 1980 avec des participants âgés de 5 ans21, ce qui montre que même les jeunes enfants ont intégré l’idée selon laquelle la colère est une émotion masculine.

Le discours des parents à propos des émotions tend à être différent avec les filles et les garçons durant la petite enfance. En effet, les parents font plus souvent référence à la tristesse avec les filles qu’avec les garçons, tandis qu’ils évoquent plus souvent la colère avec les garçons qu’avec les filles22, 14. Ainsi, dans un travail effectué par Fivush, les mères n’utilisaient jamais le terme « en colère » quand elles créaient une histoire pour leur fille, mais l’employaient pour leur fils22.

Les adultes laissent également plus aisément les garçons exprimer leur colère que les filles9. Les mères encouragent plus activement les garçons que les filles à répondre aux provocations par la colère et la vengeance14.  Les garçons  s’attendent aussi à ce que leur mère réagisse plus chaleureusement quand ils expriment de la colère plutôt que de la tristesse14.

De plus, bien que les enfants rejettent les garçons qui sont souvent agressifs, les adultes et les enfants vont évaluer moins négativement un acte agressif isolé s’il provient d’un garçon que d’une fille14.

Tout cela peut expliquer pourquoi les hommes, ou du moins les personnes masculines, expriment plus ouvertement leur colère à l’âge adulte.

Interdiction sociale aux femmes d’exprimer la colère

La colère des femmes est souvent perçue très négativement. Un cliché habituel sur les femmes qui se mettent en colère, est que celles-ci sont des hystériques irrationnelles et des harpies23. Par exemple, des Républicains ont dit, lors des élections primaires précédentes, d’Hillary Clinton que celle-ci était trop colérique pour pouvoir être Présidente des Etats-Unis. De même, les féministes sont souvent décrites comme haineuses, agressives et hystériques : leur colère n’est pas prise au sérieux.

Suffragettes

Les suffragettes étaient déjà dépeintes comme des harpies hystériques

Des études scientifiques tendent à montrer qu’il n’est pas bien vu, pour une femme, d’exprimer sa colère. Ainsi, Lewis a montré en 200024 que les dirigeants de sexe masculin était perçus comme plus compétents quand ils employaient un ton colérique, plutôt qu’un ton neutre ou triste. A l’inverse, les dirigeantes de sexe féminin étaient perçues comme peu compétentes quand elles exprimaient de la colère. Cela a été interprété comme reflétant le plus faible statut social des femmes.

Une autre étude, datant de 200823 a répliqué des résultats de l’étude de Tiedens cité précédemment3: un candidat à un poste, de sexe masculin et exprimant un sentiment de colère, est perçu comme plus compétent, méritant un meilleur salaire et une meilleure situation dans l’entreprise, qu’un candidat exprimant de la tristesse. Les participants à l’étude considéraient aussi que son sentiment (la colère) étaient plutôt dus aux circonstances extérieures, et non à sa personnalité, par rapport au candidat « triste ». Mais les auteurs ont aussi montré, qu’à l’inverse, pour une candidate, il vaut mieux exprimer de la tristesse que de la colère, au risque d’être perçue comme peu compétente et méritant un bas salaire et une situation basse dans la hiérarchie. Par ailleurs, on considérera que, si elle exprime sa colère, cela est due à sa personnalité (« c’est une fille colérique », « elle est agressive ») et non pas aux circonstances extérieures (« la situation était difficile »). Dans une autre expérience, ils ont pu montrer, en fixant le statut social (le ou la candidat-e était soit présenté comme un assistant bas dans la hiérarchie, soit comme un ou une chef-fe de direction),  qu’une femme de haut statut social, mais exprimant de la colère, étaient considérée comme moins compétente et méritant un plus bas salaire, qu’une femme de bas statut social, mais qui employait un ton neutre. Il est à noter qu’on ne trouve pas un tel effet chez les hommes : les hommes de bas niveau social n’était pas perçu comme moins compétents quand ils étaient « colériques » plutôt que neutres. Les femmes « colérique » étaient considérée comme moins compétentes que n’importe quel homme, de bas ou haut statut social, exprimant de la colère ou employant un ton neutre. Toutes les candidates, de haut et bas statut social, étaient considérées comme « incontrôlables » quand elles exprimaient de la colère, mais pas les hommes. Ce serait, cette impression d’« incontrôlabilité » qui aurait fait que les participants à l’étude se refusaient à leur donner une bonne situation dans l’entreprise et un bon salaire. Cependant,  si on arrivait à les convaincre que la colère des femmes était légitime, alors ces dernières paraissaient moins « incontrôlables » et les effets négatifs de leur colère s’annulaient. Ces expériences montrent que, quand une femme exprime sa colère, elle est perçue comme « folle », « incontrôlable », « irrationnelle » : sa colère ne semble pas légitime, et est donc mal perçue.

Roger Sterling

Un homme sera vu comme plus dominant, et plus susceptible d’exprimer de la colère, qu’une femme

Hess, Adams, & Kleck ont également mené en 2005 une série d’expérience pour mieux comprendre le lien entre sexe, statut social et expression des émotions2. Dans une première expérimentation,  ils ont montré à des participants des photos de visages de personnes des deux sexes. Les participants devaient dire  quelles émotions la personne sur la photo était susceptible d’exprimer. Ils devaient aussi noter son niveau de dominance et de sociabilité. Résultats : les sujets ont considéré que les hommes avaient plus de chance d’exprimer de la colère, du dégoût et du mépris, et les femmes, de la peur et de la tristesse. Par ailleurs, les hommes ont aussi été notés comme plus dominants et les femmes comme plus sociables et chaleureuses. Un test statistique (test de Goodman) a suggéré que la plus forte dominance  attribuée aux hommes expliquait pourquoi ils étaient perçus comme plus colériques, mais aussi plus prédisposés au mépris et au dégoût. A l’inverse, si les femmes étaient perçues comme plus enclines à exprimer de la peur ou de la tristesse, c’était parce qu’elles étaient perçues comme moins dominantes. 

Dans une seconde expérience, des participants lisait un texte sur Marc ou Anne (sexe), qui était décrit soit comme dominant-e et énergique, ou soit comme soumis-e et timide (dominance) et qui avait subi soit quelque chose d’humiliant ou d’offensant. On demandait ensuite aux participants de choisir parmi des images d’expressions faciales stylisées laquelle il convenait le mieux à Marc ou Anne d’exprimer dans la situation décrite. Les résultats montrent que, pour les individus dominants, hommes comme femmes,  la colère a été l’expression la plus fréquemment citée comme étant la plus appropriée. Pour la femme non dominante, c’était la tristesse, et pour l’homme non dominant, la colère.

Femme
dominante
Homme
dominant
Femme
non dominante
Homme
non dominant
Neutre 8 % 0 % 0 % 8 %
Colère 44 % 44 % 23.1 % 36 %
Embarras 8 % 0 % 19.2 % 8 %
Joie 0 % 0 % 0 % 0 %
Sourire triste 0 % 4 % 0 % 12 %
Peur 12 % 16 % 11.5 % 28 %
Tristesse 12 % 16 % 42.3 % 8 %
Dégoût 16 % 20 % 3.8 % 0 %

Fréquences des choix de l’émotion qu’il convient le mieux d’adopter  face à une situation humiliante ou offensante

Ces résultats tendent à montrer que les attentes en matière d’émotions ne sont pas directement liées au sexe des individus, mais plus à leur statut social. Il est à noter, comme dans l’étude cité précédemment, que, même quand le facteur de  dominance est fixé, les femmes paraissent quand même moins dominantes que les hommes, puisque les femmes non dominantes sont moins autorisées à exprimer leur colère que les hommes non dominants.

Ainsi, la colère des femmes est perçue négativement, sans doute à cause de leur faible statut social. Leur colère semble donc illégitime.

Conclusion

En conclusion, il semblerait que les femmes – ou du moins les personnes ayant une identité de genre féminine – expriment leur colère de manière moins directe et moins agressive que les hommes – ou les personnes masculines -, voire ne l’exprimeraient pas du tout parfois. Le fait que ce soit plutôt le genre que le sexe biologique qui soit déterminant, indique plutôt l’effet d’une sociabilisation que d’un processus biologique. Par ailleurs, certains auteurs émettent l’hypothèse selon laquelle, le fait que les femmes n’expriment pas leur colère expliquerait pourquoi elles sont plus sensibles à la dépression.

Il est à noter que la colère est la marque des dominants : seule la colère d’un dominant est perçu comme  légitime. Or, quand les femmes se mettent en colère, elles sont considérées comme « folle », « irrationnelles », « incontrôlables ». Les expérimentation de psychologie sociale semblent confirmer que cela est du à leur plus faible statut social.


Références

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2. Hess U, Adams Jr. RB, Kleck RE. Who may frown and who should smile? Dominance, affiliation, and the display of happiness and anger. Cognition and Emotion. 2005;19(4):515-536.

3. Tiedens LZ. Anger and advancement versus sadness and subjugation: The effect of negative emotion expressions on social status conferral. Journal of Personality and Social Psychology. 2001;80(1):86-94.

4. Hess U, Blairy S, Kleck RE. The Influence of Facial Emotion Displays, Gender, and Ethnicity on Judgments of Dominance and Affiliation. Journal of Nonverbal Behavior. 2000;24(4):265-283.

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11. Cox DL, Stabb SD, Hulgus JF. Anger and Depression in Girls and Boys: A Study of Gender Differences. Psychology of Women Quarterly. 2000;24(1):110-112.

12. Sharkin BS, Gelso CJ. The Anger Discomfort Scale: Beginning Reliability and Validity Data. Measurement and Evaluation in Counseling and Development. 1991;24(2):61-68.

13. Simon RW, Lively K. Sex, Anger and Depression. Social Forces. 2010;88(4):1543-1568.

14. Kavanaugh RD, Zimmerberg B, Fein S, Zimmerberg-Glick B. Emotion: Interdisciplinary Perspectives. Routledge; 1995.

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17. Kopper BA, Epperson DL. Sex and Sex-Role Comparisons in the Expression of Anger. Psychology of Women Quarterly. 1991;15(1):7–14.

18. Kopper BA, Epperson DL. The Experience and Expression of Anger: Relationships with Gender, Gender Role Socialization, Depression, and Mental Health Function. Journal of Counseling Psychology. 1996;43(2):158-65.

19. Coleman PT, Goldman JS, Kugler K. Emotional intractability: gender, anger, aggression and rumination in conflict. International Journal of Conflict Management. 2009;20(2):113-131.

20. Condry J, Condry S. Sex differences: A study of the eye of the beholder. Child Development. 1976;47(3):812-819.

21. Haugh SS, Hoffman CD, Cowan G. The eye of the very young beholder: sex typing of infants by young children. Child Dev. 1980;51(2):598-600.

22. Fivush R, Brotman MA, Buckner JP, Goodman SH. Gender Differences in Parent–Child Emotion Narratives. Sex Roles. 2000;42(3):233-253.

23. Brescoll VL, Uhlmann EL. Can an angry woman get ahead? Status conferral, gender, and expression of emotion in the workplace. Psychol Sci. 2008;19(3):268-275.

24. Lewis KM. When leaders display emotion: how followers respond to negative emotional expression of male and female leaders. Journal of Organizational Behavior. 2000;21(2):221–234.

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40 réflexions sur “Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. L’expression de la colère

  1. Je ne prétends pas être experte, mais j’ai un souci avec l’emploi du mot « genre » dans ton article. Il me semble que le genre/l’identité de genre est une identité sociale, souvent concordante avec le sexe biologique (c’est le cas des personnes dites « cisgenres ») et d’autres fois différente (le cas des « transgenres »).
    Une femme masculine, mais qui se ressent/se définit comme femme et se présente comme telle en société est donc de genre féminin. Sa masculinité, c’est ce qu’on pourrait appeler « expression de genre » (j’ai vu ce terme employé par certain-e-s militant-e-s et théoricien-ne-s, je ne sais pas si son emploi est répandu/officiel, encore moins dans la recherche ; les termes varient aussi selon les pays, pour finir de me « confusionner »…).
    Ça me paraissait important de questionner ce choix de vocabulaire, mais sinon je ne suis pas étonnée par les résultats que tu présentes et je suis contente que tu ais pris le temps de rédiger cette troisième partie.
    J’hésite à le partager cependant. J’ai l’impression que certaines personnes ne veulent juste pas ouvrir les yeux, peu importe les preuves qu’on leur fournit. Il ne me servirait qu’à convaincre des convaincus… Je me demande de plus en plus si on peut sortir de cette impasse, une fois qu’on a été étiquetée « féministe chieuse/déraisonnable/partiale »…

    • Merci de ton commentaire !

      Je vais vérifier, mais il me semblait que genre ne signifiait pas « se sentir femme ou homme » mais « se comporter en fonction de ce que l’on attend d’un homme ou d’une femme ».

      Je vais vérifier quel terme exact ils emploient dans les articles, et je corrige en fonction 😉

      Après, oui, y’a pas pire aveugle que celui que ne veut pas voir –‘.

  2. Je ne vous suis pas sur votre dernière phrase: vous montrez justement immédiatement au dessus qu’un homme de faible statut social devrait exprimer de la colère en cas d’humiliation. Pourquoi cette différence avec les femmes, dominantes ou non?
    Si le caractère décisif est la domination, et non le sexe, on devrait observer la même évolution des attentes selon le niveau de domination chez les deux sexes. Or vous dites que, pour les femmes, dominantes ou non, la colère est mal perçue. Ce qui me semble contradictoire.

    Cordialement,

    • On peut supposer que même si on fixe le statut social avec une profession, ou des traits de personnalité, le sexe joue quand même sur ce statut social : Une femme basse dans la hiérarchie sera perçue comme étant de plus faible niveau social qu’un homme bas dans la hiérarchie.

      • J’y avais pensé, mais dans ce cas, il me semble qu’on aurait pu observer une progressivité colère positive – tristesse positive indépendante du sexe, si c’était uniquement lié à la position dominante ou non de la personne considérée.

        Or dans le cas que vous rapportez, il semble que, quelque soit sa position dominante ou non, la colère est toujours mal vue coté femme et toujours bien vue coté homme. Pour moi, on ne peut donc pas en tirer un lien entre position dominante/colère bien vue, et position dominée/tristesse bien vue.

        Le sexe semble expliquer la préférence colère/tristesse, indépendamment du niveau de domination de la personne étudiée.

        Cordialement,

        • Ben pourtant d’après leurs tests stat (test de Goodman), c’est le statut social qui sert de médiateur entre le sexe et l’émotion que la personne est censée exprimée…

          On peut supposer qu’une femme, même à un poste hiérarchique élevée, reste perçue comme quelqu’un de pas dominant car femme…

          • OK, mais dans ce cas, la notion de « femme dominante » disparait totalement.
            Car sinon, une femme dominante aurait la colère vu positivement, comparée à une femme dominée.

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  4. « La colère est une émotion, fortement inconfortable, qui répond à la perception d’une offense ou d’une négligence »

    Mh, cette définition m’a un peu étonné. La colère est un sentiment plus agréable que la tristesse. C’est le fait de la refouler qui est désagréable.
    Mais en soi, se mettre en colère après quelque chose d’énervant est très agréable. Ça permet de se débarrasser des ressentis négatifs qui l’ont causée.

    • Ah ouais ? Moi je trouve que la colère est très, très inconfortable…
      Mais se mettre en colère permet sans doute de l’évacuer (sauf si les gens contre qui tu te mets en colère s’en fichent, et se moquent de toi 😉 =

  5. Il est vrai que : lorsqu’une femme se met en colère ; il lui est souvent dit : tu as tes régles !!??? ou dit l’entourage : ce n’est rien c’est SA mauvaise période !!?? vous l’avez surement vécu cette situation, Aprés moultes réfléxions cela inspire pas mal de réactions !!?? SUR le sérieux qu’il est porté, à la colére, et à la femme en colére!!

  6. Pour ma part je pense qu’exprimer sa colère contre quelqu’un est une forme de violence civilisé, mais platonique. Exprimer sa colère verbalement envers un ou des individus, engendre parfois des débordements, ce qui peut amener à de la violence physique. Comme ici par exemple:

    Vous écrivez « Il est à noter que la colère est la marque des dominants : seule la colère d’un dominant est perçu comme légitime. Or, quand les femmes se mettent en colère, elles sont considérées comme « folle », « irrationnelles », « incontrôlables « .
    Oui justement, car l’homme est naturellement dominant sur la femme en ce qui concerne les rapports de force (j’ai bien dit en ce qui concerne les rapports de force). La culture lui a appris a être gentleman, et entrer en conflit le moins souvent possible avec la femme pour contebalancer cet état de fait. Mais dès lors que celle-ci veut entrer dans son monde, un monde potentiellement violent; elle ne respecte plus l’accord tacite entre les deux sexes. D’où l’étonnement et l’aversion pour ce comportement.

    • No name

      Et bien voila tout est dit  » l’homme est naturellement  » dominant et c’est la femme qui ne respecte pas les régles. Regles établi par l’homme évidemment. Car pour vous domination par les muscles. veut dire normalité, soit fort et tais toi ! alors !
      Sinon je ne vous suis pas dans votre démonstration?? ( moi Jane, Toi Tarzan! ) Ce qui revient à dire que, si ILS ont le pouvoir c’est par les muscles, et non pas par le cerveau! Alors pourquoi leur laisser la place au gouvernement !??

  7. On peut exprimer sa colère sans se fâcher contre quelqu’un.e.

    On peut « jouer » la colère, montrer de l’indignation sans désigner une personne mais plutôt mettre en cause une situation ou autre.
    La colère est bonne si on en a pas honte mais en effet les femmes sont censées avoir honte.
    Le problème c’est qu’en n’apprenant pas à exprimer notre colère nous n’apprenons pas non plus à la gérer ce qui fait que nous avons peur d’elle.
    Les hommes qui sont éduqués à exprimer toute l’agressivité qu’ils désirent n’ont pas ce problème.

  8. Oui justement, car l’homme est naturellement dominant sur la femme en ce qui concerne les rapports de force (j’ai bien dit en ce qui concerne les rapports de force). La culture lui a appris a être gentleman, et entrer en conflit le moins souvent possible avec la femme pour contrebalancer cet état de fait.

    Je ne suis pas d’accord, l’être humain est un être social, et au risque d’enfoncer une porte ouverte, l’état de nature chez l’humain n’existe pas… Chez les singes, nos cousins donc, qui sont des animaux sociaux eux aussi, les mâles ne sont pas forcément dominant sur les femelles, par exemple chez les bonobos ce n’est pas le cas, il n’y a donc pas de « domination naturelle » de l’homme sur la femme même du point de vue de la force… Car de toute façon les hiérarchies humaines ne sont pas basées sur la force physique. Les hommes dominants, leader, ne sont pas forcément les plus forts physiquement, c’est même souvent loin d’être le cas, le nabot qui nous a servi de président, est là pour le prouver.
    De même, chez les singes, les rapports de domination sociales ne sont pas forcément basés sur la force physique.
    Donc cet argument n’en est pas un!

    Mais dès lors que celle-ci veut entrer dans son monde, un monde potentiellement violent; elle ne respecte plus l’accord tacite entre les deux sexes. D’où l’étonnement et l’aversion pour ce comportement.

    Parce que le monde dans lequel évoluent les femmes n’est pas le même que celui dans lequel évolue les hommes.
    Deux monde différents, qui n’entrent jamais en contact, donc?
    D’où l’étonnement et aversion (je dirai réprobation pour ma part, mais bon) des hommes lorsqu’une femme à l’audace de vouloir répliquer, voire attaquer physiquement en premier.
    Si ce n’est pas l’exacte illustration du préjugé qui veut que les femmes aient des mains et des pieds mais n’aient pas le droit « naturel » de les utiliser de la même manière que les hommes, parce que ce sont des poings et des pieds de femmes, et que ça ne doit pas servir à la violence… Parce que le monde féminin est non violent etc.
    Les femmes ne sont d’ailleurs jamais exposées à la violence, ou à la colère des hommes (ces gentleman) et de leur monde « potentiellement violent » vu qu’elles évoluent elles (les femmes donc) dans leur propre monde, une dimension parallèle qui s’appelle barbieland où tout est rose et où tout le monde elle est belle et gentille et non violente et où les hommes n’existent pas.
    Les chiffres sur la violence conjugale sont d’ailleurs là pour le prouver. De plus, les femmes qui utiliseraient leurs mains/pieds pour frapper, d’autres femmes, hommes ou enfants, ça n’existe pas non plus. Des histoires pour effrayer les petites filles de barbieland, comme le croque mitaine.

    • Mais nous ne sommes pas des singes. Sinon moi je vous prend le cas inverse des gorilles, des lions, des coqs etc…

      Ce que je veux dire c’est qu’il y a du bien et du mal en chacun de nous. Notre culture avec ses règles, sa morale, régulent la vie en société pour que le maximum de gens cohabitent comme il faut en théorie. Imaginons que nous vivions dans l’anarchie, ce serait la loi du plus fort au sens premier du terme; les plus mauvais d’entre-eux pourraient tuer, voler, violer, à tous va c’est indéniable.
      Hors on sait que dans des (vrais) rapports conflictuels les notions de démocratie, respect, empathie, justice s’amenuisent considérablement, chacun défend son bifteck.

      En ce qui concerne « le nabot qui nous a servi de président », c’est pas de ça qu’il s’agit; vous voyez j’ai eu raison de préciser « en ce qui concerne les rapports de force ». Ce « nabot » exerçait un pouvoir politique, démocratique qui plus est. Pour autant dans des rapports conflictuels directs ils ne seraient pas dominant (comme vous dites) mais probablement dominé.

      « D’où l’étonnement et aversion (je dirai réprobation pour ma part, mais bon) des hommes lorsqu’une femme à l’audace de vouloir répliquer, voire attaquer physiquement en premier. »
      Et si l’homme réplique à son tour ça donne quoi? l’affaire Cantat Trintignant? Non merci. Il l’a étourdi rien qu’en la giflant il me semble.

      • Je sais que votre message date mais je dois quand même rectifier votre première ligne :

        L’Humain est bien un singe, et ne descend pas du singe, nous en sommes toujours un.
        Source : L’origine de la vie, passé sur arte l’été 2015, 6h en tout, histoire de remettre à jour les dernières découvertes anthropologique.

        Ensuite la comparaison animale n’est pas mal venue, puisque nous sommes des animaux et qu’il est de bon ton de nous comparer à nos compères soient mammifères, soient plus proches de nous : les primates.

        Ensuite² nous ne sommes pas inaliénables, l’évolution ne nous a pas abandonné, de plus les divers études tendent à montrer qu’il s’agit d’une règle sociale plus que d’une règle biologique, les femmes culturistes ne me semble pas moins massives en terme de muscle que les hommes.
        De même qu’en ce qui concerne le charisme et le statut de leader, les femmes ne sont pas biologiquement programmé pour être moins attirante sur le plan de la personnalité dominante que les hommes.
        En terme d’intelligence c’est pareil, nous sommes exæquo, la différence se joue sur les préjugés et non pas sur un quelconque état que vous avancez.

        Le fait que vous avancez un tel argument démontre que vous ne connaissez pas votre histoire humaine, comme si l’humanité avait toujours eu cette hiérarchie sociale, alors que non, comme si l’humanité avait évolué à la même allure, alors que non. Nous avions découvert le cinéma que les indiens d’amazonie vivait encore à poil, d’amour et d’eau fraîche pour vulgariser le propos (et nous avions nos partis politique et tous le schmilblick que ça implique).

        Il n’y a pas d’état de nature chez l’Humain comme l’a dit le/la commentateur-trice précédent.e.
        Ce qui fait notre essence et qui est marginal chez de nombreuses espèces c’est de ne pas accepter. On a refusé de rester des poissons, on a refusé de rester à 4 pattes, on a refusé de perpétuellement utiliser nos jambes pour se déplacer, nos mains pour atteindre et attraper, on a refusé de se contenter de l’état de survie et on a inventé l’art, l’ingéniosité, la curiosité et la spiritualité, on a refusé d’être victime de la maladie, des blessures d’anodines à mortelles, on a refusé à limiter notre champ de perception à notre village, à notre continent, à notre planète, on a refusé à limiter notre mode de communication aux mots basiques, aux échanges standards, à la confrontation directe donc on a inventé l’écriture, l’imprimerie, la distribution, internet, le réseau en général.
        Et vous venez nous dire qu’il y a un monde entre les genres, qu’il est comme ça et pas autrement, que c’est ainsi et que donc on est surpris quand les femmes viennent mettre le pied dans le notre?
        En tenant ce genre de discours, vous vous trahissez en tant qu’humain.

        D’ailleurs même les animaux vont à l’encontre des règles sociales pré-établies, des lionnes quittent le milieu patriarcal pour vivre par elles-mêmes, les hyènes tachetées ont renversés le dimorphisme sexuel, une communauté de babouins à renversés le système patriarcal en en faisant ce qu’on pourrait appelé une coopérative, dans le même esprit que ce qui se fait actuellement au rwanda suite au génocide. Les mâles sont morts (comme des cons, ils ont bouffés de la viande avariée), l’état pré-établie aurait du pousser le groupe à chercher une nouvelle communauté basé sur le schéma dans lequel le groupe avait toujours vécu. Et bien non, les femelles ont saisi l’occasion et elles ont abolies toutes formes de leadorat, et elles ont appliquées le partage des tâches, entre les femelles qui vont à la nourriture et celles qui gardent les petits, de façon tournante, nourriture un jour, baby-sitter le lendemain.

        Et pour souligner votre rapport de force physique, les femmes n’ont pas être physiquement inférieure aux hommes, elles se rendent inférieures à ceux-ci, comme dit dans plusieurs articles sur ce site. Je ne peux pas croire qu’une lanceuse de poids donne les petits coups que vous vous imaginez.

  9. Concernant l’affaire Trintignant je n’étais pas là, mais il me semble que les « détails » étaient que son visage était littéralement « écrasé » de telle manière qu’il fallait le couvrir, je pense dans ses conditions qu’on a largement dépassé le stade de la gifle qui étourdit et qu’on se situait plus dans le registre de la mise à mort et de la volonté de meurtre.
    Mais ne vous en déplaise, la confrontation physique entre un homme et une femme ne tourne pas forcément, toujours à l’avantage de l’homme. D’ailleurs, si vous lisez un peu les faits divers de pays étrangers (où les femmes sont paradoxalement moins socialisées/dressées à la passivité, du moins physique), vous pourrez remarquer par exemple que les émasculations sont relativement courantes, notamment en Thaïlande. Ce qui tendrait à prouver que la faiblesse féminine face à la violence masculine est acquise, et culturelle et pas du tout naturelle.

    Tous les hommes ne sont pas forcément plus fort physiquement que les femmes, déjà.
    Ensuite, à voir si vraiment dans une lutte à mort entre un homme et une femme les femmes seraient toujours automatiquement (naturellement) perdante parce que femmes et donc moins fortes physiquement (que faites vous de la rapidité, de l’endurance, des différences interindividuelles etc.)
    Pour finir, je ne vois pas en quoi le fait que les hommes soient en moyennes physiquement plus fort que les femmes rendrait naturel leur recours à la violence physique alors que pour les femmes, le recours à la violence physique serait « contre-nature »????????
    Voyez, c’est un peu comme si vous affirmiez que seuls les hommes grands et avec une masse musculaire importante ont un « droit » (propension) naturel à la violence physique alors que pour les petits frêles comme Zemmour par exemple, utiliser la violence physique serait contre- nature et provoquerait aversion et étonnement du fait de l’incompatibilité naturelle de leur stature avec l’utilisation de la violence sous forme physique.
    C’est absurde. Même la souris se retourne contre le chat (j’ai personnellement eu l’occasion de l’observer) pour le mordre.
    Cela n’est pas scandaleux et ne provoque pas d’aversion, cela provoque même de l’admiration en ce qui me concerne. Le fait de trouver « aversif » de voir une personne du sexe féminin utiliser la violence physique est une construction culturelle, Il ne s’agit pas d’étonnement mais bien de réprobation sociale. Il n’est pas toléré dans nos sociétés que les femmes utilisent leur force physique pour la violence (pour porter les sacs de courses par contre c’est autorisé, voire largement encouragé…).
    C’est un comportement déviant, et l’aversion que vous manifester face à cela n’est rien d’autre qu’une réaction à la déviance (marque de désapprobation adressée à la personne qui émet le comportement jugé déviant), ce n’est pas une réaction « naturelle » c’est une réaction culturelle.
    Lorsqu’une femelle d’une espèce animale protège physiquement ses petits contre la violence du mâle, celui-ci ne s’arrête pas pour marquer sa désapprobation sur le thème, mais que fait cette femelle, elle transgresse les règles naturelles des rapports entre les sexes…

    Cependant je vous rejoins sur un point, nous ne sommes pas des singes. Mais vous ne semblez pas arriver à supporter l’idée qu’une femme puisse utiliser la violence physique, même pour se défendre, sinon elle finira morte, comme Marie Trintignant…
    LES HOMMES NE RESPECTENT PAS FORCEMENT LA NORME SOCIALE QUI VOUDRAIT QU’ILS N’UTILISENT PAS LA VIOLENCE PHYSIQUE SUR LES FEMMES, et cet état de fait n’est pas la faute des femmes, et cela n’arrive pas du fait que les femmes auraient « commencé » en utilisant la violence physique alors que ce serait « naturellement interdit » pour elles. Et que donc elles auraient eu ce qu’elles méritaient, l’homme lui aurait montré qui est-ce qui est le plus fort physiquement!

    Les hommes et les femmes évoluent dans le même monde, et les femmes sont exposées à la violence masculine, et il n’est pas naturel qu’elles soient socialisées à ne jamais utiliser leur force physique, et ce, même pour se défendre, c’est un PHÉNOMÈNE SOCIAL, plus social tu meurs!

    • Concernant l’affaire Cantat Trintignant, moi j’ai entendu qu’il l’avait d’abord étourdi avec des baffes (en réponse à celles qu’il avait reçu), et ensuite il s’est acharné sur elle. Bon passons les détails, mais recevoir des gifles pour un homme c’est quoi? rien du tout, sauf si le gifleur s’appelle Hulk Hogan. En revanche j’ai entendu plusieurs cas de femmes, qui après avoir reçu des baffes de leurs maris se retrouvaient paralysées du coté du visage frappé, ou d’autres aveugles d’un oeil, ou encore sourdes d’une oreille pendant plusieurs jours. Ca n’existe pas chez les hommes ça, tout n’est pas culturel.

      « Tous les hommes ne sont pas forcément plus fort physiquement que les femmes, déjà. »
      Au moins 80% d’entre eux en tout cas.

      Vous avez raison il existe des costauds calmes et des petits agressifs, ça dépend du tempérament, mais la question n’est pas là.

      Personnellement je pense que vous n’avez jamais été victime de violence physique forte (machoire/nez/ ou dents cassés; minerve orthopédique ou pire), vous ne tiendriez surement pas le même discours, c’est pas comme à la télé, ça fait très mal et en plus ça laisse des séquelles.

      Je vous l’ai dit, la plupart (allo allo j’ai bien dit la plupart) des hommes sont éduqués pour ne pas faire de mal à une femme; cette éducation sexuée est profitable aux femmes ne l’oublions pas.

      • bof, imaginons que je prenne une poêle à frire pour te gifler et tu verras que culture ou pas tu risques de les sentir passées, si je suis assez maligne pour que tu ne me vois pas venir, je peux même m’en tirer, moi, sans la moindre égratignure et te finir si ça me chante, tu vois? Une femme PEUT TUER UN HOMME OU USER DE VIOLENCE A SON ÉGARD ET LUI FAIRE MAL, TRÈS MAL.
        « Ca n’existe pas chez les hommes ça » Non les hommes ne sont pas fait de chair et de sang, ils sont indestructibles, tu peux leur taper dessus en tant que femme, tout ce qui va t’arriver c’est que tu vas te faire mal aux mains…
        Mon conseil => prend une poêle…
        Arrêtes de vivre dans un monde de déni ou les femmes ont autant de force physique qu’une fourmi et ne pourraient pas faire de mal à un homme revient sur terre, va te chauffer une boxeuse professionnelle, essaye de la gifler pour voir qui de vous deux finira avec des contusions…
        Justement dans les chiffres de la violence conjugale de temps en temps, il y a une femme qui se défend et qui tue son conjoint, il y a même eu une femme acquittée dans une affaire de ce genre il n’y a vraiment pas longtemps…

        « cette éducation sexuée est profitable aux femmes ne l’oublions pas. »

        Ohhhh NON!
        Vous êtes éduquez comme tout le monde à ne pas faire usage de la violence physique pour imposer votre point de vue, que ce soit envers les hommes ou envers les femmes. Il ne me semble pas que le « coups et blessures » soit illégal d’un homme sur une femme tandis qu’il serait légal d’un homme sur un homme? Ou alors, il y a une loi que je méconnais, renseignez-moi…
        Ce n’est pas pour être « gentils avec les femmes » que les humains ont mis cette règle en place c’est tout simplement pour vivre en société sans s’entretuer. Rien à voir avec une éducation genrée… Là où il y a effectivement éducation genrée c’est qu’on interdit aux femmes de faire usage de la violence physique (même pour se défendre alors que c’est tout à fait permis pour les hommes), et il y a énormément de contrôle social, de manière permanente pour maintenir cela, soi disant, pour notre bien,
        Comme vous essayez de me le faire croire et le plus beau c’est que vous avez l’air d’en être convaincu, il faut bien rationaliser et trouver des justifications…
        Ce n’est pas vrai que la violence masculine épargne les femmes, il me semble même que la première cause de mortalité des femmes de 25 à 45 ans est le conjoint ou l’ex-conjoint, c’est vous dire comme la violence masculine sur les femmes est courante!
        Vous me dites en substance, « attention, si une femme use de violence physique, pour se défendre, ou pire, pour attaquer, le mâle en face d’elle est tellement TOUT PUISSANT, (c’est Hulk en personne), que d’un revers de main (sans penser vraiment à mal d’ailleurs) il va l’envoyer valser dans les airs et elle va en mourir, tout ses pauvres petits os instantanément broyés.

        Je me suis déjà cassé le nez, je sais ce qu’est la douleur physique, merci.
        Et je me suis déjà défendue physiquement, et voyez-vous, lorsque l’on se défend physiquement contre un homme, il est tout de suite moins enclin à continuer, parce que en plus si vous arriver à lui faire mal aussi, (vu qu’il n’est pas en acier trempé et que oui, les coups ça fait mal comme vous le faites si justement remarqué et pas uniquement aux femmes, aux hommes aussi, oui, oui, je vous assure) eh bien il y regarde à deux fois avant de lever la main sur vous. Alors que si on suit vos précieux conseils, c’est exactement comme ça qu’on finit morte, le visage broyée.
        D’ailleurs il y avait une étude qui montrait que si l’on se défendait contre une agression physique, il y avait 70% de chance que l’agresseur s’enfuit, et qu’en réalité, il EST BEAUCOUP MOINS DANGEREUX DE SE DÉFENDRE QUE DE SE LAISSER FAIRE.

        Bref, merci pour le contrôle social bien appuyé sur le thème les femmes sont faibles, faites pour être passives et ne doivent JAMAIS sortir de ce rôle NATUREL lié à leur sexe sous peine de MOURIR immédiatement des suites de 2 ou 3 gifles administrées de manière justifiée en guise de représailles face à ce dérapage du coté masculin du monde, chacun à sa place et les vaches seront bien gardées QUOI!!!

        Sinon, mon petit neveu de 3 ans me fous des baffes dans la gueule mais je suppose que si je ne l’ai pas encore balancé contre le mur, c’est du fait de ma nature féminine particulièrement faiblarde, et je vais veiller à ce qu’il ne fasse pas la même chose à mon frère des fois que celui-ci l’éborgne, le rende sourd, ou le tue carrément d’une petite gifle…

        Heureusement que vous êtes là pour ‘expliquer la vie 😉

  10. Bonjour et merci pour ce billet richement documenté, comme toujours.

    En le lisant, je ne pouvais m’empêcher de penser que, dans l’« iconographie » actuelle, si l’individu se mettant en colère d’une façon qui sera considérée comme légitime est un mâle, et si ce mâle exprime d’ailleurs sa virilité et sa domination de la sorte (Hulk en serait l’exemple typique), cela n’empêche pas de présenter la tendance inverse comme également virile. L’attitude flegmatique caractérise ainsi certains héros qui, en retenant ou en cachant leurs émotions, indiquent, imperturbables, qu’ils maîtrisent la situation. Sans doute y a-t-il de meilleurs exemples à trouver, mais James Bond n’est pas un héros que l’on peut qualifier, je pense, de colérique. D’ailleurs, tout à fait personnellement, je ne classerais pas Don Draper parmi les colériques (mais Don Draper est-il un héros… En tout cas c’est bien un « dominant »). Il lui arrive de « pousser une gueulante » si j’ose dire, mais ça me semble plutôt rare¹.

    Du coup, je me demandais si vous aviez des références à ce sujet.

    ¹ D’ailleurs, l’exemple des bébés montre bien qu’un même comportement est interprété de différentes façons selon son sexe. Pourtant, dans d’autres études citées, on fait comme si les sujets des expériences reconnaissaient tous les mêmes comportements comme étant « colériques », pour ensuite s’exprimer sur la légitimité de ce comportement. Mais avant même de déterminer quelles circonstances et quelles variables rendent la colère légitime, comment s’assurer qu’on identifie bien la colère de la même façon ?

    • Merci Julien 🙂

      Hum, à priori je partage aussi ton analyse selon laquelle l’attitude flegmatique est viril. C’est une impression personnelle, je n’ai pas lu d’articles là-dessus.

      De façon générale, ne pas exprimer ses émotions = virilité.

      Par contre pour moi Draper est colérique… dans le sens où ses colères sont redoutées et ne sont pas si rares que ça. C’est d’ailleurs l’une des rares émotions qu’il exprime !

      Enfin, bref, non je n’ai pas de références à ce sujet, désolée :s Je n’en sais pas plus que toi là-dessus.

      Pour ce qui est des études sur la colère légitime, si tu parles par exemple des études avec l’entretien d’embauche, en fait, le personnage-candidat-e ne se met pas en colère, mais dit texto « j’ai ressenti de la colère ».

      • Je suis d’accord moi aussi, le flegme peut être un signe de virilité. D’ailleurs j’ai remarqué que les femmes ralent plus que les hommes, expriment plus leurs émotions ou leurs craintes. Il suffit d’observer des couples, dans l’intimité ou même en public. La femme se plaint en général et le compagnon canalise ça.

        Je sais pas vraiment si ça rentre dans le cadre de l’expression de la colère, mais c’est un peu dans cet ordre d’idée. Disons que là aussi, il y a une attitude différente en fonction du sexe et je trouve que c’est pas plus mal.

  11. Je suis tout à fait d’accord avec Bérénice et d’ailleurs :
    http://www.rtl.be/info/monde/international/908242/iran-deux-jeunes-filles-tabassent-un-religieux-qui-avait-demande-a-l-une-d-elles-de-se-couvrir

    Et puis vu de la non-France, les françaises paraissent avoir appris particulièrement tôt à sourire si on les engueule (pour adoucir l’adversaire), à s’excuser pour tout et pour rien, à parler avec une petit voix flûtée, à faire les toutes mignonnes pour obtenir des sucreries (genre toutou), à faire semblant de ne pas avoir entendu les insultes et de ne pas avoir reçu de coups de pied.
    Et si par hasard l’une d’entre elles déroge à la règle, elle se fait engueuler par ses consoeurs.
    Mais de cela on ne s’en aperçoit que lorsqu’on connaît bien la socialisation de non-françaises.
    On remarque également que des féministes comme Françoise Giroud (malheureusement déjà décédée) ou Gisèle Halimi qui ont été ou sont encore la porte-parole du féminisme en France, n’ont ni l’une ni l’autre été élevées en France.

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