Bonne année 2014 !

Je vous souhaite une bonne année 2014, pleine de féminisme et avec le moins de sexisme possible !

Cette année je serai très occupée… Un article (la suite de ma série sur l’objectivation sexuelle) est en cours mais il me faudra sans doute du temps pour le finir ! Bref le blog risque d’être assez peu mis à jour.

J’ai décidé de quitter Twitter et le forum féministe (manque de temps, marre de l’agressivité….) mais le blog, ainsi que ma page Facebook, sont toujours ouvertes – mais peu actifs.

Ci-dessous, retrouvez les statistiques de mon blog pour l’année 2013 :

En voici un extrait :

Le Musée du Louvre accueille chaque année 8.500.000 visiteurs. Ce blog a été vu 110  000 fois en 2013. S’il était une exposition au Louvre, il faudrait à peu près 5 ans pour que chacun puisse la voir.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

L’objectivation sexuelle des femmes : un puissant outil du patriarcat – Introduction

Partie 1 : définition et concept-clés

Partie 2 : le regard masculin ou male gaze

Partie 3 : les violences sexuelles, des actes d’objectivation extrêmes et dissociant

Je vais commencer une nouvelle série d’articles sur l’objectivation sexuelle des femmes, ce que c’est, comment cela se manifeste et quelles en sont les conséquences sur la vie des femmes. Dans cette introduction, je vais donner quelques concepts clés, faire un historique de cette notion, et résumer ce que l’on sait sur l’objectivation sexuelle. Dans les articles suivant, je vais détailler certains aspects particuliers de cette objectivation.

Définition et histoire d’un concept développé en philosophie

La notion d’objectivation sexuelle est une notion centrale du féminisme contemporain. L’objectivation sexuelle survient quand une personne est considérée, évaluée, réduite, et/ou traitée comme un simple corps par autrui1,2. Il s’agit de séparer une personne de son corps,  de certaines de ses parties corporelle ou de ses fonctions sexuelles, les réduisant au statut d’instruments ou les considérant comme étant en mesure de représenter la personne1,2.

Emmanuel Kant

Emmanuel Kant

Le premier à avoir introduit cette notion est le philosophe Emmanuel Kant3,4. Selon lui, le désir sexuel réduit autrui au statut d’objet. Cette objectivation est problématique car déshumanisante : « aussitôt qu’une personne devient un objet d’appétit pour autrui, tous les liens moraux se dissolvent, et la personne ainsi considérée n’est plus qu’une chose dont on use et se sert »5.  Selon Kant, un être humain est constitué d’un corps et d’un soi, liés de façon à ne pouvoir être séparés. Or l’objectivation sexuelle entraîne un désir envers le corps seulement, et non envers la personne dans son ensemble, ce qui est dégradant3.

Kant pensait que hommes et femmes pouvaient être objectivés, mais il était conscient qu’en pratique, les femmes étaient plus souvent victimes d’objectivation que les hommes, comme en témoigne son analyse du concubinage et de la prostitution, qui conduisaient selon lui à la réduction des femmes au statut d’objet d’appétit pour les hommes. Il croyait que la seule relation dans laquelle l’objectivation peut être évitée est le mariage monogame qui permettrait égalité et réciprocité3,4.

Lire la suite

Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. Le cas de certains lieux hautement propices au viol : les fraternités

Partie 1 : les études interculturelles
Partie 2 : le cas de la culture occidentale
Partie 3 : Alcool, fêtes & viol – les fraternités étudiantes aux États-Unis

Delta Tau Delta Fraternity House at the University of Maine Orono

Dans les articles précédents, nous nous sommes intéressées aux cultures sans viol et aux cultures enclines au viol, comme la culture occidentale. Dans cette partie, nous nous intéresserons à des micro-cultures, et en particulier à celles des fraternités étudiantes des Etats-Unis, que plusieurs universitaires, dont Peggy Reeves Sanday, ont étudiées, et qui se sont révélées être parfois très enclines au viol.

Les fraternités et les sororités sont des organisations sociales pour les étudiants, essentiellement de premier cycle, et qu’on retrouve principalement en Amérique du Nord, notamment aux États-Unis.  Elles portent très généralement comme nom un ensemble de lettres grecques (par exemple : Alpha Delta Phi). Ce sont des organisations non-mixtes. Les membres des fraternités et sororités vivent généralement ensemble dans une maison, où sont organisées les activités sociales et notamment les fêtes.

Lire la suite

Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. Le cas de la culture occidentale

Partie 1 : les études interculturelles
Partie 2 : le cas de la culture occidentale
Partie 3 : Alcool, fêtes & viol – les fraternités étudiantes aux États-Unis

J’ai commencé une petite série d’articles sur les cultures enclines au viol. Après vous avoir présenté le concept de cultures enclines au viol (à comparer aux cultures sans viol) , je vais discuter maintenant du cas des cultures occidentales.

L’enlèvement des Sabines

L’enlèvement des Sabines, par Francisco Pradilla

Selon plusieurs autrices1,2, la culture euro-américaine est une culture prônant le viol. En effet, on y rencontre plusieurs caractéristiques qui la classent dans cette catégorie :

  • Le viol y est fréquent
  • Les croyances qui justifient l’existence du viol, les mythes sur le viol y sont largement répandus. Ces mythes ont tendance à transférer la responsabilité du viol de l’agresseur vers la victime et banalise ce crime. Par exemple « elle n’avait qu’à pas porter une jupe si courte » est un mythe sur le viol. Ou encore « les hommes ont des besoins irrépressibles qui les poussent à violer. »
  • Le viol peut servir de punition
  • Inégalités et système d’oppression
  • Valorisation d’une sexualité violente.

Lire la suite

Actus – Recherche sur le genre (2)

Ecart entre femmes et hommes dans la publication d’articles scientifiques

Près de 8 millions d’articles scientifiques issus de 1 800 champs différents ont été analysés, du XVIème siècle à aujourd’hui. Les femmes sont sous-représentées parmi les auteur⋅e⋅s. Ainsi, alors qu’elles représentent 39% des postes permanents dans les universités, elles ne représentent que 27% des auteur⋅e⋅ s des publications récentes (1990-2012). Elles ne sont également auteures que de 26% des publications récentes avec un seul auteur. Avant 1990, les femmes étaient sous-représentées en tant que premier auteur⋅e, mais après 1990, cet écart a été en partie comblé. Cependant, elles sont de plus en plus sous-représentées en tant que dernier auteur⋅e, qui est également une position prestigieuse car il s’agit souvent du responsable de l’équipe de recherche. On note tout de même globalement un progrès au cours du temps, puisqu’entre 1665 et 1989, seulement 15.1% des auteur⋅e⋅ s étaient des femmes.

Lire la suite