Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. Les études interculturelles

Partie 1 : les études interculturelles
Partie 2 : le cas de la culture occidentale
Partie 3 : Alcool, fêtes & viol – les fraternités étudiantes aux États-Unis

Je vais commencer une petite série sur les cultures enclines au viol. Je débuterai par le résumé des études d’anthropologie, notamment celles qu’a menées Peggy Reeves Sanday, et qui l’ont conduit à penser qu’il existait des cultures sans viol et des cultures enclines au viol.

femmes Minangkabau

Femmes Minangkabau

L’anthropologue Peggy Reeves Sanday a étudié plusieurs sociétés préindustrielles afin d’établir leur vision du viol, mais aussi de la sexualité et des rapports entre les hommes et les femmes.

En 1982, elle a ainsi publié une première étude interculturelle où elle comparait 156 sociétés du monde entier1. Elle les a classées en trois catégories :

  • Culture sans viol : le viol est rare, voire absent (47% des sociétés étudiées)
  • Culture où le viol est présent, mais où il manque de données sur sa fréquence (35% des sociétés étudiées).
  • Culture encline au viol (18% des sociétés étudiées): culture où le viol est fréquent ; ou est utilisé comme un acte de cérémonie ; ou bien comme un acte pour punir ou menacer les femmes.

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Bonne année 2013 ! Pour une année féministe !

Bonne année 2013 à tous !

En espérant que ce soit une année plus féministe que 2012…

Mon rapport de statistiques de 2012.

En voici un extrait :

19.000 personnes étaient présentes au nouveau Barclays Center pour voir Jay-Z. Ce blog a été vu 61 000 fois en 2012. S’il était un concert au Barclays Center, il faudrait 3 spectacles pour que tous puissent y assister.

Les femmes de droite, par Andrea Dworkin

Les femmes de droite, par Andrea Dworkin

les femmes de droite

Les femmes de droite est un ouvrage écrit par Andrea Dworkin, féministe radicale, en 1983.  Cette dernière nous propose une

andrea dworkin

Andrea Dworkin

explication à l’allégeance de certaines femmes  à la droite  américaine dure. Comment expliquer que ces femmes adhèrent à des idées opposées à leurs intérêts ? Comment des femmes peuvent-elles être anti-avortement, anti-contraception ou encore rêver d’être femmes au foyer ? Andrea Dworkin nous donne une réponse convaincante dans cette œuvre.

Ce livre a été traduit en français par  Martin Dufresne et Michele Briand. Il est préfacé par Christine Delphy. Martin Dufresne m’a très gentiment envoyé le manuscrit quasi-finalisé. Je vous propose un compte-rendu de ma lecture fort passionnante.

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Actus – Recherche sur le genre (1)

J’ai décidé d’inaugurer un nouveau type d’articles : des « brèves » sur ce que la science peut nous apprendre sur le patriarcat et les rapports sociaux entre les sexes. En gros, je regarde dans Google Scholar quelles publications sont parues récemment à ce sujet, et je vous fais un petit résumé :).

Médias et hypersexualisation des petites filles

Les auteures ont présenté à des petites filles âgées de 6 à 9 ans deux « poupées en papier » : une sexualisée et une non-sexualisée. Ils leur ont posé 4 types de questions : 1) Quelle est la poupée qui te ressemble le plus ? 2) A quelle poupée voudrais-tu le plus ressembler ? 3) Laquelle de ces deux poupées est la plus populaire à l’école et 4) Avec quelle poupée préfères-tu jouer ? La poupée sexualisée a le plus souvent été choisie pour répondre à la question 1 et 3, c’est à dire que les petites filles ont envie d’être sexualisée, et pensent qu’elles seront ainsi populaire. Certains facteurs servent de « protection » face à ce désir d’être sexualisée : faire de la danse (peut-être lié à une meilleure appréciation de son corps), l’implication de la mère dans ce que regarde sa fille à la télé, et la religiosité de la mère. Le temps passé à regarder la télé ou des films ne semble pas avoir eu d’effets sur le choix de la poupées.
Source

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Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. L’expression de la colère

Partie 1 : l’occupation de l’espace
Partie 2 : le temps de parole et le choix des sujets de conversation
Partie 3 : l’expression de la colère

colère

Vajrapani, un bodhisattva

Nous avons vu que prendre de la place dans l’espace, et contrôler la conversation, étaient deux façons d’affirmer son statut social. Or, ces comportements sont considérés comme inappropriés pour les femmes. Nous allons maintenant voir comment une autre marque de la domination – l’expression de la colère – est déniée aux femmes.

Colère et pouvoir

La colère est une émotion, fortement inconfortable, qui répond à la perception d’une offense ou d’une négligence1. Elle permet de mobiliser des ressources afin de rétablir son intégrité physique et psychique. C’est une émotion sociale, car elle est le plus fréquemment dirigée vers autrui. Elle va de l’irritation à la rage.

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