L’impuissance comme idéal de beauté des femmes – Universalité des idéaux de faiblesse 1

Voici un autre article que j’avais commencé à écrire il y a quelques temps. Il n’est pas non plus fini, mais je le publie tout de même, en espérant que cela vous intéresse. Je l’ai divisé en deux. Voici la première partie.

Feeding Desire, un livre sur l’idéal de beauté des Maures du Niger

Partie 1 : Introduction
Partie 2 : Un beau corps féminin est un corps qui n’occupe pas trop d’espace
Partie 3 : Un beau corps féminin se déplace avec difficulté
Partie 4 : Un beau corps féminin est un corps à l’air jeune voire enfantin et qui est sexualisé
Partie 5 : Un beau corps féminin est un corps qui exprime l’abnégation – le sourire
Partie 6 : Un beau corps féminin est un corps qui exprime l’abnégation – la répression des désirs
Partie 7 : Un beau corps féminin est un corps qui exprime l’abnégation – la souffrance physique
Partie 8
: Un beau corps féminin est un corps qui exprime l’abnégation – la souffrance morale
Partie 9 : Sorcières et féministes, quelques figures de la laideur féminine
Partie 10 : Universalité des idéaux de faiblesse 1
Partie 11 : Universalité des idéaux de faiblesse 2
Partie 12 : Conclusion
Supplément : la coercition à la beauté
Supplément : L’impuissance comme idéal de beauté en vidéo

Cette série d’articles a porté sur les idéaux de beauté en Occident. J’aimerais maintenant faire une comparaison entre les pratiques de beauté occidentales et celles que l’on peut trouver dans des cultures éloignées géographiquement, mais également patriarcales.

L’objectif est de montrer que derrière une apparente diversité des pratiques de beauté, certains idéaux de faiblesse semblent universels – ou en tout cas très répandus – dans de nombreuses cultures patriarcales.

Je précise d’emblée qu’il n’est pas question dans cet article de mettre tout sur le même plan. Par exemple, je ne considère pas  que le port des talons aiguille soit aussi violent et grave que la technique des pieds bandés, pratiquée en Chine jusqu’au début du XXème siècle. En effet, les déformations induites par le bandage des pieds sont bien plus extrêmes, bien plus douloureuses et bien plus handicapantes que celles induites par les talons aiguilles. Néanmoins, je pense qu’il faut aussi garder à l’esprit que l’on intériorise les normes et les valeurs de la société dans laquelle on a grandi ; par conséquent, on perçoit moins facilement la violence de nos pratiques que celle des coutumes des autres sociétés. Il me semble important de rappeler que l’Occident a connu et connaît aussi des pratiques très douloureuses et/ou très dangereuses (les régimes, conduisant parfois à des maladies très graves et potentiellement mortelles que sont les troubles du comportement alimentaire, et l’épilation aux rayons X, pratiquée au début du XXème siècle, constituent de « beaux » exemples). J’essayerai ainsi de ne faire ni relativisme éthique, ni ethnocentrisme, et espère ne tomber dans aucun de ces travers. Je vous renvoie également vers mon article sur les différentes méthodes de coercition à la beauté dans le monde.

Par ailleurs, mon intérêt ici n’est pas de tenter de faire une hiérarchisation des pratiques de beauté (lesquelles sont les plus graves ? lesquelles sont les plus acceptables ?), mais plutôt d’identifier des mécanismes « universels » (présents à plusieurs endroits du globe ou à plusieurs époques) sous-jacents aux pratiques de beauté, et de montrer que ces mécanismes permettent de « domestiquer » les femmes. Comme pour beaucoup de mécanismes d’oppression, les pratiques de beauté forment un continuum qui va de l’inconfort jusqu’à la mutilation et la torture.

Chaussures mandchoue datant d’environ 1900
(source)

Même les pratiques de beauté les plus douloureuses, comme les pieds bandés ou l’excision, existent ou ont existé sous des formes « atténuées ». Ainsi, dans un compte-rendu datant des années 1950 sur la préparation au mariage chez les Ibibio du Nigéria1, il est mentionné qu’à certains endroits, on se contente de toucher le clitoris avec le rasoir sans qu’il soit coupé, au lieu de pratiquer son ablation classique. De même, en Indonésie, on trouve dans certaines régions de véritables ablations et dans d’autres des formes atténuées consistant à retirer un « très très petit morceau » du clitoris2. En Chine, au temps où l’on pratiquait le bandage des pieds, la sévérité des déformations variaient selon la région, l’ethnie, la classe sociale ou l’époque3–5. Par exemple, à partir du début du XIXème siècle, le bandage des pieds des femmes mandchoues (peuple nomade du nord de la Chine) fut strictement  interdit3. Pour pouvoir néanmoins se rapprocher de l’idéal des petits pieds, elles portaient des chaussettes et des chaussures extrêmes serrées3. Elles avaient également des sortes de chaussures à talon qui leur conféraient la même démarche chaloupée que celle générée par le bandage des pieds3,6. Existe-t-il réellement une différence de nature entre les formes « atténuées » et les formes les plus extrêmes de pratique de beauté ? Je ne pense pas : même si elles impliquent beaucoup moins de souffrance, les mécanismes et les idéaux sous-jacents aux formes « atténuées » restent identiques à ceux des formes extrêmes. C’est à ces mécanismes et idéaux que je m’intéresse aujourd’hui. Je veux (re)démontrer, en balayant un plus grand nombre de cultures humaines, qu’ils servent à rendre les corps féminins dociles, faibles et impuissants, pour reprendre l’idée de Bartky, citée dans le premier article de cette série7. Ainsi, même les formes « atténuées » restent inacceptables puisqu’elles participent à cet affaiblissement des femmes.

Pour ma comparaison, je me fonderai principalement sur trois pratiques de beauté étrangères à la culture occidentale actuelle, mais qui sont relativement connues et documentées : le gavage, le bandage des pieds et les mutilations génitales féminines (on verra que pour ces dernières, la qualification de « étrangères à la culture occidentale actuelle » est en fait discutable).

Gavage

Le gavage consiste à faire absorber, par la force, de larges quantités de lait et d’autres aliments (mil, etc.) à une fillette. C’est une pratique qui rend les filles obèses et les prépare au mariage. A l’heure actuelle, le gavage peut exister sous des formes détournées, notamment dans les milieux urbains : dans ce cas-là, ce sont des jeunes femmes qui adoptent des comportements de suralimentation8, éventuellement complétés par la prise de stéroïdes9, afin de grossir au maximum et se rapprocher d’un idéal de beauté lié à l’obésité. C’est une coutume douloureuse (en particulier dans sa forme traditionnelle d’engraissement forcé des fillettes), qui induit plusieurs problèmes de santé10, notamment un risque accru de maladies cardio-vasculaires9. Le gavage est connu pour être pratiqué dans l’ouest du Sahara (notamment en Mauritanie et au Niger) par les Maures8,11–13 et les Touaregs10,14, des populations nomades. Mais il existe également chez d’autres peuples, comme les Banyankolé (Ouganda)15, les Hima (République démocratique du Congo, Ouganda et Rwanda)16 et plusieurs tribus du Nigéria1,17,17,18. En Mauritanie, le gavage traditionnel est accompli chaque soir et les années précédant la puberté11.

Il s’agit clairement d’une pratique de beauté. L’obésité, mais également les vergetures, sont (ou ont été) considérées comme des signes de grande beauté et de sensualité chez les Maures8,12,13 et les Touaregs10,14. Selon des données de 2001, 41% des femmes mauritaniennes et 31% des hommes mauritaniens considéreraient que  le gavage rend la femme plus belle9. C’est d’ailleurs le principal avantage évoqué, avant celui du prestige social, par exemple.

Cette pratique (en tout cas sous sa forme traditionnelle) était en recul en Mauritanie, jusqu’à ce qu’en 2008, un coup d’Etat militaire instaure un « retour à la tradition » et une réhabilitation du gavage19.  Une enquête de 2001 montre que près d’un quart (23%) des femmes mauritaniennes interrogées avaient subi le gavage durant leur enfance9. Par ailleurs, environ 30% des personnes interviewées approuvaient la poursuite de cette pratique9. Enfin, 6% des femmes et 11% des hommes ont forcé au moins une de leur fille au gavage, ce qui indique que cette pratique n’a pas disparu.

Bandage des pieds (Chine)

Le bandage des pieds a été pratiquée en Chine pendant au moins mille ans, jusqu’au début du XXème siècle3. Elle consistait à déformer les pieds des fillettes, à l’aide de bandages, afin qu’ils atteignent la taille idéale de 7,5 cm. Il s’agissait notamment de courber la plante des pieds, la rendant concave, et de rabattre les orteils, sauf le gros, sous cette même plante. Le procédé commençait entre l’âge de 5 et 7 ans, et se poursuivait pendant environ 2 ou 3 ans3. Progressivement, les bandages devenaient de plus en plus serrés, la plante se pliait, et les orteils, à force de se faire marcher dessus, s’écrasaient de plus en plus sous la voûte plantaire. Les pieds saignaient, les os se cassaient  et la chair s’infectait et se décomposait. C’était une torture d’une douleur indicible, et c’était les mères qui étaient chargées de la pratiquer sur leurs filles.

Il s’agissait là-aussi d’une pratique de beauté : les pieds ainsi déformés étaient hautement érotisés, célébrés dans les poèmes et les chansons3. A partir de la fin du XVème siècle, « les pieds en lotus » (termes pour désigner ces pieds déformés par les bandages) dépassèrent le cadre de l’érotisme, et devinrent l’objet d’un véritable culte, le mètre-étalon à partir duquel on évaluait la beauté d’une femme3.

L’origine du bandage des pieds reste assez mystérieuse3. Certain∙e∙s suggèrent qu’il ait pu déjà exister sous la dynastie Xia (2100-1600 avant J.-C.). Mais la première trace sans équivoque date du XIe siècle : il s’agit des louanges d’une danseuse impériale par un poète20. Zhang Bangji, un commentateur du XIIème siècle, pensait que la pratique était apparue sous le règne de Li Yu (961-975), le dernier souverain du Tang du Sud, un Royaume de Chine qui fut annexé par la dynastie des Song (960-1279)3. Le bandage des pieds aurait donc émergé au Xème siècle chez les concubines impériales, avant de gagner progressivement toutes les couches de la population, au point qu’il devint honteux de ne pas le pratiquer20. Ce ne serait que vers la fin du XIIème siècle qu’il serait devenue une pratique commune20. A la fin du règne des Song (fin du XIIIème siècle), « petits pieds » était devenu un synonyme pour femme3.

Mutilations génitales féminines

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit les mutilations génitales féminines (MGF) comme étant des « interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins qui sont pratiquées pour des raisons non médicales »21. Elles sont le plus souvent pratiquées entre l’enfance et l’âge de 15 ans21. L’OMS définit quatre types de MGF21 :

  • Type 1 – la clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris et, plus rarement, seulement du prépuce clitoridien (repli de peau qui entoure le clitoris).
  • Type 2 – l’excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres.
  • Type 3 – l’infibulation : rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, réalisé en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, parfois par suture, avec ou sans ablation du clitoris.
  • Type 4 – les autres interventions : toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux.

Ainsi le terme « mutilations génitales féminines » recouvre une grande diversité de pratiques. Un certain nombre de pays industrialisés ont décidé d’interdire ces interventions22. Souvent, cette interdiction est maintenue (à juste titre) même si la femme sur qui doit avoir lieu l’intervention est adulte et consentante, et même si la mutilation est pratiquée sous anesthésie en milieu médical. Se pose alors la question des interventions de chirurgie esthétique sur la vulve (de plus en plus en vogue dans les pays industrialisés), similaires aux MGF traditionnelles22 : réduction des petites et grandes lèvres, resserrement du vagin, réparation de l’hymen, ablation du prépuce clitoridien, etc. Un cas de clitoridectomie effectuée pour « raison esthétique » au Royaume-Uni a même été décrit23 ! Notons également que ces actes de chirurgie esthétique sont parfois pratiqués sur des mineures24. Faudrait-il considérer ces actes comme des MGF et donc les interdire ? Le débat se pose depuis quelques années22,25–28.

En effet, les interventions de chirurgie esthétique pratiquées sur la vulve rentrent parfaitement dans la définition de l’OMS. Néanmoins, il existe clairement un double standard entre les MGF « traditionnelles » et celles effectuées dans les pays industrialisés au nom de la beauté. Au Royaume-Uni, les MGF sont interdites (y compris si elles sont effectuées en milieu médical) sauf si elles « améliorent la santé physique ou mentale de la femme »22,23. Considérant que la chirurgie esthétique augmente le bien-être des personnes, en améliorant leur image d’elles-mêmes, les interventions chirurgicales de la vulve sont autorisées pour des raisons esthétiques. C’est ainsi que, malgré la loi interdisant les MGF, des chirurgiens ont pu effectuer en toute légalité une clitoridectomie « cosmétique » sur une femme de 33 ans23. Je ne rentrerai pas davantage dans ce débat, mais pour ma part, je pense que la distinction entre les MGF « traditionnelles » et les interventions de chirurgie esthétique de la vulve n’est pas justifiée. Une même pratique ne peut pas être interdite ou autorisée selon qu’elle soit perçue comme une « coutume » ou non (je précise au passage que je suis évidemment pour une interdiction plus large des mutilations génitales et non pas pour une plus grande tolérance).

Les formes traditionnelles de MGF se trouvent essentiellement concentrées dans certaines régions du monde : la bande qui va de la corne de Afrique jusqu’à la côte atlantique, en Asie du Sud (en particulier en Indonésie) et certains pays du Moyen-Orient (Oman, Irak…)29. Néanmoins on en trouve également dans d’autres parties du monde : Colombie, Inde, Malaisie, etc. Elles peuvent également être pratiquées dans les pays occidentaux chez des populations originaires de régions où ces mutilations sont coutumières.

Prévalence des mutilations génitales féminines (formes traditionnelles) dans le monde. Image inspirée de la carte du Womanstats Project : http://www.womanstats.org/newmapspage.html

Les MGF sont dangereuses pour la santé, d’autant plus que pour une majorité de filles, la mutilation est pratiquée sans anesthésie et sans stérilisation des instruments. Une méta-analyse datant de 2014 a permis de combiner les résultats de 185 études impliquant 3.17 millions de filles et de femmes de tout âge et de divers pays30. Elle a pu montrer que les conséquences à courts termes les plus courantes étaient : un saignement excessif, une rétention d’urine, le gonflement des organes génitaux gonflement, des problèmes de cicatrisation et de la douleur. Généralement, les filles mutilées rencontrent plusieurs de ces problèmes.  Il existe aussi des cas où les MGF conduisent directement à la mort. Les conséquences immédiates seraient en moyenne plus graves pour les mutilations de type 3 (infibulation). De très nombreuses conséquences à longs termes ont également été rapportées dans les études. La méta-analyse rapporte que les plus significatives sont les infections urinaires, les vaginoses bactériennes (déséquilibre de la flore bactérienne du vagin) et les dyspareunies (douleurs lors des rapports sexuels). Mais c’est au niveau de laccouchement que les conséquences sont les plus importantes : allongement de la durée du travail d’accouchement, risque plus important de subir une épisiotomie ou une césarienne et plus grand risque que l’accouchement soit difficile. Pour les femmes accouchant pour la première fois, les MGF augmentent le risque de subir une extraction instrumentale (utilisation d’outils pour aider à faire sortir le bébé : forceps, ventouse, etc.).

Il est probable que les MGF aient également des conséquences psychologiques (dépression, anxiété, faible estime de soi,  syndrome de stress post-traumatique, etc.), en particulier si elles sont pratiquées sans anesthésie. Néanmoins, une méta-analyse datant de 2010 n’a pas pu permettre de tirer de conclusions certaines à ce sujet car les données disponibles sont rares et pas de très bonne qualité31.

Les MGF constituent également une pratique de beauté. Dans les sociétés où la vulve est mutilée (et particulièrement, quand elle est infibulée), le sexe des femmes à l’état naturel est considéré comme sale, dégoûtant, laid, « odieux à la vue et au toucher »32,33,33–35. Dans les sociétés où elles sont pratiquées, on juge que les MGF améliorent l’apparence de la vulve, perçue comme étant plus lisse, plus propre et sans protubérances32,35. L’idée que les orifices (le sexe, mais aussi la bouche), et en particulier les orifices féminins, doivent être idéalement fermées – en lien avec les notions de pureté et d’honneur – intervient également dans l’infibulation34,36. « Qu’est ce qui est le mieux ? Une ouverture laide ou une digne fermeture ? » demandèrent ainsi des femmes soudanaises quand on les interrogea sur l’avantage de l’infibulation par rapport à la clitoridectomie36. Les MFG, et notamment la clitoridectomie, ont aussi à voir avec la féminité : le clitoris (et éventuellement les lèvres) est perçu comme « masculin »32,34,37 : il doit donc être excisé pour que la fille devienne une véritable femme. Ainsi, des anthropologues décrivirent dans un article de 1996 comment leur travail de terrain en Egypte rurale leur avait permis de constater les émotions violentes suscitées par l’idée d’un sexe féminin non excisée : quand des femmes égyptiennes apprirent que la chercheuse qui menait l’étude n’était pas excisée, elles répondirent par un mélange de dégoût et de rire moqueur, se demandant comment sa mère avait pu être si négligeante33. Par ailleurs, dans une étude italienne datant de 2007, 195 femmes et jeunes filles vivant en Occident, originaires de différents pays africains (principalement de Somalie) et ayant subi des MGF ont été questionnées sur ce qu’elles pensaient des organes génitaux féminins intacts. Ils ont été considérées comme affreux par 15% d’entre elles et sales par 13%38.

L’idéal de la faible mobilité

J’ai déjà décrit l’idéal d’une faible mobilité dans les sociétés occidentales, matérialisé via notamment l’utilisation de talons aiguille ou le port de la jupe serrée. Cet idéal d’une faible mobilité existe ou a existé ailleurs, et ceci dans des sociétés très éloignées géographiquement et culturellement.

Gavage et idéaux d’obésité et d’immobilité

La mobilité réduite des femmes est l’un des objectifs affichés du gavage et de l’idéal de beauté, l’obésité, qui l’accompagne. En effet, forcer (les fillettes, via la violence physique du gavage13,14) et inciter (les femmes adultes, via des idéaux de beauté8,13) à prendre et à conserver énormément de poids est un moyen efficace de limiter leurs allées et venues. Une femme maure dit ainsi du gavage qu’il « empêch[e] les [femmes] de se promener8 ». Le corps engraissé est « plaqué au sol8 ». Comme l’explique l’anthropologue Corinne Fortier « la passivité [est] également la conséquence de cette pratique puisque le poids que [prend] la fillette à ce moment, et qu’elle conserv[e] durant sa vie de femme, [restreint] ses déplacements, ce qui [permet] à son entourage de mieux la contrôler12 ». La période de gavage elle-même constitue une période de très forte immobilité puisque la fillette ne quitte pas sa tente à ce moment-là13. Les femmes maures13 et touaregs10 ayant subi le gavage enfant, et incitées à maintenir leur corpulence par la suite, sont décrites comme très peu mobiles, restant la plupart du temps assises.

Par ailleurs, chez les Maures et les Touaregs, l’immobilité est élevée au rang d’idéal féminin, de manière bien plus forte et plus bien explicite qu’en Occident10,13,14. Elle est considérée comme une qualité essentielle de la féminité, qui s’oppose à la mobilité (et à la minceur) masculine13,14. Cela correspond à l’espace (et au rôle) qu’occupent les deux sexes, de manière réelle mais aussi idéale : aux hommes, l’immensité du désert ; aux femmes, la tente et le foyer10,13,14. De la même façon, la position assise, plutôt que debout, est considérée comme la plus appropriée pour les femmes13. L’anthropologue Sara Randall fait remarquer à propos des femmes touaregs à quel point leur immobilité les rend dépendantes des hommes, et comment le fait de rester cloîtrées chez elles les maintient dans l’ignorance et limite leurs aspirations personnelles10.

Faisons remarquer que la démarche est modifiée par l’expérience du gavage. Les femmes maures ou touaregs marchent très lentement, de manière nonchalante, et avec une sorte de balancement – ce qui rappelle un peu les talons aiguilles, qui eux aussi ralentissent la marche et obligent au déhanchement8,10.  En arabe mauritanien, il existe même un verbe particulier pour désigner cette démarche qui est considérée comme typiquement féminine et qui est recherchée chez les femmes8,39.

Pieds bandés et démarche précaire

La déformation des pieds provoqués par les bandages avait pour conséquence directe de compliquer la mobilité des femmes chinoises. Il devenait difficile pour les femmes aux pieds bandés de marcher sur de longues distances sans aide, ce qui les empêchait de « vagabonder »40. Les pieds bandés s’inscrivaient dans un idéal féminin de délicatesse et de fragilité. Analysant des œuvres littéraires néoconfucianistes (un courant philosophique influent en Chine du XIVème siècle jusqu’au début du XXème siècle), l’universitaire Wang Ping note : « Les femmes figurant dans ces poèmes et ces œuvres littéraires présentent toutes les mêmes qualités : elles flottent et sont en état d’apesanteur comme une fée ou une déesse, fragiles et délicates comme un enfant, cachées et mystérieuses comme un trésor inatteignable. Les hommes ne peuvent s’empêcher de ressentir de la pitié à leur endroit et de tomber amoureux d’elles. Tous ces éléments sont indispensables à l’érotisme chinois et au charme féminin3 ». Par ailleurs, au XIXème siècle, on attendait des femmes raffinées de la haute société qu’elles mènent une vie confinée chez elles40. Néanmoins, une immobilité totale n’était pas recherchée : il ne fallait pas que les pieds soient petits au point que les femmes ne soient plus du tout capables de marcher41. Quand, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, des sociétés en faveur des pieds naturels émergèrent afin de lutter contre le bandage des pieds, elles avancèrent que les pieds bandés fragilisaient le corps des femmes, qu’ils les empêchaient de travailler efficacement au foyer et aux champs  et, qu’enfin, ils les rendaient plus vulnérables aux violences sexuelles pendant les guerres3.

Des travaux en médecine de 199742, portant sur les aptitudes physiques de femmes chinoises âgées de 70 ans ou plus, ont permis de produire des données sur les effets du bandage des pieds. Dans la patientèle étudiée, 38% des femmes ayant au moins 80 ans et 18% des femmes ayant un âge compris entre 70 et 79 ans avaient les pieds bandés. Les femmes qui avaient les pieds bandés avaient significativement eu plus de chance d’être tombées l’année précédente (38% contre 19% pour celles âgées de plus de 80 ans ; 28% contre 19% pour celles âgées de 70 à 79 ans). Elles étaient moins nombreuses à pouvoir s’accroupir (46% pour les pieds déformés contre 69% pour les pieds naturels, dans la tranche des plus de 80 ans) et à pouvoir se lever d’une chaise sans aide (57% contre 74% toujours dans la tranche des plus de 80 ans). Elles réussissaient également moins bien un test mesurant l’équilibre. En revanche, et de manière assez étonnante, les données n’ont pas permis de démontrer que les femmes aux pieds bandés étaient moins nombreuses à pouvoir marcher sur un kilomètre ou à pouvoir monter 10 marches d’escalier (précisons néanmoins qu’il n’y avait pas de mesure du temps nécessaire pour accomplir ces tâches dans cette étude, et qu’il n’est donc pas possible de savoir si les femmes qui avaient les pieds bandés prenaient plus de temps ou non pour les effectuer). Enfin, les auteurices font remarquer que la proportion de femmes aux pieds bandés peut paraître relativement élevée, notamment aux yeux des touristes qui ont visité la Chine et qui n’ont pas vu de femmes aux « pieds en lotus ». Iels précisent que c’est parce que ces femmes ont tendance à rester chez elles.

Notons qu’une autre étude de 201543 (portant sur un tout petit nombre de femmes : 6) indique que les femmes ayant les pieds bandés se déplacent significativement moins vite que celles aux pieds non déformés (avec une vitesse environ réduite de 25%).

Bandage des pieds et chaussures à talons hauts : dans les deux cas, le pied semble être en continuité avec la jambe. Images tirées du livre Aching for Beauty: Footbinding in China par W. Ping (2002).

En dehors du fait que toutes deux limitent la mobilité des femmes, la coutume des pieds bandée a des similitudes importantes avec celle du port des chaussures à talons hauts. Premièrement, les deux pratiques donnent au pied un aspect similaire3 : le pied semble réduit parce que la surface de contact avec le sol est restreinte. Dans les deux cas, le pied adopte une position qui donne l’impression qu’il est en continuité avec la jambe, qui paraît alors plus longue et plus fine. Deuxièmement, les deux pratiques modifient la démarche de la même façon : les femmes sont obligées de marcher à petits pas4,41. La restriction imposée aux pieds impose également un déhanchement, jugé sensuel et érotique dans les deux cultures4,41.

Fragilité du corps féminin et mobilité réduite sous l’apparente diversité des idéaux

Les idéaux de beauté féminins sont à première vue très variables : alors que l’Occident actuel valorise la minceur, l’ouest du Sahara met en avant l’obésité. Cette variabilité est due à des contextes différents, notamment d’un point de vue économique : nous vivons dans une société de surabondance quand les Maures et les Touaregs sont des peuples nomades vivant dans des conditions difficiles.

Mais derrière cette apparente diversité, un seul idéal subsiste : celui de la faiblesse physique. Une femme qui s’affame ne peut pas se constituer un corps fort et ne peut pas prendre beaucoup de masse musculaire. Idem pour celle qui, parce qu’elle est gênée par son poids et parce que la position assise est idéalement féminine, reste la majeure partie de son temps assise. Et le même problème s’applique à celle qui reste confinée chez elle, à cause des déformations causées à ses pieds et parce que c’est ainsi que se comportent les femmes « biens ».

A ma connaissance, un idéal de beauté féminin lié à une forte musculature n’a jamais été décrit. En Occident, on aime que les femmes soient légèrement musclées afin que leur corps soit « ferme »,  mais il me semble qu’il s’agisse plus d’un rejet de la graisse que d’une idéalisation de leur force physique.

La faiblesse physique, la faible mobilité et la une faible occupation de l’espace (c’est le cas même quand l’idéal correspond à l’obésité féminine, et donc quand le corps féminin recherchée occupe un certain volume ; en effet, dans ce cas-là, leur obésité sert à les « fixer » au sol) semblent donc être des idéaux que l’on retrouve dans plusieurs sociétés patriarcales, y compris très différentes culturellement.

A suivre : répression et objectification sexuelle

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5 réflexions sur “L’impuissance comme idéal de beauté des femmes – Universalité des idéaux de faiblesse 1

  1. Merci pour la suite de cette série d’articles ! C’est toujours très documenté et édifiant, même si le sujet de la douleur a rendu celui-ci difficile à lire pour moi (et notamment je ne me suis pas attardée sur les illustrations)…
    Très important aussi de mentionner le double standard à propos des MGF « occidentales ». Il est si difficile de regarder sa propre culture d’un point de vue extérieur ! Même si ce n’est pas le sujet et qu’on est loin des pratiques extrêmes, un jour je m’épilais et tout d’un coup j’ai pensé « mais pourquoi ? franchement pourquoi ? ». Depuis quelles que soient les concessions que je fais aux standards féminins occidentaux, je refuse d’employer des méthodes douloureuses.

    • Merci Marion pour votre commentaire !

      Depuis quelles que soient les concessions que je fais aux standards féminins occidentaux, je refuse d’employer des méthodes douloureuses.

      Bonne initiative !

  2. Encore une fois, remarquable étude.
    Je ne sais pas si cela est dans vos plans, mais j’aimerais vous voir analyser le cas de ces femmes qui pratiquent des sports visant à montrer leur force: boxe, haltérophilie, etc.

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