
Brienne de Torth, une guerrière à la carrure impressionnante (l’actrice qui l’interprète dans la série fait 1m91), aux grandes mains et aux membres musclés, n’est pas une héroïne habituelle… Elle est d’ailleurs décrite comme très laide dans les livres et la série A Game of Thrones.
Partie 1 : Introduction
Partie 2 : Un beau corps féminin est un corps qui n’occupe pas trop d’espace
Partie 3 : Un beau corps féminin se déplace avec difficulté
Partie 4 : Un beau corps féminin est un corps à l’air jeune voire enfantin et qui est sexualisé
Partie 5 : Un beau corps féminin est un corps qui exprime l’abnégation – le sourire
Partie 6 : Un beau corps féminin est un corps qui exprime l’abnégation – la répression des désirs
Partie 7 : Un beau corps féminin est un corps qui exprime l’abnégation – la souffrance physique
Partie 8 : Un beau corps féminin est un corps qui exprime l’abnégation – la souffrance morale
Partie 9 : Sorcières et féministes, quelques figures de la laideur féminine
Partie 10 : Universalité des idéaux de faiblesse 1
Partie 11 : Universalité des idéaux de faiblesse 2
Partie 12 : Conclusion
Supplément : la coercition à la beauté
Supplément : L’impuissance comme idéal de beauté en vidéo
J’ai écrit il y a quelques années déjà un article sur le genre et l’espace qui démontrait qu’occuper beaucoup d’espace est un attribut des dominants. Les puissants et les riches ont de grandes maisons, des grosses voitures, de grands bureaux. On leur laisse également plus d’espace personnel et on se tient éloignés d’eux. Les dominé·e·s libèrent de la place aux dominants quand ces derniers s’approchent d’eux, s’écartant et leur laissant spontanément un plus grand espace personnel. J’ai montré dans cet article que les femmes ont droit à moins d’espace que les hommes : elles ont de plus petites voitures, elles adoptent des positions plus repliées (jambes et bras croisés) que les hommes qui, eux, s’étalent. On laisse aux femmes moins d’espace personnel et on les touche plus fréquemment. Enfin, le harcèlement dans la rue est un moyen de contrôle des femmes par les hommes, qui se sentent par conséquent moins libres de se mouvoir et d’explorer l’espace public. J’expliquai que cette différence dans l’occupation de l’espace, loin d’être anodine, était révélatrice du statut subordonné des femmes par rapport aux hommes.
Cette occupation réduite de l’espace comprend donc deux aspects : un espace personnel réduit (le corps féminin lui-même doit occuper une petite « bulle d’espace »), et une exploration de l’espace public rendue difficile. Je montrerai comment le mythe de la beauté participe lui aussi à cette réduction de l’espace des femmes, et les deux aspects seront abordés dans deux articles différents. Dans celui-ci, j’expliquerai comment une femme considérée comme « belle » et « sexy » se doit de prendre le moins de place possible avec son corps.

Comme nous l’avons vu dans la